[ARTICLE ABONNES] Descente dans Made in Abyss

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MADE. IN. ABYSS

Un anime qui a mis tout le monde d’accord. Figurant parmi les meilleurs animes de 2017, il a été récompensé à de multiples reprises, créant une énorme hype autour de lui. Hype qui m’a échappé au moment de sa diffusion. En sortant mon top 5 des meilleurs animes de 2017, certains animes encensés manquent à l’appel. Soit parce qu’ils m’ont déçu (Princess Principal), soit je n’ai pas fini de les voir (Mahoutsukai no Yome) ou encore je suis passé à côté. Et c’était le cas de Made in Abyss. Donc aujourd’hui, je répare mon erreur en parlant de cet anime qui a déchaîné les passions.

Made in Abyss est un webmanga de Akihiko Tsukushi publié dans le Web Comic Gamma. Créé en 2012, il compte aujourd’hui 6 tomes reliés pour 46 chapitres (traduits). D’ailleurs, le premier tome est disponible en France chez Ototo depuis mai dernier.

L’histoire se passe à Orth (ou Orse selon les traductions), une ville imaginaire qui possède un trou en plein milieu : l’Abysse. Il s’agit d’un gouffre géant qui recèle des reliques qui se vendent très bien à l’étranger. Ce qui attire les caverniers et autres chasseurs de trésor du monde entier. Cependant, plus leur descente est profonde, moins les chances de survie sont élevées.

Riko est une jeune fille orpheline fascinée par l’Abysse et experte dans la survie bien qu’elle soit une enfant. Lors d’une exploration de routine, elle trouve un androïde ainsi qu’un message de sa mère l’invitant à la rejoindre dans les profondeurs. Pour retrouver cette cavernière hors pair, Riko et le robot, qu’elle nommera Regu, décident de plonger dans l’Abysse. Où mille et un danger les attendent, dont la fameuse malédiction de l’Abysse.

En voyant ce résumé, j’étais assez dubitatif. D’un côté, il offrait de belles opportunités, surtout venant de l’univers. Bien mystérieux à souhait, pleins de questions qui l’entourent. Qu’est-ce s’y trouve ? Des gens le peuplent-ils ? Quelles grosses bêtes y demeurent ? L’Abysse se trouve être un terrain propice aux mauvaises surprises. Et de l’autre, ce genre d’histoire commence à être de plus en plus courant. Des animes comme L’ère des Cristaux avec des atmosphères à la fois inquiétantes et reposantes. Mais qui possède des problèmes de rythme pour l’intrigue, impliquant bien souvent une magouille des hautes sphères de l’univers.

Donc, j’étais partagé entre ces deux opinions, bien que je penchais plus vers la seconde. Mais voyons ce qu’il en a vraiment été. 

Une intrigue plaisante…

Avant même de parler de l’intrigue en elle-même, il faut souligner les efforts mis sur la forme. Sans concession, Made in Abyss réussit à instaurer des ambiances légères ou terrifiantes, qui reposent sur deux éléments.

La forme de l’anime est sublime

D’abord, sur le visuel. Même si le chara-design est simpliste, les décors sont riches en détails. Chaque niveau de l’Abysse reste unique et intriguant à leur manière. De part leur originalité qui défie les lois communes. Etant donné que ces lieux restent inexplorés, on découvre en même temps ces endroits avec nos héros. Lieux très lumineux et apaisant OU sombre et inquiétant.

Quelque chose qui se transpose aussi aux personnages. Riko et Regu restent des enfants, qui ont tout à apprendre de la vie et de l’Abysse. Leurs traits minimalistes soulignent leur innocence et leur candeur. Les rendant relatables : on s’identifie à eux car nous ignorons tout des lieux. Alors que les méchants sont représentés imposants, sombres et avec des traits non humains. Nous les faisant qualifier de monstres et nous suscite l’appréhension.

Ensuite, la musique de Kevin Penkin est d’une incroyable justesse. Chaque OST transporte le spectateur dans l’esprit exploration de la série. Onirique à souhait, elle apporte un vrai cachet à l’ambiance. Surtout quand ça sent le roussi pour nos héros.

