Welcome to the Classroom of the Elite

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youkoso jitsuryoku

youkoso jitsuryoku

Moment racontage de vie. Je devais prendre le train pour rentrer chez moi, ce qui faisait 6 heures aller et retour à tuer. Pour passer le temps, j’avais décidé de me mater un anime et deux choix se proposaient à moi. La S2 du Rakugo ou la Vie qui moisissait dans mon PC depuis 6 mois et qui avait l’air trop bien. Ou Classroom of the Elite, le dernier carton de la saison dernière que tout le monde a suivi et sucé au passage. Motivé par ma soif de découverte et la quête des vues faciles, le choix s’était imposé de lui-même … Classroom of the Elite (Désolé Rakugo, le prochain se sera toi, promis <3).

Youkoso Jitsuryoku Shijou Shugi no Kyoshitsu e ou Welcome to the Classroom of the Elite est un anime de 12 épisodes produit par le studio Lerche. Il est adapté du Light Novel éponyme comptant 7 tomes publiés et toujours en cours de publication. L’histoire se déroule dans la Koudou Ikusei Senior High School, un lycée d’élite très particulier. En effet, l’établissement est réputé pour avoir un taux de réussite aux examens universitaires de 100 % (rien que ça). L’académie est située sur une île, permettant aux élève de vivre par leurs propres moyens. Parmi eux, Kiyotaka Ayanokouji fait partie des nouveaux élèves qui va découvrir les us et coutumes de cette école.

A ce simple synopsis, on pourrait se dire que c’est un simple slice of life lycéen qu’on nous sert chaque saison. Chose pas déplorable en soi, mais vite oubliable. Mais Classroom of the Elite essaie d’apporter une réflexion sur l’égalité tout en restant un anime school life classique. Résultat : c’est raté.

UN SENTIMENT DE DEJA-VU

« Une école dans laquelle les élèves sont répartis dans des classes selon leur niveau de performances ». Si ce contexte vous dit vaguement quelque chose, c’est qu’il a déjà été utilisé plusieurs fois. Le deux premiers venant en tête étant Assassination Classroom et Baka to Test to Shokanjuu. Même si elle n’est (sûrement) pas volontaire, il faut pas aller chercher très loin l’inspiration.

Cependant, Classroom of the Elite se distingue facilement de ses pairs grâce au ton qu’il ton qu’il aborde. Malgré des moments de sérieux, AssClass et Baka to Test nous faisaient principalement rire. L’école n’est présente qu’en arrière-plan, souvent pour créer l’antagonisme. Dans Classroom, l’académie est beaucoup plus développée. L’établissement fonctionne selon un système de points, qui sert de monnaie à la place de l’argent réel. Ces points sont attribués tous les mois et leur nombre varie selon les performances et l’attitude des élèves. Le système de notation est collectif : chaque élève influe sur le nombre de points de la classe. Classe qui se divisent en quatre : de A à D. A pour les meilleurs et D pour les moins bons. Pour monter en grade, il suffit que la classe obtiennent des très bons résultats. Et les plus mauvais sont tout simplement renvoyés.

Classroom of the Elite episode 1

Comme dit la madame 

Malheureusement, ce background semble être le seul point d’originalité de l’anime. Car le plus défaut de Classroom of the Elite, c’est que l’anime compile absolument tous les clichés du LN school life. A commencer par ses putains de personnages. Ayanokouji est le cliché du héros qui cache ses réelles capacités. Au premier abord, il est mou, peu loquace et cynique. Mais bien entendu, ce n’est qu’une façade. En réalité, il est très intelligent, athlétique et posé (alors qu’il est dans la moins bonne classe). Comme prévu, il va se faire aucun ami sauf deux filles de sa classe : Suzune Horikita et Kikyo Kushida.

Ayanoukouji loneliness

Est-ce que t’as essayé au moins ?

Suzune est la tsundere du groupe : hautaine, méprisante et qui n’a besoin de personne (mais qui se repose sur Ayanokoji quand elle est dans le mal). Entrée dans cette école pour suivre son frère en classe A. Sauf que sa fierté lui joue des tours et il va bien falloir la dompter pour pouvoir grimper les échelons. La jeune fille est l’un des personnages les plus plaisants à suivre pour deux raisons. La première est qu’elle est celle qui fait avancer l’intrigue. Grâce à elle, les enjeux de chaque arc sont posés ainsi que les pistes pour la résolution. La seconde est qu’elle est le seul personnage à avoir évoluer. Tout au long des 12 épisodes, elle va apprendre à diriger la classe et compter sur ses meilleurs éléments.  Au final, elle va prendre de plus en plus de place dans la classe jusqu’à en devenir l’une de ses leaders.

