Les fans cancer de la communauté otaku : état des lieux

Les fans cancer de la communauté otaku : état des lieux

Dans la communauté otaku, les fans ne se contentent pas de regarder des animes (loin de là). Ils en parlent ou s’en moquent : bref, ils échangent et c’est ce qui fait la beauté du fandom. Mais parmi ces activités certaines personnes peuvent lâcher des phrases très fines comme :

  • Tu aimes cet anime, alors que c’est de la merde ?
  • Non si t’as pas vu Jojo, comment oses-tu te dire fan d’animes ?
  • Ceux qui aiment ce perso sont débiles

Ces répliques ne font pas du bien à l’égo quand vous en êtes la cible. Et dans ces cas-là, les réponses oscillent entre l’indifférence ou la grosse haine et celles des autres spectateurs entre la soif de sang et le sarcasme. 

Les affrontements de ce genre restent monnaie courante car pour me citer :

UN FANDOM UNI N’EXISTE PAS ET N’EXISTERA JAMAIS

Avengers à côté, c’est de la merde

Les divergences d’opinions sont l’essence de la communauté. Entre les guerres de waifus et les questions de goûts, nous possédons une ressource illimitée de matériel de discussion.

La majorité du temps, les discussions se déroulent en toute sympathie, que l’on soit avec des amis ou des parfaits inconnus. Mais parfois, les discussions dérapent, ce qui a le don d’exaspérer les spectateurs du « combat ». En plus de se ridiculiser entre eux, ils mettent les autres dans l’embarras, d’où la naissance de l’idée que le fandom otaku serait toxique (ou cancer, ça dépend).

Concept apparu dans le monde des gamers, la toxicité désigne tous les comportements inappropriés, voire insultants. En vrac, on peut citer le harcèlement, l’arrogance, l’agressivité entre pleins autres. Ces attitudes sévissent dans tous les fandoms, surtout otaku.

C’est donc l’occasion de faire un tour d’horizon des comportements les plus cancers du fandom et de dresser des potentielles raisons à cela.

Les élitistes

C(est quoi, un élitiste ?

Enfilons la tenue de animologie et on y va (Haifuri, Prod IMS, 2016)

Parmi les fans cancers, on retrouve nos amis, les élitistes ou les garants du prestige de l’animation selon leur propre pensée. Parce que pour eux, l’animation est quelque chose de cool. Un sentiment qu’on partage tous. Sinon, vous ne serez pas là pour lire cet article.

Cependant, les élitistes se donnent pour mission de défendre cette communauté et c’est ici que les problèmes commencent. Car la plupart des fans ne leur ont pas demandé. Tant que quelqu’un éprouve de la passion pour un ou plusieurs anime(s), la majorité des fans considère qu’il fait partie du fandom. Et ce, même s’ils ne vont pas beaucoup échanger et c’est normal : chaque groupe aime des animes différents.

Par conséquent, l’objectif des élitistes à la base est noble. Vouloir tirer la communauté vers des animes qui n’auraient jamais visionné, donner de la légitimité à une passion encore méprisée, ça se salue en soi.

Même Megumin le dit (Konosuba, Mishima/Akatsuki, DEEN, 2016)

Leurs actions

 

Mais le problème, ce sont les moyens mis en œuvre. Pour garder une belle image de la communauté (selon eux), les élitistes se doivent de trier le bon grain du mauvais. D’où la fameuse phrase

« Si tu ne connais pas [insérer une liste d’anime], tu n’es pas un vrai fan »

Une liste qui (de manière surprenante) exclut les animes les plus populaires, soit ceux qui le plus de chances de réunir le plus de monde. À la place, les prérequis contiennent des animes relativement obscurs, ce qui limite forcément le panel et sélectionne ceux qui sont dignes d’intégrer cette caste.

On entre dans le jugement de goût puisque cette fameuse liste, chacun la fixe à sa sauce. Certains y mettront Code Geass, d’autres Nagi no Asukara ou encore Precure. Personne n’arrive à se mettre d’accord sur le contenu de ce que doit savoir un vrai fan et ce débat dure depuis des années. Car au fur et à mesure que les animes sortent, certains entrent tandis que d’autres plient bagages. Mais de manière générale, on pourrait dire que les animes que les vrais doivent connaître sont populaires, mais pas trop.

