[ABONNE] Violet Evergarden: nouvelle claque by KyoAni

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violet evergarden opening

Dans mon article sur Kyoto Animation, je vous avais déjà parlé de leur concours d’écriture. Pour rappel, n’importe qui pouvait soumettre son manga, roman ou scénario. Il est ensuite jugé par un jury qui peut lui décerner des distinctions (ou pas). La plus prestigieuse étant le Grand Prix, qui gratifie l’œuvre d’une adaptation animée. Depuis la création du concours, UN SEUL ROMAN a reçu cet honneur suprême : Violet Evergarden.

Depuis son annonce, il y a eu une grosse hype autour de l’anime. Déjà parce qu’il y a gagné un concours qui n’a eu jamais de « gagnants » depuis sa création. Jusque là, il n’y avait que des mentions honorables. Ce qui montre le niveau d’exigence du studio et KyoAni restait sur son petit nuage. Avec Hibike Euphonium, excellent anime musical. Mais surtout avec A Silent Voice, qui a eu la malchance d’être sorti après Your Name mais qui reste un bon film. Tous les deux possèdent trois points communs :

  • Ils sont réalisés par Naoko Yamada (dont j’ai parlé ici)
  • Leurs qualités techniques sont indiscutables
  • Leurs histoires sont touchantes et remplis de sens

Donc, on peut se demander si Violet Evergarden mérite toute sa hype ou bien si c’est un pétard mouillé. C’est ce que l’on va voir ici. 

Violet Evergarden est un roman écrit par Kana Akatsuki et illustré par Akiko Takase, édité (donc) chez KyoAni, comptant 4 tomes à l’heure actuelle. On y suit Violet Evergarden, une ancienne soldat qui va devenir une poupée. Dans le monde de l’anime, les poupées sont des secrétaires qui écrivent les lettres qu’envoie les habitants. Violet va donc découvrir en savoir plus sur ce métier et sur elle-même.

Le visuel, standard KyoAni

 

Avant  d’aborder le scénario, je tiens à saluer la forme, qui est EXCELLENTE. KyoAni nous avait déjà habitué à ce niveau, mais là, on atteint d’autres sommets. Pour le chara-design, il nous rappelle étrangement quelque chose. Surtout au niveau des formes du visage, ça sent le réutilisé. Un peu comme les têtes des personnages des animes d’A-1 Pictures. Mais on reste dans des visages réalistes avec ce trait fin très reconnaissable.

violet evergarden charlotte

C’est carrément Ai de Kyoukai no Kanata

Pour les décors, ils nous plongent dans cette époque du 19ème/20ème siècle. Ils sont fournis de détails, que cela soit au niveau du dessin ou de la quantité. On reste globalement dans des ambiances lumineuses. Ce qui permet de mettre en valeur le décor et les messages de l’anime, qui incitent à l’optimisme. La 3D est très présente dans l’anime et elle sert surtout pour des animations assez fournies. Comme les scènes d’écriture où c’est particulièrement flagrant que les mains de Violet sont en 3D. Elle s’intègre bien dans l’ensemble car elle reste discrète.

violet evergarden leiden

Un scénario poignant mais pas flagrant

 

Si pour la qualité technique, il n’y a rien à redire, le scénario est un peu plus sujet à débat. L’anime se place à une époque vraisemblablement proche de l’ère industrielle. La population n’étant pas entièrement lettrée, elle fait appel aux poupées pour écrire leurs lettres à la place. Violet va donc devenir une de ces poupées. Ce qui est un poil ironique puisque la jeune femme agit quasiment de même. Elle est vide d’émotions, très premier degré et prend tout au pied de la lettre. Ce qui donne des situations assez cocasses. Elle a beau écrire vite et avoir un vocabulaire varié, ses premières lettres sont froides et sans vie. Et pour cause, elle a du mal à ressentir les sentiments des autres.

Et là jeune femme va apprendre que mettre des mots sur des sentiments, c’est quelque chose de très compliqué. Au départ, elle va littéralement prendre au mot les demandes des clients. Mais elle se rend compte qu’il peut y avoir des contradictions entre ce qui est montré et ce qui en est réellement. Je prends pour exemple cet épisode où une femme désire « repousser » un mec. Sauf qu’en réalité, elle l’aime. En soi, cela se voyait depuis l’espace. Donc Violet est-elle juste stupide ou est-ce que c’est plus subtil que ça en avait l’air ? Et bien, difficile à dire tant qu’il y a des éléments qui plaident pour les deux hypothèses.

