Les premières impressions – Animes de l’été 2017

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Anime summer 2017

 

Les animes de l’été ont commencé et maintenant, il est temps de voir ce qu’ils valent. Il s’agit d’impressions plus ou moins à chaud des premiers épisodes. Donc il est fort probable qu’ils changent pendant la diffusion des animes. Néanmoins, je ne les suivrais pas tous jusqu’au bout : il y en beaucoup trop et ils ne sont pas tous intéressants. Mais dans cette première partie, ils s’agit des animes que je visionnerais sûrement jusqu’à la fin.

Katsugeki/Touken Ranbu (Episode 1 et 2)

L’un des animes les plus hypés de la saison notamment grâce au nom de son studio, ufotable. Studio qui n’a pas failli à sa réputation : les arrières plans sont très beaux et rempli de détails. Le chara design est caractéristique du studio : c’est à dire des visages minimalistes et assez plats. La 3D est très visible mais s’intègre assez bien dans l’image.

Le scénario est très simple à comprendre. En gros, il s’agit de Kunihiro et Kanesada qui sont envoyés en mission dans le Japon féodal pour lutter contre l’Armée de Rétrogradation du Temps. Seul problème : le voyage dans le temps, l’anime s’en fiche pas mal. Même si Konnosuke (leur familier) donne des références temporels, l’Armée n’est pas une organisation dirigé par X personnes. Il s’agit plus de monstres qui apparaissent aléatoirement et qui se dresse devant nos héros. Du coup, le voyage dans le temps aurait pu ne pas exister, ça aurait la même chose.

Ce qui aurait arrangé tout le monde. Car tel quel, cela crée des grosses incohérences. Par exemple, le groupe arrive à accomplir la mission et disent que l’Histoire n’a pas été changée. Et les dizaines de soldats morts dans tout ça ? Parce que je doute que les gens ne se posent pas de questions sur leurs morts pour le moins mystérieuses.

Le duo de protagonistes fonctionnent bien car la mécanique est répandue. D’un côté, Kunihiro est réfléchi et enclin à ses poser des questions, c’est d’ailleurs grâce à lui que l’on découvre l’univers. De l’autre côté, Kanesada est le samouraï bourru, qui est là pour obéir aux ordres de son maître, rien d’autre. Ils ont le même but avec deux visions différentes mais complémentaires. Donc cela donne une relation intéressante avec deux points de vue. On peut le voir lors de la scène où le village s’enflamme : Kunihiro voulant aider la population tandis que Kanesada s’en fiche parce que ce n’est pas son travail. 

L’anime essaie de rendre ses héros badass. Mais on est dans Touken Ranbu, donc ils sont plus … beaux que badass. Ce qui fait qu’on a du mal à y croire, même s’ils défoncent des monstres. A voir ensuite s’ils vont gagner en profondeur.     

Gambling School

Kakegurui (Episode 1 et 2)

Dans l’académie Hyakkou, l’argent, c’est le pouvoir. Ses étudiants ont pour tradition de jouer aux jeux d’argent (poker, roulette) : officiellement, cela permettrait de cultiver leurs talents managériaux, eux qui seront amenés à diriger des entreprises. La règle est simple : vous êtes riche, vous êtes puissant ; vous êtes pauvre, vous n’êtes rien. Et c’est dans le deuxième cas que se trouve Ryouta Suzui. Après avoir perdu contre Mary Saotome, il porte le nom de Pochi, que l’on donne généralement pour les chiens et est traité comme tel. Malheureusement, pour lui, gagner de l’argent nécessite d’en parier. Ce qui est difficile à faire quand on en n’a plus. Alors qu’il pensait son sort scellé, une nouvelle étudiante débarque : Yumeko Jabami.

Un personnage à l’apparence innocente mais qui cache une redoutable joueuse. Les épisodes montrent d’abord son côté normal : une fille jolie et un peu naïve sur les bords. Cependant, c’est avant les jeux, dont les règles sont très simples. Ce qui permet une implication totale du spectateur, qui se demande ce qu’il aurait fait à la place de Yumeko. La mise en scène est oppressante : pièce sombre, spotlights. Tout est là pour étouffer le spectateur et mettre de la pression. Cette excitation est non seulement partagée par le spectateur mais également par Yumeko elle-même. On comprend alors comment elle peut se mettre dans des états pareils pour un simple jeu. La conclusion du premier est un peu confuse, car même si on l’explique, on a du mal à croire qu’elle est pu gagner de cette manière.