(We Never Learn, Taishi Tsutsui, Studio Barnum, 2019)

Cette sélection à l’entrée ne découle pas de nulle part : pour être plus précis, elle provient du fandom lui-même. Parce que oui, nous possédons tous quelques penchants élitistes de temps à autre.

Rappelez-vous toutes les fois où vous vous êtes dit que cet anime peu connu méritait plus de l’être à la place d’un autre, c’est de l’élitisme ponctuel (fort heureusement). Mais ce sentiment reste plus de la déception plus que de la colère. La preuve, vous allez tenter de le partager. Chose que les élitistes ne feront pas parce que c’est trop intellectuel pour les gueux.

Un mépris manifeste que les élites expriment sans honte ni reproche, surtout envers les malheureux débutants qui osent les déranger. D’ailleurs, ils ne se font pas prier pour leur rappeler quel sont leur place. Ce qui ne fait pas très plaisir aux nouveaux fans qui se font « baptiser » de manière humiliante.

Des raisons potentielles

 

Mais alors pourquoi les élitistes tiennent tant à protéger leurs animes ? Déjà, pour une question de légitimité. La plupart des élitistes possèdent une longue expérience derrière eux : ils ont vu des animes récents, anciens, excellents, merdiques. Ce qui leur donne donc un sacré bagage pour les argumentations contre les nouveaux qui croient que OPM est le meilleur anime de tous les temps. En recadrant ces personnes, les élitistes légitiment leur influence.

Cette ancienneté se manifeste aussi dans les moyens de diffusion qu’ils ont pu croiser dans leur vie.  Dans les années 2000, le simulcast n’existait pas et on devait se démerder sur des sites comme Hinata Online avec des fansubs hasardeux sur Rutube. Aujourd’hui, nous avons accès à un catalogue d’animes très conséquents et les jeunes ne mesurent pas à tel point ils ont de la chance. Ce qui irrite les anciens parce qu’avant, c’était la guerre.

Enfin, les élitistes possèdent moins de temps à consacrer aux animes. En conséquence, pour rentabiliser le temps au maximum, ils effectuent une sélection. Ces choix peuvent dérouter ceux qui ont plein de temps libre.

Par conséquent, les élitistes prônent une industrie noble. Le problème, ce sont leurs méthodes plus que discutables. Entre les jugements de gouts, les injures et les questions d’égo, les élitistes possèdent leur clique et les nouveaux ont intérêt à se plier à leurs règles. Ce qui n’est ni très persuasif ni très encourageant.

Les weeaboos

De l’autre côté du spectre des fans d’animes, on retrouve les weeaboos. Un weeaboo se définit comme une personne passionnée par la culture otaku. Jusque-là, rien d’anormal. Cependant, leur passion est telle qu’elles essaient de devenir japonaises. Elles tentent de parler japonais et se comportent comme les autochtones à partir de ce qu’elles voient dans les animes.

Les weeaboos idéalisent tellement la culture japonaise (ou de ce qu’ils croient être la culture nippone) qu’ils en renient leur culture d’origine. En plus de tourner le dos à notre culture française, ils snobent ceux qui ne s’intéressent pas au Japon. Alors qu’eux-mêmes n’ont qu’une connaissance superficielle de leur pays de cœur. 

Le plus ironique dans tout ça, c’est que certains d’entre eux pensent tout connaître de la japanimation. Du coup, ils se permettent de juger les animes que les autres ont vu. Quand bien même ils n’ont pas une culture de fou. On arrive à des situations improbables où ces fans crachent sur les autres alors que leur argumentation frôle le zéro.

Alors ce que l’on ne peut pas dire, c’est que les weeaboos ne soient pas des fans passionnés. Bien au contraire, ils restent ceux qui n’hésitent pas à hurler au monde entier leur engouement envers les animes. Que cela soit sur les réseaux sociaux ou dans la vraie vie, ils répondent à l’appel. Ce qui, en soi, reste bienvenu et encouragé.

Même si là, c’est carrément trop.

Alors qu’est-ce qui cloche ? Pour rester franc, la généralisation et le manque de respect. Cela ne choquera personne : les animes reprennent des éléments de la culture nippone. Mais cela reste des fragments de culture souvent très romancés.

Par conséquent, quand des gens racontent des inepties et que le Japon défonce les autres, on limite leurs ardeurs. Parce que voir des gens raconter n’importe quoi, cela ne donne pas une image de la communauté envers le grand public. Déjà que la communauté reste obscure et malaisante pour moments, ce n’est pas le moment d’en rajouter. Mais est-ce qu’on peut leur en vouloir ?

