King’s Game: un échec total ?

Review
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Prochainement (au moment où j’écris cet article), je vais sortir un best-of des meilleurs animes de l’année. Mais également des pires d’entre eux, que j’ai un peu de mal à faire. Non pas que cela soit dur de classer ces animes de merde, mais que j’ai une liste d’animes à rattraper. Histoire de voir les animes qui pourraient entrer dans ces classements. Et parmi eux, il y en a des bons et des (très) mauvais. Dans les mauvais, un a été particulièrement commenté. Puisqu’il a été raté à tellement de niveau que ça mérite que l’on s’y penche. Je parle de King’s Game.

Ousama Game (ou King’s Game) est un anime de 12 épisodes, produit par le studio Seven. Il est adapté du roman écrit par Nobuaki Kanazawa. Roman très populaire puisqu’il a reçu une adaptation en manga qui s’étend en 4 saisons et qui l’est tout autant. Mais aussi en film live mais on s’en fout.

Nobuaki Kanazawa est un élève transféré dans une nouvelle école. Les autres élèves de la classe essaient de sympathiser avec lui. Mais il s’isole de la classe car il a des crises d’angoisses dès que quelqu’un lui parle. Pourquoi me diriez-vous ? Parce qu’il a survécu à un King’s Game. Un Ousama Game (ou jeu du roi) est un jeu extrêmement populaire au Japon grâce à sa simplicité de mise en place. En effet, il s’agit d’un roi (généralement désigné au hasard) qui donne des gages aux autres participants. Dans l’anime, ce jeu enfantin prend une tournure beaucoup plus glauque.

Les camarades de classe de Nobuaki reçoivent un SMS mystérieux d’un « Roi », qui leur ordonne de faire des choses pas très clean. Croyant à une blague, les élèves ne se doutent pas de la punition qui les attendent s’ils refusent obtempérer. La mort dans d’atroces souffrances, pour les triso. S’en suit une lutte pour Nobuaki et sa classe contre le roi.

En voyant le synopsis et après avoir lu un extrait gratuit du 1er chapitre, je me suis dit que c’est un survival game assez classique. Une classe, un jeu morbide et un meurtrier inconnu. Du coup, ça ne m’emballait pas trop. Mais bon, j’attendais d’être surpris, que j’avais tort de dire que c’était de la merde avant de le regarder. Et au final : c’est un échec total.    

Un échec anticipé…

Le pire, c’est King’s Game puait l’échec avant même que le premier épisode ne soit diffusé. Et pour le montrer, jetons un œil à la fiche de l’anime, trouvable dans n’importe site de référencement. Au hasard ou pas, MyAnimeList

kings game affiche

Rien que l’image promotionnelle pose un gros problème. Dans les grandes lignes, elle permettait d’avoir une vague idée du style graphique. En la voyant, on peut se rendre compte que ça casse pas des briques. Les personnages ont un chara design classique, avec des visages peu détaillés. A la limite, ce n’est pas très grave. Par contre, le fond, c’est juste une salle de classe avec un filtre de tâche de sang derrière. Histoire de dire « Oulala, va y avoir du sang ». Pas très convaincant tout ça.

Ensuite, le staff. La production de l’anime revient au studio Seven. Studio qui a réalisé Virgin Territory … Saint Slut Academy. Oui, on parle bien de hentai (vous pouvez aller vérifier par vous-même). Bon, je suis mauvaise langue, Seven n’a pas fait que des animes porno. Il a aussi fait des ecchis bas de gamme. On sent que le budget de l’anime ne devait pas être très élevé. Enfin, c’est ce qu’on aurait pu croire si le cast ne contenait pas Mamoru Miyano et Yui Horie. A savoir 2 légendes parmi les seiyuus et les voix de Light Yagami et de Minori Kushieda. Je pense savoir où est passé le budget.

Enfin, l’anime est catégorisé dans le genre horreur et mystère. L’horreur est un genre très casse gueule dans les animes. Parce que beaucoup s’y sont essayés mais sans succès (critiques du moins). Entre autres, Another, Corpse Party et Tokyo Ghoul. Des animes qui sont loin de faire l’unanimité et qui sont connu pour leurs coups de sang que d’éclat.

