Kanata no Astra : un beau voyage interstellaire

Intro « 3615 ma vie ». Tous les jours, je passe environ 30 minutes dans le RER pour aller et revenir du travail. Et au lieu de m’endormir jusqu’à rater mes arrêts, je me suis dit que ce serait mieux de rentabiliser avec des animes. En plus, avec le projet Artworkshop qui occupe mes soirées, c’est le moment idéal. Par conséquent, j’ai commencé le rattrapage de certains animes de l’année 2019. Kimetsu no Yaiba, Kaguya-sama (dont on parlera une autre fois) et Kanata no Astra, qui est le sujet de cet article.

C’est quoi ? (ça ce mange ?)

Kanata no Astra (ou Astra Lost in Space) est un manga de Kenta Shinozaki en 5 volumes publiés de 2016 à 2017. L’histoire se déroule dans un futur où les voyages interstellaires sont devenus courants. Aries Spring, ainsi que huit autres lycéens, est réuni pour faire un camp d’été sur la planète MCPA.

Ils arrivent sans problèmes sur la planète, mais une mystérieuse bulle les absorbe et les projette dans le vide spatial. Par chance, ils parviennent à survivre en rejoignant un vaisseau abandonné pas loin. Ils découvrent alors qu’ils sont à 5000 années-lumière de MCPA. C’est ainsi que débute leur long périple à travers l’espace pour revenir chez eux.

[la boule]

Avant de mater Kanata no Astra, je savais qu’il notait très bien notée sur MAL (un joli 8.26/10). C’est pour ça que je me suis lancé, sans vraiment en attendre grand-chose. Et ce qui semble être une histoire de survie se révèle être une belle histoire d’amitié, de coming of age et de politique qui va trop loin.

Ce n’est pas un anime de survie

En temps normal, dans la survie

Evacuaons ce point tout de suite : KNA N’EST PAS UN ANIME DE SURVIE. Car en général, dans ce genre d’histoire, on assiste à la lente agonie des personnages. Au départ, l’équipe se montre enthousiaste et volontaire. Ils partagent leurs ressources et s’entraident le plus possible.

Avant que le manque de ressources, la fatigue et le désespoir ne les fassent basculer. Ils commencent alors à se disputer, se battre voire s’entretuer pour le peu de vivres. Et encore, s’ils ne meurent pas de faim, de soif ou de maladie (entre autres). Tout comme les personnages, on se sent mal à l’aise et impuissant face la nature hostile. Ce qui est à mi-chemin entre l’horreur et le suspense.

Mais dans Kanata no Astra…

« – Avec ce vaisseau, il nous faudrait plus d’un mois pour voyager à travers tout l’espace. De plus, on ne possède pas assez de vivres pour tenir plus de 3 jours.

*les personnages se tiennent la main*

– Mais oui, après quelques calculs, on peut faire escale sur 5 planètes habitables avant de pouvoir revenir la maison. C’est génial ! »

Episode 1

Et ce genre de situation arrive tout. le. temps. Une fuite dans le vaisseau ? Quelqu’un possède un pistolet à colle forte. L’équipage a été contaminé par un poison mortel ? L’antidote se retrouve à leurs pieds.

Et même quand le scénario n’y pas du sien, chacun des personnages sont doués dans une compétence qui est (comme par hasard) très utile. Par exemple, Zack est un génie avec 200 QI, Kanata possède une condition physique surhumaine, Charce des connaissances en bio, Quitterie en médecine. Bref, quand la situation est désespérée, un personnage sera toujours là pour la sauver.

D’ailleurs, le fait d’être perdus dans l’espace n’a pas l’air d’inquiéter notre groupe, qui se montre très détendu. Même dans les moments de grandes tensions, ils arrivent à se réconcilier et agir comme si de rien était. C’est-à-dire se vanner comme les meilleurs amis du monde. Ce qui donne des séquences qui donnent le sourire, mais qui éclipse le fait que la mort n’est jamais bien loin.

Spoiler
On peut voir cela notamment après la tentative de meurtre d’Ulgar et de Charce. Malgré la gravité de leurs actes, Kanata et/ou Aries parviennent à leur faire changer d’avis et les raviser.

Résultat : Absence totale de tension

La surcompétence des personnages combinée à l’humour omniprésent annihile le moindre soupçon de tension. Hormis la fin (qui est une succession de révélation dont on reparlera après), on ne s’inquiète pas vraiment pour eux : on sait qu’ils vont s’en sortir (et eux aussi). Tout se passe alors beaucoup trop bien. Pas de manque de nourriture, pas de disputes, pas de morts : on ne peut même plus parler de survie à ce niveau.

Mais alors, ça parle de quoi cet anime ?

Une aventure spatiale et humaine

Le lore est très fourni 

Kanata no Astra est avant tout un voyage de planètes en planètes, toutes très différentes. Certaines seront paradisiaques, d’autres infernales et encore d’autres OK. Chacun de ses astres possèdent un lore assez fourni, avec un écosystème propre et qui est cohérent. On découvre alors cette planète en même temps que les personnages, on s’émerveille avec eux, on a peur avec de toute cette faune (et flore).

