Pourquoi les animes sont aussi populaires dans le monde ?

Fandom L'industrie des animes
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Je ne sais pas pour vous, mais personne dans mon entourage n’est un gros fan d’anime. Le genre de personne avec laquelle je pourrais discuter des heures. Je me sens un peu seul dans mon monde remplis de waifus et de mechas. Alors que pourtant, des fans d’animes dans le monde, ce n’est pas ce qui manque.

Et nous, français, pouvons en témoigner. Avec nos 15 millions de mangas vendus, deuxième plus gros total derrière le Japon. Ou encore avec l’une des plus grosse convention du monde, la Japan Expo et ses 240 000 visiteurs l’an dernier. La culture otaku attire énormément de monde et pas que les jeunes. Le lectorat des mangas s’est diversifié : on est loin de l’époque où Naruto régnait en seul maître.

Qui dit beaucoup de monde, dit beaucoup d’argent. En 2017, l’industrie a dépassé le palier des 200 trillions de yens engrangés. Soit 15 milliards d’euros. Vous l’aurez compris, la japanimation est devenue une industrie puissante et très populaire. Ce qui impose le respect.

Pourtant, ils sont très loin de faire l’unanimité. Dans la plupart des pays où ils ont été exportés, les critiques se rejoignent. Considérés comme violents et abrutissants, beaucoup ont fini par répugner le média. Il faut dire que l’animation, en Occident, c’est par tradition réservé aux enfants. Et les habitudes ne disparaissent pas aussi facilement. Du coup, quand ils voient leurs ados devenir fous pendant un combat de One Piece, ça les atterre. Et incrédules, ils se demandent pourquoi ces dessins animés plaisent autant à leurs progénitures.

Mais si vous faites partis de ces parents (ce qui m’étonnerait), je suis là pour vous aider. A travers ces 3 points, je vous expliquer pourquoi les animes sont aussi populaires. dans le monde entier

Les animes sont accessibles à tous

 

En France, c’est bien connu que les animes ont une histoire … très compliquée. Je ne vais la raconter en entier : vous la connaissez tous (plus ou moins) #ClubDo. Même s’ils ont fini par revenir dans les années 2000, les fans se désespérèrent de l’offre. A la fois limitée de sa quantité, les fans devant se contenter des rares sorties en VHS ou à la télé. Et de sa diversité : les shonens nekketsu et les shoujos romantiques pullulaient et difficile de se faire une place autour.

Cependant, une révolution technologique va changer la donne : Internet. Jusqu’alors, le web était un média naissant et réservé à un public très restreint. Les fans se sont alors empressés de le coloniser pour créer un vaste espace d’échange.  Les animes et les mangas, traduits par leurs soins, se répandaient comme un raz de marée. Malgré les limitations techniques de l’époque. Le fansub et le scantrad étaient nés.

Anime-Ultime, l’un des survivants de cette ère

Avec les éditeurs pros commençént à avoir une offre de plus en plus conséquente, le fansub et le scantrad commencent à tomber aux oubliettes. Du moins, il a été remplacé en grande partie par le rip. Ou la mise en ligne des épisodes déjà traduits par les pros . Alors pourquoi le streaming illégal continue de perdurer ?

Pour une raison très simple : son prix, qui est inexistant. Et cet avantage est loin d’être sans conséquences. Avec une simple connexion Internet, il est possible d’accéder à une médiathèque quasi-infinie et gratuite. Ce qui a permis à des millions de personnes de se créer une culture “animesque” à moindre frais et sans les contraintes matérielles des distributeurs. Aucune boîte pour licencier votre œuvre favorite ? Aucun problème, des sites sont là pour vous le proposer.

Mélangé à cela, le bouche à oreille. Les forums et les réseaux sociaux restent les plateformes de partage privilégiés. Débarrassé de la contrainte physique, partager un anime est beaucoup simple : un simple lien suffit. De plus, les spectateurs peuvent recommander leurs séries. Toujours gratuitement et avec simplicité.

Aujourd’hui, Reddit s’est ajouté aux forums et autres Facebook en terme de plateformes d’échanges

L’apparition d’Internet a permis de diffuser la culture otaku à une échelle très large. Dans ce média, l’animation s’affranchit de nombreuses contraintes. Notamment économique et matériel. Ce qui la rend accessible aux publics du monde entier. Qui a pu se rendre compte du potentiel du média animé. Des œuvres qui s’adressent à des publics divers, des enfants aux adultes.

Mais le public majoritaire de l’animation japonaise reste celui qui a adopté Internet dans le moindre aspect de la vie quotidienne. A savoir les adolescents et les jeunes adultes. Ce sont ceux qui occupent le plus de temps dessus et qui connaissent ses ressorts. Des mécanismes qui ont fini par déteindre sur leur manière de consommer les animes.