Classroom of the Elite Horikita Suzune

Bien sûr…

Kikyo est la fille idéale. Énergique et volontaire, elle fait tout pour s’entendre avec tout le monde. Y compris Ayanokouji dont elle est très clairement intéressée. Il suffit de voir comment elle force avec lui dès les premiers instants. Tout comme Suzune, elle va être l’une des figures phares de la classe. Les filles la considérant comme une bonne copine et les garçons comme une fille adorable et canon. En témoigne les nombreux plans sur ses gros seins. D’ailleurs, son personnage ainsi que son rôle se limite qu’à cela : le fanservice.

Classroom of the Elite episode 2

En ce qui concerne les autres personnages, ils se distinguent en deux catégories. Les autres élèves de la classe qui sont attachants et qui ne se repose pas uniquement notre trio principal. Comme Hirata, le « chef » de la classe, Sudo le rebel ou Ike, le comic relief débrouillard. Et les autres, qui en font tellement des caisses que cela en devient ridicule. Au choix, on a Koenji, le blond arrogant qui crache sur tout le monde, Ryuugen le chef loubard qui a un gros black comme garde du corps et Katsuragi le chauve. Je rappelle que ces mecs au lycée, donc doivent avoir entre 15 et 18 ans.

Trop rebel

On se trouve dans un anime scolaire, on l’a bien compris et le série aussi. Donc on se trouve les sempiternelles événements de la vie scolaire et aucun n’est oublié. La rentrée, les examens, l’épisode à la piscine ET celui à la plage, le voyage scolaire. L’anime plonge à fond dans une suite d’événements déjà surutilisés dans le genre. Comme l’histoire suit un schéma prédéfini, elle est ultra prévisible. Pour ceux qui seront accoutumé du genre, il est possible d’absolument tout prévoir 30 secondes à l’avance. Même si l’anime fait tout son possible pour brouiller les pistes, l’idée la plus évidente reste très souvent la bonne.

LE SCENARIO EST VIDE

Pourtant dès les premières secondes, Classroom of the Elite essaie de se placer comme un anime sérieux qui pousse à la réflexion. Cependant, l’anime tombe dans l’excès. Chaque épisode est introduit de la même manière. Un fond noir avec une citation d’un auteur (dont pas mal de français) avec un son de cloche rappelant Five Night at Freddy’s. Une idée osée mais qui est dispensable. Car citer des grands auteurs ne rend pas un anime profond. Tout comme la violence ne rend pas un anime mature. Même si cela permet de donner le ton de l’épisode, cela reste de la branlette intellectuelle. Et, chose encore pire, cela peut complètement vous spoiler l’issue de plusieurs épisodes.

Classroom of the elite episode 2 quote

L’anime force tellement avec ces références que certaines scènes sont proches du ridicule. Par exemple, il y a une discussion entre Ayanokouji et sa prof … devant une représentation d’Icare. Et ils ne sont pas juste tout les deux : il y a tout un public dans le théâtre. Cette discussion aurait pu avoir lieu autre part, le message n’aurait pas changé. Oui, la comparaison avec Icare n’est pas totalement dépourvue de sens. Mais à cause de la simplicité du scénario, tout devient d’une évidence flagrante. Ayanokouji vise le sommet et va se planter en essayant CQFD. 

C’est ce qui aurait pu être l’un des scénarios probables si l’anime avait décidé de raconter quelque chose. Après avoir regarder les 12 épisodes, le contenu de la série est très léger. Tout ce que notre bande a fait, c’est résoudre les problèmes de leur classe et … c’est tout. En dehors de ça, aucun personnage n’a évolué. Ayanokouji a le même caractère de poisson mort, Kikyo fait toujours la faux cul et la classe s’en bat les couilles d’être la dernière. Il n’y a que Suzune qui change de caractère ainsi que certains personnages secondaires. D’ailleurs, ces derniers se révèlent plus intéressants que nos héros, notamment ceux que j’ai déjà cités précédemment. 

Ce manque d’évolution est aussi amené par une absence d’opposition. Durant chaque « arc » (sauf le dernier), on ne sent jamais de réelles difficultés pour Ayanokouji et son groupe. Chaque plan se déroule beaucoup trop bien : les antagonistes se laissent faire trop facilement. Par exemple, Ayanokouji et Kikyo essaie de convaincre un senpai de leur donner les tests de l’an dernier. Le mec est réticent MAIS grâce aux « arguments très persuasifs » de Kikyo, il accepte. Cela leur a pris 5 minutes pour résoudre le point central de l’épisode. Bien que cela est du sens, cela a pour effet de tuer le suspense. Jamais on s’inquiète pour les héros vu qu’on ne doute pas un seul instant qu’ils vont réussir.