Oui, le premier voyage au Japon reste un événement pour n’importe qui. Mais de là à idéaliser le pays, on se demande si elle redescendra sur Terre un jour. Parce que les défauts n’épargnent pas le pays du soleil levant, entre les problèmes sociétaux et géopolitiques. S’y rendre de temps à autre, pourquoi pas ? Y vivre reste autre chose.

Dans le fond, on a tous été weeb plus ou moins durant notre existence. Du coup, est-ce que les weeaboos peuvent être des fans hardcores respectueux ? Je pense que oui.

Les antifans

Mais les élitistes et les weeaboos restent gentils à côté des fans les plus cancer qui puissent exister : les antifans, qui n’ont de fans que le nom. Parce que ce sont des personnes fans à un niveau malsain. On en croise pêlemêle sur Internet entre ceux qui achètent des milliers d’albums, qui collectionnent tous les goodies possibles et imaginables d’un personnage ou qui savent tout sur un/une seiyuu.

Jusque-là, on pourrait se dire que c’est malsain, mais sans plus. Après tout, ils ne font rien de mal, hein ? Eh bien, les incidents qui impliquent des fans pullulent sur Internet. Si vous vous intéressez par ces histoires, allez consulter Google. Pour cet article, on se limitera à un seul exemple : celui de Tanaka Rie.

Quelques rôles qui la bougresse a fait

Tanaka Rie est une seiyuu très connue, qui a notamment interprété Chii de Chobits et Maria de Hayate no Gotoku. En 2013, lors d’un événement promotionnel, un homme armé d’un couteau a tenté de l’agresser. Heureusement, la sécurité arrive à vite maîtriser l’assaillant. Plus de peur de mal… en apparence.

En effet, Tanaka Rie souffrira de détresse émotionnelle et limitera ses activités professionnelles. De plus, elle fermera ses comptes sur les réseaux sociaux ainsi que son fan-club. Ce ne sera qu’en 2016 qu’elle refera une apparition publique.

Cet exemple montre les conséquences des actes de ces “fans” pour des raisons stupides en plus. Car selon l’enquête, l’individu aurait voulu tuer Tanaka parce qu’elle s’était mariée avec Yamadera Koichi, un autre seiyuu (à ce jour, ils ont divorcé NDLR). Une raison vraiment stupide, mais qui dévoile les différences entre les fans occidentaux et asiatiques.

Quand nous, occidentaux, apprenons le mariage d’une star, on se montre heureux ou attristé et cela s’arrête (souvent) là. Car notre relation avec ses personnes reste profane. On s’intéresse plus à leur travail qu’à leur vie privée, où ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Et puis, plusieurs milliers de kilomètres séparent la France et le Japon. Donc pour aller chercher la merde avec eux, une sacrée détermination reste requise.

Alors qu’en Asie, les relations fans-artistes s’approchent du sacré : les seiyuus ne doivent pas briser les espoirs des fans. Dans le monde des idols, vous connaissez sûrement la loi de l’amour, qui leur interdit des relations amoureuses.

Eh bien, cette règle s’est répandue dans le monde des seiyuus (qui ressemble de plus en plus à celui des idols). Si par malheur quelqu’un vient à enfreindre cette loi, une lourde sanction tombe de la part des fans. On parle de menaces de mort, d’incinération de figurines ou de CD ou de tentatives d’agression. Des incidents qui font régulièrement la Une d’Anime News Network.

Encore heureux qu’il existe des situations comme ça

CONCLUSION

 

La communauté otaku reste, malgré les années qui passent, une des plus passionnés qui existe. Ce qui en fait l’une des divertissantes à suivre avec les discussions et les microguerres qui anime le fandom.

Cependant, certains de ses membres gâchent le plaisir des autres dans la communauté. Entre les insultes, l’arrogance et les menaces, ces personnes ne méritent pas d’appartenir au fandom. D’ailleurs, ils se font rapidement conduire vers la sortie. Parce que déjà que la communauté n’a pas une image de fou, autant de ne pas aggraver les choses.

Du coup, que faire quand on croise des gens comme ça ? La méthode habituelle :

  • Discussion pour essayer de le ramener
  • Exclusion s’il veut ne rien entendre

Simple, rapide, efficace.  

Partager l'article
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.