Un média qui s’est parfaitement adapté à Internet

 

Avec l’apparition d’Internet, tout le monde peut accéder à une montagne d’informations. Une TRES GROSSE montagne d’informations. Pour faire le tri entre ces informations, les moteurs de recherche se sont vite montrés indispensables.

En parallèle, le nombre d’animes diffusés augmentent d’année en année. Et pour s’y retrouver, les fans utilisent naturellement les moteurs de recherche. Seulement, quand nous effectuons une recherche sur Google, on saisit qu’un faible nombre de mots-clés. Ce qui augmente la vitesse de la requête. Pour profiter de ce système, les animes ont été résumés à quelques mots. Des mots qui désignent souvent le genre et ses caractéristiques.

Par exemple, Death Note passe de :

« Light Yagami, un lycéen banal, trouve un mystérieux cahier. Il s’agit du Death Note, un cahier qui tue quiconque dont le nom est inscrit. Light va donc utiliser son Death Note pour devenir Dieu. »

à

 « Shonen, Thriller policier, Mystère, Psychologique, Surnaturel » (selon MAL)

Un gain de temps et de mots, sans trop dénaturer l’œuvre. Cependant, cette classification par genre n’est pas propre aux animes. Le cinéma et la littérature l’utilisent aussi et depuis longtemps.

En revanche, contrairement à ces deux médias, les animes ont appliqué cette même simplification aux personnages. Ils ne sont plus décrits par leur caractère ou leur évolution dans le récit. Mais par des termes créés par les fans. Par exemple, on pourrait dire que Taiga Aisaka (Toradora) est une fille de petite taille très agressive, mais qui cache un cœur tendre. Ou bien qu’elle soit une tsundere. Dans les deux cas, la description reste juste. Mais dans le second, elle est plus courte.

Avec cette décomposition en mot-clé, chaque personnage et scénario se retrouve être qu’un assemblage d’éléments. Pour créer un anime, il suffirait alors de piocher et d’assembler ces divers « clichés ». C’est pour cela que lorsqu’un anime rencontre un énorme succès, attendez-vous à ce qu’il soit décomposé au peigne fin. Afin de dégager les éléments de son succès.

Une fois cela fait, les fans attribuent à ces éléments un nom et regardent rétrospectivement s’ils existaient déjà. C’est de ce manière que des nouvelles tendances se dessinent, comme l’isekai ou le moe. Deux choses qui existaient déjà mais rendus populaires grâce à SAO et K-ON.

Ce phénomène montre que les animes n’ont plus nécessairement besoin de scénario. Comme chacun met ce qu’il souhaite dans la recette, l’intérêt de chacun d’entre eux ne peut pas être jugé de manière identique. Traditionnellement, on a tendance à se fier au scénario. Mais comment peut-on juger les œuvres qui n’en ont pas ? Cela signifie qu’ils n’ont aucun intérêt ? Si on garde cette référence, la japanimation ne serait pas bien intéressante.

Or, comme vous le savez, il existe tout un tas d’animes très intéressants. Et pas forcément pour leur scénario. Pour compenser cela, ils s’appuient sur d’autres éléments comme les personnages, l’univers, le graphisme entre autres. Du coup en réaction à la dictature du scénario, les fans ont fini par juger les œuvres en fonction UNIQUEMENT du contenu proposé. Pas de scénario ? C’est pas grave, profitons des personnages à la place.

Cet exemple montre que les fans possèdent une énorme contribution dans l’industrie. Avec l’effet de masse, ce sont eux qui créent les tendances et qui les perpétuent. Montrant que la frontière entre les créateurs et leurs fans n’est pas bien épaisse.

La frontière artiste/spectateur est mince

 

En décomposant chaque élément d’un anime, les fans ont fini par les rendre indépendants les uns des autres.  Notamment les personnages, qui ont fini par s’affranchir d’une raison d’être par le scénario. Résultat : le but n’est plus d’avoir le personnage le plus intéressant, mais le plus attachant possible. Une tâche facilitée par les éléments d’attractions citées précédemment.

Ces personnages attachants, féminins ou masculins, ont fini par séduire le public. Ce qui était un peu la réaction attendue. Ce qui l’était moins, c’est l’implication de certains fans très dévoués. A force de s’attacher à ces personnages, ils ont fini par vouloir les mettre en scène dans des situations inédites. Et ainsi sont nés les œuvres issus de fans : doujinshis, fanfictions, fanarts entre autres.

Cependant, ces nouvelles œuvres posent tout un tas de questions concernant la propriété intellectuelle. Les doujins et fanfics reprennent l’univers ainsi que les personnages de l’œuvre originale. On ne peut pas donc parler d’inspiration puisque tout est repris à l’identique, hormis le scénario. De ce fait, on ne peut pas crier au plagiat, du moins pas entièrement.