Et c’est accentué par le fait qu’il n’y a pas de « grand méchant », faisant tout pour que la classe D reste à leur place. On aurait pu croire au début que la classe C le serait. Mais hormis au début et à la toute fin, ça a peine s’ils se croisent. Ou encore la classe A que Suzune et Ayanokouji vise. Pareil absolument rien alors qu’on voit des élèves qui essaient asseoir leur domination.

Enfin, l’anime ne répond à aucune des questions qu’il a soulevé. Dès les premières secondes, Ayanokouji ne balance la question suivante :

Are humans tryl equal ?

« Est-ce que les êtres humains sont réellement égaux ? » en bon français

Mais en réalité, ce thème censé être central dans l’anime n’est jamais abordé (hormis au travers du passé d’Ayanokouji). Etant donné que la classe fait sa vie dans son coin, elle n’a jamais voulu se dépasser pour monter en grade. Et puis, au final, le niveau de standard semble être les mêmes partout. La classe D a accès aux mêmes activités que la A : piscine, crosières, nourriture de qualité. Et si jamais les élèves manquaient de points pour tenir le mois, l’académie propose gratuitement des produits de première nécessité. Donc, pourquoi se casser le cul à se mettre à dos les autres classes ?

Le danger du renvoi n’est également pas mis en avant. De manière générale, le contexte scolaire n’est présent que pour faire flipper. Sauf pour les premiers épisodes, il n’est plus utilisé par la suite. Nos héros étant trop occupés à régler les problèmes des autres. Alors qu’il y avait matière à faire beaucoup de choses. Comme par exemple, un marché noir permettant aux élèves de tricher aux examens moyennant un certain nombre de points. Ou que les professeurs jouent également leurs têtes avec les résultats de leurs classes. Cela aurait rajouter du suspense et des enjeux.

De manière générale, Classroom of the Elite a un scénario sous-exploité. Mais en soi, il est de plutôt bonne qualité. La résolution de chaque conflit ne tombe (presque) jamais de nulle part. En effet, elle est cohérente et bien amené, notamment grâce à la mise en scène. Enfin, les antagonistes de chaque conflit arrivent à répondre efficacement à nos héros, qui eux-même savent réfléchir. Ce qui donne de l’intérêt puisqu’il y a une vraie opposition entre les deux camps. Par contre, cela des solutions très basiques et l’anime peine à donner de la profondeur à son propos (s’il y en a un).

De la profondeur, c’est ce qui manque également chez ses personnages. En l’état, ils ne se sont que très peu détachés de leur archétype sur lequel ils ont été basés. On sent que des efforts ont été mis pour creuser leur personnalités et leurs objectifs. Cependant, cela reste très superficiel. Et là, c’est le moment spoil. 

Spoiler:

Ayanokouji est un personnage plein de mystères. Malgré son air de poisson mort, on comprend très vite que c’est un garçon très compétent. Non seulement parce qu’il trouve des solutions aux problèmes, mais qu’il aussi doté d’un corps d’athlète et maîtrise des techniques de self-defense. Comme le frère de Suzune le souligne, il a largement les capacités pour entrer dans la classe A. Mais il a volontairement saboté ses chances et est tombé dans la classe D. On peut alors se demander pourquoi ce choix ?

Un élément d’explication se trouve dans son passé. Du peu qui a été montré, il aurait été élevé comme un rat de laboratoire avec d’autres enfants dans une « école ». Le but supposé de l’expérience serait de former l’enfant ultime, celui qui pourrait surclasser tous les autres. Au fur et à mesure de l’expérience, les enfant les moins performants disparaissent (probablement éliminés). Ne restant plus qu’Ayanokouji, l’étudiant parfait. On peut supposer alors qu’Ayanokouji souhaite entrer dans la classe D pour éviter ses camarades de vivre le même calvaire. CENPENDANT, les 2 dernières minutes de l’anime fout en l’air toute cette théorie.

Classroom of the Elite episode 12 Spoiler

En effet, durant celles-ci, Ayanokouji révèle que s’il a aidé ses camarades, c’est uniquement pour les manipuler et arriver dans la classe A. Sauf que comme il ne souhaite pas intégrer la classe A, à quoi ça sert ? Cela nique le message supposé de l’oeuvre et cela sort d’absolument nul part. Durant tout Classroom of the Elite, Ayanokouji a rendu service à tout le monde et sans récupérer leurs faveurs. De plus, ses plans sont d’une incroyable clémence compte tenu de son côté glacial. Il a laissé tranquille la classe C lorsqu’elle a accusé Sudo pour le faire virer. Ibuki a été épargnée malgré le fait qu’elle était un agent double. Menacer ou éliminer ses ennemis aurait pu nous mener sur la piste.

Enfin, cette révélation fait que tout ce qui est arrivé dans l’anime n’a servi à rien. Ou plutôt que ce n’était qu’une introduction. L’anime commence à être intéressant à ce moment précis. Avec Ayanokouji moins lisse qu’il en a l’air et Suzune qui co-dirige la classe. Cependant, ceux qui souhaitent en savoir plus devront se procurer les Light Novels. 