Ce qui permet dégager le thème principal de Violet Evergarden : la communication. Tout au long des épisodes, on suit les missions de Violet à ses voyages. Elle va rencontrer des personnes d’âges et de conditions différentes. Mais avec toutes un but commun : exprimer leurs sentiments à travers les lettres de Violet. Malgré une routine qui se définit assez rapidement, chaque épisode possède un gros impact émotionnel. Les histoires arrivent à nous toucher car l’anime fait preuve d’une incroyable justesse. Les personnages sonnent réalistes : ils ont leur vie, leurs rêves, leurs caractères propres à chacun. Leurs émotions ne sont jamais surjoués, ce qui fait qu’on tombe pas dans le pathos pessimiste. C’est dur mais il y a toujours cette lumière d’espoir, qui donne envie de continuer.

violet evergarden episode 7

En s’identifiant aux personnages, on se rend compte de l’impact que peut avoir les lettres ainsi que leur utilité. Elles permettent de s’affranchir des barrières sociales. En effet, avec l’écrit, il n’y a pas l’appréhension du contact. Ce qui fait qu’on a tendance à plus se lâcher et laisser échapper les émotions les plus vives. Au fur à mesure des épisodes, Violet va donc apprendre à ressentir des émotions au travers des personnes qu’elle va côtoyer. Cette évolution va se faire progressivement et sert de fil rouge à l’anime. Elle est intéressante à suivre car cela montre que les mécanismes émotionnels, c’est loin d’être évident. Les êtres humains sont complexes, après tout.

Tiens, tant qu’à parler de Violet, elle est un très bon personnage principal. Déjà, elle est très attachante grâce notamment à sa personnalité. Bien que froide au premier abord, elle possède plein de qualités. Son ton premier degré lui fait ses répliques tranchantes et créé des situations qui font décrocher des sourires. Elle est dévouée dans son travail de poupée : comme elle le dit elle-même, elle ira jusqu’au bout du monde pour vous servir. Et des choses folles, elle va en faire. Son envie d’apprendre nous donne envie d’en savoir sur l’univers et les poupées.

Elle est très attachante mais aussi intéressante à suivre. En effet, Violet porte un lourd fardeau. Elle a été une enfant soldat, qui faisait même très bien son travail. A force de vivre dans un environnement militaire, elle a toujours vécu dans les carences affectives. D’ailleurs, l’anime reste assez flou sur ce point. Avant de rencontrer le major Gilbert, on ne sait pas d’où elle vient. Avec lui, elle apprendra l’amour au sens large. Alors qu’elle faisait des massacres sur le champ de bataille.

violet evergarden episode 8

Et là est le point problématique de Violet Evergarden. La jeune fille est désormais une poupée qui réunit les gens grâce à ses lettres. Mais elle a longtemps fait l’inverse : prendre des dizaines de vies de fils, maris, héritiers. Ce qui au départ ne va pas la déranger. Mais dès qu’elle commencera à ressentir des émotions, cette culpabilité va la ronger. Ce qui amène le second thème de l’anime : la rédemption.

Violet s’en veut d’avoir tuée autant de personnes. C’est d’ailleurs dommage que cela arrive trop subitement. Cela aurait mérité une progression plus espacée. On ressent cette détresse à cause du côté dramatique de la mise en scène. C’est sombre et trop calme. Avant de se rendre compte que son passé (et ses crimes) resteront inchangés. Mais qu’elle a envie d’aller de l’avant. L’anime nous offre ici un message dans la même veine générale : malgré les difficultés, il y a toujours cette lueur d’espoir. Ce que l’on a vu en un épisode avec les lettres, on le voit en 13 épisodes avec Violet. 

C’est bien beau tout ça, mais Violet Evergarden a un gros défaut : le manque de liant. En effet, les épisodes proposent des histoires fortes en émotions. Mais elles ne sont jamais liées entre elles. Du coup, on se demande à chaque fois quel est la place de l’épisode dans le récit global. Ce qui est dommage puisque l’anime manque de cohérence générale. Ou du moins, il n’est pas flagrante. On comprend les histoires mais il est difficile de voir ce que chacune d’entre eux apporte.

De plus, la conclusion laisse un peu sur le cul. Dans le sens où l’histoire de Violet s’achève bien avant. Du coup, les derniers épisodes sont du pur remplissage. En soi, ils offrent une conclusion convenable. Mais pas aussi forte que celle des problèmes de Violet.

Violet Evergarden, le mot de la fin ?

 

Au final, Violet Evergarden a tenu ses promesses et la hype est amplement méritée. L’anime survole les débats au niveau visuel. La mise en scène, la 3D, les lumières, rien n’est à jeter. Pour le scénario, Violet Evergarden suit à la lettre la philosophie de KyoAni : raconter des histoires ordinaires de manière extraordinaire. Elles sont banales mais tellement fortes en émotions. Parce que les thèmes sont durs mais il y a toujours cette note d’espoir, cette envie d’aller de l’avant.

Violet est un personnage très agréable à suivre. Ainsi que tous les autres (dont j’ai pas parlé) : ils sont tous développés et ont des caractères assez forts. L’évolution du personnage principal se fait à un rythme un peu bizarre. Dans le sens où l’anime change du tout au tout à partir d’un certain moment. Mais elle reste cohérente et sa conclusion laisse sur le cul.

Bref, Violet Evergarden est un très bon anime que je vous recommande de voir.  

violet evergarden ending

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Database d'anime, de seiyuu et d'opening sous forme humaine. Joueur de LLSIF à ses heures perdues. Trouvable sur Twitter (@Shima_Vinh) et MAL (xxxPhantom).

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