Riko et Regu, aventuriers du dimanche (ou pas)

Personnages attachants par leur naïveté ou l’inconscience face au danger. Riko, curieuse par nature, est un aimant à problèmes, incarnant le côté découverte de l’anime à elle-seule. Par ses recherches, elle permet de répondre à nos questions sur l’Abysse. Que cela soit ce qui le peuple, ce qui le compose ou comment y survivre, ses connaissances pointues demeurent notre boussole dans ce monde inconnu.

Véritable boule d’énergie, son savoir se transmet grâce à son dynamisme. Sans filtre concernant ses émotions, on voit (et on vit) la joie de ses trouvailles ou la douleur infligé par la malédiction de l’Abysse. Dont elle sera la victime principale. Ce qui amplifie le mystère et la crainte suscité par le gouffre.

Mystères qui concernent aussi le personnage de Regu. Robot trouvé par Riko lors d’une exploration de routine, beaucoup d’interrogations l’entourent, notamment son origine. D’après les informations, il semblerait qu’ils soient une relique venant des profondeurs. Donc, on se questionne sur son existence elle-même. Pourquoi est-il là ? Quel est le but de son existence ?

Reg deviendra un compagnon indispensable à Riko pour sa survie). Avec ses bras extensibles et son rayon laser, il permet à la jeune fille d‘avoir un moyen de protection efficace. Enfin, la plupart du temps. Car si son corps est robuste, son caractère l’est beaucoup moins. En effet, sa lenteur va lui faire défaut et parfois de manière cruelle. Mais, Riko reste là pour le guider.

Un abysse mystérieux

A eux deux, ils forment un duo complémentaire et attachant face à l’Abysse. Endroit aussi fascinant qu’effrayant. Beaucoup ont tenté de s’y aventurer et y sont restés. Et les monstres ne sont pas le plus grand danger mais la malédiction de l’Abysse, qui fonctionne comme les paliers de décompression en plongée. En descendant de plus en plus profond, des symptômes inquiétants se manifestent chez les personnes. De simples vertiges pour les premiers mètres à la démence, réservés pour les courageux ayant atteint les niveaux profonds.

En montrant la dangerosité des lieux, Made in Abyss renforce l’attrait de cet univers. En nous teasant petit à petit des éléments, on est pris de doutes et on a envie de savoir. Quitte à ce qu’on prenne cher dans la gueule. Ce qui finit par arriver. MAIS…

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…mais longue à se mettre en place

A la recherche de la peur

J’ai eu un mal fou à m’intéresser à Made in Abyss. Déjà parce que l’univers a beau être intriguant et l’ambiance prenante, l’intrigue reste trop soft à mon goût. Dès le début, l’anime instaure un univers inquiétant dans lequel nos personnages sont quasi sûrs d’y mourir. Si on nous montre le côté exploration et aventure qui s’en dégage, on n’y ressent jamais la notion de danger.

Pour une raison assez simple : Regu. Le robot est une solution à la plupart des problèmes qui menacent Riko (et lui-même). Impossible de passer un gouffre ou des monstres attaquent ? Ses bras extensibles permettent de contourner le problème. Et même dans le pire des cas, son rayon (ou « incinérateur » pour les puristes) extermine les bêtes récalcitrantes. Si Riko se sent bien en sécurité, on comprend bien pourquoi.

Sans cette sensation de danger, l’intérêt pour l’Abysse en dehors des paysages s’estompe. Et il ne va pas se rallumer pendant un certain temps. La moitié de l’anime se concentre sur la découverte des premiers niveaux. Ce qui est sympa mais pas très intéressant, puisque cela demeure une exposition. Il va falloir attendre la moitié de l’anime pour commencer à passer aux choses sérieuses avec la rencontre avec l’un des sifflets blancs, Ozen.

Dans le monde de Made in Abyss, les caverniers sont classés selon la couleur de leur sifflet. L’échelle commence avec les débutants sifflets rouges aux légendaires sifflets blancs. Légendaires car personne d’autre qu’eux sont encore en vie après être allés aussi profond dans l’Abysse. Parmi eux, Ozen était la maîtresse de Lisa (la mère de Riko) et celle qui l’a accompagné dans sa dernière expédition.