D’ailleurs, tant qu’à parler des personnages, ils constituent le point fort de l’anime. Le groupe en lui-même est très varié. Au niveau des rôles (on retrouve un athlète, un génie, un biologiste, un médecin entre autres) qu’au niveau du caractère. Kanata le capitaine viril, Quitterie le médecin tsundere, Zack le pilote surdoué, Charce le biologiste beau gosse, Funicia la petite fille… Ce casting transpire les archétypes de personnages, mais deux points les rendent très attachants.

Le premier, c’est l’humour (parfois un peu lourd). À cause de l’ambiance assez légère, les personnages passent leur temps à se vanner. Ce qui donne des moments assez drôles comme quand Kanata balance ses répliques « inspirantes ». Par conséquent, on apprend à les connaître un à un.   

Des personnages au passé difficile…

D’autant plus que chacun d’entre eux possède un passé sombre, ayant pour dénominateur commun, le désamour parental. Leurs géniteurs n’éprouvaient que peu de considération pour eux. Ce qui, bien sûr, a des conséquences sur leurs personnalités à différents degrés. Cela peut aller à la timidité panique de Yunha à la froideur de Zack. Certes, ces traits servent pour l’humour, mais possèdent un fond de trauma.

Au fil des épisodes, on se concentrera sur un ou plusieurs personnages. On nous expliquera son passé, qui sera la clé de voute d’un épisode. Et même si certains personnages sont plus privilégiés que d’autres (Kanata et Aries), force de constater qu’ils sont tous mis en avant à un moment ou à un autre.

Cependant, si chacun des personnages apporte leur touche dans l’œuvre, on ne peut pas dire que la manière soit très originale. À quasiment tous les épisodes, les conflits sont résolus de la manière. Avec el famoso POUVOIR DE L’AMITIÉ. Le personnage pète les plombs, Kanata et/ou Aries leur rappellent que c’est leur ami, il se calme et tout le monde est content.

Tout cela pour un message assez simple : avoir confiance en soi et les autres pour suivre ses rêves. Un message classique dit comme ça, mais qui devient plus profond avec les révélations des derniers épisodes.

Le final FULL SPOIL

(Pour ceux qui n’auraient pas encore vu Kanata no Astra, vous pouvez sauter cette partie qui va méchamment spoiler)

Spoiler

Après que l’équipage est remarqué l’étrange ressemblance entre Quitterie et Funicia (alors qu’elles ne sont pas sœurs biologiques), Zack décide de leur passer un test ADN. Le résultat tombe : elles sont génétiquement identiques, donc des clones. Kanata réfléchit et émet l’hypothèse suivante : ce sont tous des doubles dont les originaux veulent se débarrasser.

Et cette hypothèse se confirme quand il met en commun les passés de chacun : une enfance difficile marquée par le rejet parental. En réalité, ces « parents » ne préparaient que leurs futurs corps dans lesquels ils pourront accomplir leurs ambitions.

Cette révélation, aussi surprenante que bouleversante, donne tout le sens au message du manga. Malgré leur condition de clone, chaque personnage aspire à affirmer leurs propres identités, réaliser leurs propres rêves. De quoi faire suer les parents qui se réalisent au travers de leurs enfants. En cela, ce message d’indépendance parlera aux plus jeunes (comme aux moins jeunes) : réaliser vos rêves, pas ceux de vos parents.

Si Kanata no Astra s’était cantonné à ce message, cela aurait été parfait. Mais… non. L’anime se perd dans un complot géopolitique très brouillon et rushé. En un deux épisodes, on nous explique que le gouvernement a manipulé l’Histoire pour dissimuler les conflits pendant l’émigration des terriens vers Astra, la planète que l’équipage voulait rejoindre. Autant la révélation des clones, ça passe. Autant ceci, elle est très dure à avaler.

Parce que cet aspect de l’histoire alourdi l’anime d’une sous-intrigue vide de sens. À part pour nous expliquer les origines de la mystérieuse bulle et de la première planète, cela reste très anecdotique. Sans compter que la conclusion de tout cela se limite à l’arrestation des méchants et puis… flash forward.

Dommage car ça ternit le message que l’on retiendra de l’anime.

Conclusion

Kanata no Astra reste la meilleure surprise de cet 2019. Provenant d’un manga fini et tombé les confins du JUMP, il parvient à raconter une belle histoire. Celle des neuf adolescents qui voyagent dans leur vaisseau pour explorer à la fois, l’univers et eux-mêmes.

Alors oui, on pourra se plaindre du manque de suspense dans les moments critiques de survie ou de tension. Mais les bons sentiments contribuent à grandement apprécier le casting, qui oscille entre les joies et les tourments. On prend du plaisir à suivre leur tribulations épisode par épisode. Avant un final presque parfait, donnant à cet anime un véritable message : vivez vos rêves, et pas ceux de vos parents.

Par conséquent, montez à bord de l’Astra pour une aventure que vous n’oublierez pas.

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