Pour encadrer ces problématiques, chaque Etat fixe la question selon leur propre législation. En France et aux US, les créateurs doivent demander une autorisation d’exploitation au détenteur de la licence en question. Donc, si vous voulez écrire un fanfic d’Harry Potter, le détenteur des droits, Warner,  doit vous y autoriser. Bien sûr, dans les faits, les histoires issues de l’oeuvre de J.K Rowling se multiplient comme des champignons. Ce qui est loin de ravir Warner Bros, qui n’hésitent pas à attaquer les créateurs.

Au Japon, la législation pour la PI reste la même que celle de ses compères occidentaux. Sauf que les compagnies japonaises n’interviennent presque jamais. Pourquoi ? Parce que les travaux amateurs permettent de repérer les tendances du marché.

Plus une licence est reprise par les artistes, plus elle est populaire. Faisant une énorme pub à la licence. De plus, les compagnies ont tout intérêt à proposer des œuvres proches pour satisfaire à la demande d’un public cible. Ayant tout à gagner de ces travaux, les compagnies nippones tolèrent voire encouragent ces travaux.

Grâce à cette tolérance, les auteurs, cosplayeurs, dessinateurs japonais (dans un premier temps) ont fait exploser leur créativité. Etant de plus en plus nombreux, une convention a fini par voir le jour : le Comiket. Qui aujourd’hui reste la convention la plus fréquentée du monde. Quel cela soit pour les visiteurs ou les exposants. Avec la généralisation d’Internet, cette tradition de la création amateure s’est répandue dans le monde entier.

En laissant faire les amateurs faire leurs œuvres, l’industrie a eu le nez creux. Car avec ces travaux de passionnés, les fans pouvaient exprimer leur amour pour un anime. Et aussi, tous leurs talents créatifs. Les plus déterminés offrant des doujins, fanarts ou cosplays de très haute qualité. Certains à faire pâlir les professionnels.

Comme le montre cette compilation de dessins issus de pixiv

Ce qui amène la création d’un aspect communautaire. Pour pouvoir mener des projets ambitieux, des équipes appelés cercles se constituent. Ces cercles, avec les réunions de fans au sein d’un projet commun, contribuent à la socialisation de ces derniers.

Cette dynamique sociale est interne, mais aussi externe. A force d’exposer ses travaux sur les réseaux ou en convention, on finit par entrer en contact avec d’autres personnes. Certaines sont elles aussi amateures et cela permet nouer des liens. Tandis que d’autres sont des professionnels, parfois issus de grosses compagnies.

A partir de ce moment, le rêve de certains amateurs se réalise : devenir professionnel. Et les exemples connus ne manquent pas. On pourrait CLAMP qui écrivait des doujins yaoi de Jojo avant de se faire repérer. Ou encore Type-Moon qui sortiront Fate et Tsukihime. Sans compter les illustrateurs qui se font dénicher grâce à leurs travaux sur pixiv. Ou encore les cosplayeurs et les photos partagés plusieurs centaines de fois.

Avec Internet, la possibilité de passer pro est plus palpable. Cela en fait rêver beaucoup et ce n’est pas si compliqué que ça. Hormis qu’il faut fournir beaucoup d’efforts. Mais les prétendants sont nombreux et déterminés. Motivés par cet objectif, ils s’entraident et ça, c’est beau.

Conclusion

 

Bien que les animes aient mauvaise presse, ils sont de plus en plus populaires dans le monde entier. Un véritable tour de force d’un média venant d’un pays de l’autre bout du monde. Si on peut expliquer cela par un style reconnaissable ou des thèmes parlants, cela oublie un aspect fondamental. Et à mon sens, le plus important.

Si les animes sont aussi populaires, c’est grâce aux fans tout simplement. Dès les débuts d’Internet jusqu’aux passionnés partageant leurs travaux, nous avons porté cette industrie à nous seuls. Les studios d’animation en sont la meilleure preuve. Malgré les salaires de misère, les animateurs restent toujours là pour faire éclater leur talent. Et bien qu’ils soient moins nombreux, d’autres passionnés suivent leurs pas. Que cela soit avec des dessins, des cosplays ou des scénarios, tout semble permis et sans limite pour ce média que l’on aime tant.

Surtout depuis que l’opportunité de passer pro et de vivre de sa passion n’a jamais semblé aussi proche. Bien sûr, cela nécessite des efforts et des sacrifices. Mais pour les plus déterminés, toucher du doigt ce rêve est tout à fait envisageable. Un motif d’espoir et aussi une formidable preuve de l’ouverture de la communauté. Qui est ravie d’accueillir de plus en plus de nouveaux adeptes.

Et vous, pourquoi vous aimez les animes ?

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Database d'anime, de seiyuu et d'opening sous forme humaine. Joueur de LLSIF à ses heures perdues. Trouvable sur Twitter (@RequiemForFemto) et MAL (xxxPhantom).

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