Ozen fait donc partie de cette caste fermée et bien qu’elle fasse peur, elle demeure bienveillante et nous permet d’en savoir (enfin) plus sur l’univers. Notamment sur les autres sifflets blancs qui peuplent la cavité. 

De la rencontre avec le sifflet blanc va commencer les événements vraiment inquiétants. Les enfants, toujours livrés à eux-mêmes, vont se retrouver dans des situations périlleuses. Alors que depuis la moitié de l’anime, rien ne s’était passé. Ce qui m’a désarçonné puisque j’attendais ce moment depuis les premières minutes de l’anime et j’ai attendu (trop) longtemps.

Sans compter que Riko et Reg n’ont toujours pas évolué. En effet, durant les 12 épisodes, le duo fonctionne toujours de la même manière. A savoir Riko, la tête pensante qui prend les décisions et Regu utilisant ses capacités pour les tirer du pétrin. Pourtant, si Riko et Regu marche ensemble, c’est la catastrophe quand ils sont livrés à eux-mêmes. Posant d’énormes problèmes dans les deux cas. Jamais l’anime n’a cherché à remettre en cause ce fonctionnement, empêchant la croissance des personnages et le gain d’intérêt.

La fin du début

 

Un intérêt qui n’a vraiment pris qu’à l’épisode 10. Soit après que les trois quarts de l’anime soient passés. Avec l’apparition d’un personnage : Nanachi.

Grace à lui, on va pouvoir apprendre plus sur l’univers de Made in Abyss, surtout la malédiction et les sifflets blancs. Et à partir de ce moment, l’anime bascule vraiment dans un côté sombre, tranchant avec l’ambiance légère du début.

Spoiler

Une ambiance malsaine accentué par des scènes choquantes. En premier lieu, l’affrontement avec le perce-orbe montre la dangerosité des bêtes. Ce qui était déjà montré mais Reg est arrivé à faire face. Mais, pas cette fois-ci. Ensuite avec l’histoire de Nanachi, qui est d’une tristesse absolue. Car il est d’une extrême cruauté : la violence y demeure omniprésente ainsi que le malaise. De plus, il révèle la face cachée des héros de la surface, les sifflets blancs. Nous faisant remettre la confiance que l’on peut leur accorder.

Au final, on a d’autant plus envie de découvrir ces mystères. Sauf que l’anime s’arrête à ce moment précis, où nous commençons à être effrayés et fascinés par les dernières révélations. Ce qui crée une immense frustration car les questions qui nous restent sont laissés en suspens pour la saison 2, déjà prévu en amont. On a alors le sentiment que toute cette saison n’était qu’une introduction avec un sacré goût d’inachevé.   

Conclusion

Et c’est sur cette impression finale Made in Abyss s’achève. Que je vous l’ai dit, cet anime est loin d’être mauvais. L’univers reste prenant jusqu’à la fin : il oscille entre le fascinant et l’effrayant pour nous garder intrigués. Riko et Regu nous emportent dans leur aventure tels des compagnons de voyage. Une odyssée inoubliable grâce aux travaux sur la musique et les décors.

Par contre, le rythme trop lent m’a déçu. J’ai beaucoup attendu avant que l’anime n’entre dans le vif du sujet. Certes, il délivre les éléments au compte-goutte. Mais ils ne se révèle que peu impactant dans cette première saison. Sans compter que notre duo n’a pas changé d’un pouce. Riko reste la fragile débrouillarde tandis que Regu continue d’être le robot peureux. Ce qui sape l’issue d’une potentielle évolution.

Avec les derniers épisodes, l’intrigue est définitivement lancée. Elle débute à peine et j’ai hâte que la saison 2 arrive. Pour pouvoir émettre un avis définitif sur la série la plus populaire de 2017. A raison.

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Database d'anime, de seiyuu et d'opening sous forme humaine. Joueur de LLSIF à ses heures perdues. Trouvable sur Twitter (@Shima_Vinh) et MAL (xxxPhantom).

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