Avec tous ces éléments, on peut légitimement douter de King’s Game. C’est pas très beau, enfin, pas très clinquant. L’anime a été confié à une équipe visiblement peu expérimentée dans la production de série TV. Et son genre est l’un des plus décriés à l’heure actuelle. Pas très rassurant tout ça. Mais après tout, on a toujours pas vu une minute d’épisode. Alors, qu’en est-il réellement ?        

… qui se confirme

Dès les premières minutes de l’anime, ceux qui ont déjà lu le manga savent qu’il y a un problème. Ou plutôt que l’adaptation ne respecte la trame du matériau d’origine. En effet, l’anime regroupe deux saisons du manga. A savoir King’s Game et King’s Game Extreme, qui se déroule après. Vu que le manga de base fait 25 chapitres, le raisonnement se tient car 25 chapitres, ce n’est pas énorme pour une adaptation animée.

Sauf que ce choix flingue l’anime sur plein de points. Car l’anime aurait dû se cantonner à un seul King’s Game. On aurait pu croire qu’ils feraient une adaptation chronologique. MAIS NON. L’anime commence par le second volet en racontant le premier, sous forme de flash-backs. Ce qui rend l’anime indigeste car il n’y a pas 1 mais 2 jeux à suivre.

Résultat, les personnages sont extrêmement mal traités. Comme il y a 2 jeux à suivre, il y a plus de 60 personnages impliqués. 60 putains de personnages. Autant dire que c’est impossible de tous les développer correctement. Alors, On se retrouve avec des personnages qui meurent alors qu’on les a vu il y a 10 min. Alors qu’on ne sait absolument rien sur eux : leurs motivations, leurs caractères, même leurs noms.

L’anime essaie désespérément de rendre ses personnages attachants pour que leurs morts aient un impact émotionnel. Sauf qu’à chaque fois, le schéma est le même. Ils sont introduits dans l’épisode avec 2/3 éléments sur ce qu’ils voudraient faire plus tard. Avant de mourir comme une merde. Par exemple, on peut citer Teruaki, Ryou, Rina, Yuuna, Aimi et pleins d’autres que j’oublie. Donc, on n’en a rien à battre des persos puisqu’on sait qu’ils ne survivront pas à la fin de l’épisode.

D’ailleurs, leurs morts sont censés nous faire flipper. Mais vu que tous les personnages sont OSEF à l’infini, leurs morts laissent totalement indifférents. Quand elles ne font pas carrément hurler de rire. En effet, elles sont tellement gores et spectaculaires qu’on n’y croit pas une seconde. Décapitation, démembrement, immolation, le répertoire des morts est d’un classique. Au final, les décès n’ont absolument pas l’impact voulu : soit on s’en fout, soit on rigole, soit on est vachement content.

Autre chose qui casse l’ambiance : le fan service, qui n’a clairement rien à faire ici. Vers le début de l’anime, les ordres du roi tournent autour du cul. Soit quelqu’un doit coucher avec quelqu’un d’autre, toucher sa poitrine, etc. Ce qui ressemble à des gages de collégiens de 13 ans. Les personnages féminins sont sexualisés à fond : ce sont des saintes ou des salopes. Montrant que les ordres sont totalement gratuits, à part pour rendre les personnages insupportables.

Parce que, pour ne pas arranger les choses, ils sont tellement énervants. Sans déconner, à chaque fois que vous voyez un personnage, vous avez envie de le frapper. Car ils ont ce don magique de toujours prendre les mauvaises décisions. Ou bien d’enchaîner les retournements de veste.