Le personnage de Kikyo est également très survolé, se contentant d’être l’idol à gros seins de la classe. Alors qu’elle possède une double personnalité de psychopathe, quand même. Derrière cet air adorable D’où tient-elle cette personnalité ? Aucun élément de l’anime peut expliquer l’apparition de cette personnalité. Enfin, pas explicitement car c’est en faisant le lien avec Ayanokouji que tout semble en plus clair. Malgré leurs caractères opposés, ils sont beaucoup proches qu’ils en ont leur. Grâce à un point commun : leur double face commune. On pourrait alors se dire que Kikyo possède le même passé qu’Ayanokouji ainsi que le même objectif. 

Mais cette théorie tombe très rapidement à l’eau quand on sait que Kikyo est jalouse de Suzune. Ce qui rend le personnage affreusement creux : il est folle parce que son amie intéresse plus le mec qu’elle veut. Alors que la lycéenne aurait permis d’amener le côté maléfique d’Ayanokouji et d’exploiter le sien par la même occasion. Rendant ces deux personnages un peu moins lisses qu’ils en n’ont l’air.

Classroom of the elite Kikyo

Suzune possède un objectif : rejoindre la classe A pour y rejoindre son frère. Comme tous les autres, ce but passe totalement à la trappe. Même si ses actions l’amène à se rapprocher de ce but, il n’est jamais remémoré. Et son frère a l’air de s’en battre royalement les couilles, pour le peu de temps qu’on le voit. Donc, pourquoi en parler ? Mystère.  

Pour expliquer ce manque d’approfondissement, le faible nombre d’épisode peut être un élément de réponse. Explorer autant de pistes en 12 épisodes est mission impossible. L’anime se contente du minimum mais avec un rythme très rapide, soit un scénario rushé. La classe passe d’inconnus aux meilleurs amis du monde en moins de 3 épisodes. Le cas le plus flagrant est celui de Sudo. De la racaille que la classe déteste, il se fera apprécier par tous à partir de l’épisode 4. Ce qui un poil rapide, je trouve. Mais pour sa défense, il se retrouve dans la majorité des galères qu’Ayanokouji doit régler. Donc quelque part, son statut de victime l’aide à se faire apprécier pour sa classe (et le public).

CONCLUSION

Autant être honnête, Classroom of the Elite est un mauvais anime. Tout est d’un déjà-vu flagrant. Le contexte est déjà exploité en beaucoup mieux, les personnages sont des clichés sur pattes et le scénario est un amas de situations que tous les adaptations de LN utilisent. L’anime est alors archi-prévisible pour peu que vous soyez rôdé aux animes de ce genre. Il essaie bien de se différencier de la concurrence mais c’est beaucoup trop léger. Mettre des références à des grands auteurs sans plus rend l’anime arrogant et pompeux. Car rien ne suit derrière : le scénario est trop basique, ne développe rien et s’arrête au pire des moments. Ce qui crée un gros sentiment de frustration car il avait certaines idées pour donner un peu de cachet à l’oeuvre.

Pour autant, est-ce que cela était une torture de le visionner ? Et ben, absolument pas. Malgré tous ses défauts, Classroom of the Elite reste plaisant à regarder. Son scénario, bien que très simpliste, ne comporte pas d’incohérences majeures (hormis quelques unes). La réalisation est de bonne facture : elle se focalise souvent sur les détails nécessaires à l’intrigue. Ce qui fait que les éléments ne sortent jamais de nulle part. Certains personnages sont très plaisants à regarder et aucun ne tombe dans la débilité profonde. Les références ne sont pas placés au hasard et ont le mérite de donner du sens à l’épisode. 

En étant honnête, je partais avec un apriori extrêmement négatif et je me préparais déjà à le défoncer (ce que j’ai fait au final). Mais c’est après avoir entièrement regardé l’anime et fait le point. Car pendant le visionnage, je m’étais pris au jeu des enquêtes et à fond, même si les réponses sont évidentes. Les moments clichés m’ont fait beaucoup rire tellement elles sont hors contexte. Mention à l’épisode de la piscine qui était ridiculement géniale car tout est pris au premier degré. Et cet épisode s’est fait vivement critiqué. Mais c’est oublié que Classroom of the Elite était con de base (ou au moins pas aussi intelligent qu’il s’efforce à être sans succès). Au final, Classroom of the Elite est un nanar : fondamentalement mauvais mais très appréciable.    

Database d'anime, de seiyuu et d'opening sous forme humaine. Spécialiste en industrie anime/manga. Joueur de LLSIF à ses heures perdues. Trouvable sur Twitter (@RequiemForFemto) et MAL (xxxPhantom).