Le pire, c’est que l’anime de mettre ça sur le fait qu’ils deviennent fous à cause du jeu. Au début, l’anime nous montre que la classe sont les meilleurs amis du monde. Ce qui littéralement impossible à croire pour tous ceux qui ont été, un jour, dans une classe. Et au fur et à mesure du jeu, ils pètent tous leurs câbles un à un. Le but de tout ça, c’est sensé nous donner pitié, en comparant ce qu’ils étaient et ce qu’ils sont devenus. Mais vu qu’on s’en fiche d’eux, c’est presque un plaisir de les voir mourir les uns après les autres tellement ils sont chiants.

kings game honda natsuko

Tous sauf un. Le seul personnage à avoir trouvé un peu de grâce à mes yeux, c’est l’antagoniste principale, Natsuko. La jeune fille est une psychopathe qui n’hésite pas à faire ce qu’il faut pour pouvoir survivre. Entre mensonges et manipulations, elle possède une certaine présence qui nous met mal à l’aise. Cependant, le personnage a les mêmes problèmes que les autres : elle est mal développée et ses motivations sont simplistes.

Mais surtout, si j’ai assez apprécié Natsuko, c’est parce que tous les autres m’énervaient par rapport au traitement à son égard. Pour la classe, Natsuko reste une gentille fille (alors qu’elle dit clairement qu’elle va tous les buter). Selon eux, elle est manipulée par la folie. Ce qui fait que, dès qu’ils auront une occasion de se débarrasser d’elle, ils ne vont pas le faire. Son cas aurait pu être réglé en 1 épisode. Mais non, un retournement de situation (débile) viendra rallonger l’existence de Natsuko. Parce qu’il faut bien que le méchant le reste jusqu’au bout.

Et là quintessence des personnages de merde, c’est incontestablement Nobuaki. Ce jeune homme est juste une putain de plaie. Dès le début, on voit qu’il gueule en permanence à chaque fois que quelqu’un lui adresse la parole. Ce qui très loin d’être une bonne idée pour rendre un personnage attachant, que cela soit pour nous ou ses camarades. Évidemment, tout le monde le trouve bizarre et le rejette. Mais par une ellipse mal amenée, il s’entend avec chacun d’entre eux et devient un membre à part entière de la classe. D’où ? Comment ? Aucune idée : l’anime nous ne le dit jamais.

Quand la classe reçoit les premiers ordres du roi, notre héros dit à la classe de prendre au sérieux les menaces. Sauf que bien sûr, personne ne le croit et pense que c’est une blague. Sauf que … non. Quand les premiers morts surviennent, il a la « bonne » idée de révéler qu’il a déjà participé au King’s Game. Et là, les autres commence à le tabasser, pensant (à juste titre) que c’est lui qui a tout organisé. Étant donné qu’il en sait beaucoup trop sur le sujet. Vous la sentez l’intelligence de ce mec. Ouais, moi non plus.

L’anime nous le présente comme un jeune homme courageux, gentil et sans reproches. Mais il suffit de voir 3 épisodes pour se rendre que c’est un énorme bâtard. Parce que quand c’est pour essayer de sauver les autres, il est en mode « il faut qu’on soit soudés, qu’on démasque le roi ensemble ». Par contre, si un de ses amis se retrouve en danger, il n’hésite pas une seconde à sacrifier les autres. Hypocrisie quand tu nous tiens.

On est parfaitement au courant que Nobuaki ne pense qu’à sa gueule. Cependant, tous les autres le prennent pour le messie qui va les sauver. Alors que non. Il nous crache à la gueule comme quoi il a la solution pour arrêter le jeu, que tout le monde va s’en sortir. Mec, durant tout l’anime, combien de gens t’a sauvé ? Exactement 0. Et tu vas me faire croire que tu as une putain d’idée de comment contrer le jeu ? Sérieux ?

Parce que, oui, il y a une solution à ce jeu. Et là, il va falloir s’accrocher parce que ça part tellement loin que ça n’en a aucun sens. A première vue, le raisonnement le plus logique est que c’est forcément quelqu’un de la classe qui est derrière tout ça. Peut-être pour des histoires de vengeance ou des trucs du genre. Ce qui rajoute du mystère puisqu’on suit l’enquête de Nobuaki pour trouver le roi, vu que les morts s’accumulent.

kings game episode 1

CEPENDANT à la fin du premier épisode, on apprend qu’il n’y a jamais eu de roi. Mais que c’est une malédiction avec un élève qui explose littéralement. Dès le premier épisode, l’anime s’est flingué tout seul. Parce que ça ruine absolument tout le suspense. On sait qu’ils vont tous mourir car on est plus sur des choses rationnelles mais paranormales. Ce qui est la porte ouverte à toutes les explications de merde que va sortir l’anime.

Car en fait, on apprend que la raison des morts dans le jeu, c’est que c’est causé par un virus qui se transmet dans les SMS que les élèves reçoivent. Et que si les élèves n’exécutent pas les ordres, il s’active. Ne me dites pas qu’il y a un problème (juste à le lire). Dans ce cas, comment il fait pour choisir les ordres à donner et à qui ? Comment le virus fait pour faire la distinction entre ceux qui ont obéi aux ordres et les autres ? Comment le virus fait pour provoquer des décapitations et des immolations spontanées ? Tant de questions qui resteront sans réponses : ce qui légitimise la gratuité du jeu, mais pas sa violence.

Bon, la critique commence à durer et on n’a toujours pas la réponse à la question : comment arrêter le King’s Game ? (Oui, je vais spoiler mais si vous êtes arrivé à ce point, vous aurez compris que c’était un anime de merde). De la manière la moins imprévisible possible : ils doivent tous mourir. Sinon, le jeu se répétera indéfiniment. Et à ce moment, on aurait pu penser que, pour pousser l’ironie jusqu’au bout, Natsuko va survivre. Mais non : elle meurt et tout le monde aussi, sauf un. Personnage qui (supposément) se suicide dans la mer. Ce qui est une bonne chose. Car ça propose une résolution, donc une conclusion. 

SHIKASHI…

Ok, cette scène nique absolument toute la fin. Et j’ai besoin de m’étendre dessus longtemps. L’anime ne respecte même plus les principes de son concept. D’où le King’s Game continue ? Tout le monde est mort. Alors cette scène nous dit que tous ce qu’il s’est passé n’a servi à rien. Donc, que l’histoire n’a servi à rien, à part pour la violence graphique. CQFD !   

Conclusion

King’s Game est un mauvais anime et peut-être même l’un des pires que j’ai pu regarder. C’est bien simple : il en fait des caisses. L’adaptation contient beaucoup trop de contenu, qui est au final survolée. Les trop nombreux personnages n’inspirent aucune once d’attachement : ils sont stupides, insupportables et on a aucune envie de les voir survivre. Ce qui n’inspire pas une ambiance horrifique, qui n’est pas aidée par le surréalisme des morts et le fan service. Au final, L’histoire n’a aucun sens et se base sur la connerie des personnages. Rendant le tout particulièrement indigeste.

Le pire, c’est que King’s Game était un échec annoncé. Il n’y avait pas besoin de regarder l’anime pour savoir que ça puait du cul. Et pourtant, je l’ai fait et pas par simple plaisir masochiste. Si j’ai regardé cet anime jusqu’au bout, c’est parce que j’avais une once d’espoir. Parce qu’en 2017, il y a eu pleins d’animes réalisés par des studios inconnus qui ont été bons. Net-Juu no Susume réalisé par Signal M.D, inconnu au bataillon, et c’est une réussite. Houseki no Kuni par le studio Orange, connaît pas. Un chef d’oeuvre visuel. 

J’essaie toujours de dégager des pistes qui aurait pu être amélioré dans les animes que je n’aime pas (comme Eromanga, Classroom). Histoire que la critique ne soit pas 100 % négative. Mais là, King’s Game est le premier anime dans lequel je n’ai pas fait ça. Montrant que, comme ses personnages, il n’y avait rien à sauver. Parce que depuis le début, il ne s’est jamais donné les moyens d’être au moins décent. Le staff s’en ait visiblement foutu et les spectateurs ont suivi. Et c’est le seul message que l’anime à réussi à transmettre : passez votre chemin, il n’y a rien à voir.

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Et en exclusivité, voici la scène la plus choquante de King's Game

Database d'anime, de seiyuu et d'opening sous forme humaine. Joueur de LLSIF à ses heures perdues. Trouvable sur Twitter (@RequiemForFemto) et MAL (xxxPhantom).

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