Point qui s’arrange dans le deuxième, où il n’est nullement question de chance. Mais l’implication est moins intense que le premier alors que les mises sont plus élevées. Parce que l’ordre des événements est le même que dans le premier. Ce qui donne un sentiment de déjà-vu qui peut être désagréable. Mais des nouveaux éléments sont introduits notamment le contexte de l’école pour diminuer ce sentiment.

Suzui est le personnage dans lequel on s’identifie. C’est de son oeil que l’on va vivre les jeux de Yumeko. Ses réactions se rapprochent beaucoup de celles des spectateurs, entre la peur, ses réflexions et la raison, le rendant attachant. Par contre, son rôle se limite à ça, ce qui dommage. Parce qu’on pourrait penser à se qu’il devienne le garde-fou de la jeune femme, mettant une relation de réciprocité entre les deux. Car pour l’instant, on sait ce que pense Suzui de Yumeko mais pas l’inverse.   

Autre chose qui risque de vous faire sortir de l’anime : les expressions faciales des personnages. Elles sont tellement exagérées que ça en devient ridicule. Et le pire, c’est que les autres personnages ne semblent pas les remarquer. Ce qui indique qu’elles sont destinées aux spectateurs et que l’anime brise le 4ème mur. Ce qui se prouve quand Mary s’adresse directement au spectateur vers la moitié du premier jeu. En dehors de ça, cela permet (si on y croit) de montrer le côté archi-dominateur ou désemparé des personnages.

Les jeux sont prenants, les personnages sont fascinants et les mystères qui tournent de Yumeko sont intrigants. Bref, à voir et à suivre.

Fate Apocrypha

Fate/Apocrypha (Episode 1 et 2)

Anime au scénario inutilement compliqué. Beaucoup d’éléments sont introduits dans le premier épisode : le contexte, les forces qui s’opposent, les personnages. Tout ça dans un rythme assez lent, ce qui n’aide pas à attirer l’attention du spectateur. Alors oui, il y a une scène d’action mais c’est avant les explications donc on comprend rien. En plus, elle n’est pas exceptionnelle : ça se limite à du défonçage de squelette.

Donc, l’histoire suit Sisigo, un nécromancien qui est missionné par l’Association des Mages. Son objectif est de récupérer le Saint Graal, qui serait détenu par Darnic Yggdmillenia. En effet, Darnic aurait volé le Saint Graal lors de la guerre de Fuyuki 60 ans plus tôt. Fort de cela, il a effectué des alliances avec d’autres familles de mages pour augmenter en force de frappe. Force qui sera très utile lors de la Guerre, qu’il déclare à l’association des Mages. Cette Guerre sera déroulera à Trifas.  Chaque camp aura sept servants, qui combattront avec leur Masters.   

Dit comme ça, on a l’impression que c’est un match de CS;GO ou de LoL : deux équipes de 7 personnages qui s’affrontent dans une arène (en l’occurrence, une ville). Ce qui diffère légèrement de l’ambiance d’une guerre. Une guerre, c’est censée être cruelle, sans pitié : tous les coups sont permis. Alors si Darnic souhaitait renverser l’Association, pourquoi n’avoir pas fait un coup de pute (genre une attaque surprise) ? Parce que là, ça rend les Yggdmillenia noble (alors que ce sont les méchants).

Des libertés ont été prises par rapport à l’univers original mais cela dessert la narration. Dans l’anime, il est dit que si 7 servants appartiennent à la même faction, 7 autres servants sont invoqués. Dans ce cas-là, ça aurait plus malin d’en invoquer qu’un seul, vu qu’un servant est capable d’exterminer des dizaines de mages expérimentés. Puis ensuite, de lancer une attaque surprise dans le QG de l’Association et de massacrer les mages. Ou deuxième option, invoquer 6 servants sur 7 et laisser le dernier à l’adversaire pour faire un 6 contre 1. A croire que les méchants sont trop « grand seigneur » ou arrogants. A tel point de cela met inutilement leur plan en danger alors que c’est largement évitable.

Deuxième liberté prise : l’apparition de Ruler, qui est notre Jeanne d’Arc nationale. Servant qui a pour mission de superviser la Guerre. Et qui, au final, ne sert à rien … pour l’instant. L’anime a, à peine, introduit le personnage que Kotomine veut la buter. Un coup de pute de Kotomine, on n’avait jamais vu ça ailleurs. Surtout que c’est lui qui est censé dirigé la faction des gentils mais Sisigo ne lui fait absolument pas confiance et refuse de collaborer avec les autres Masters. Autres Masters qui sont les seuls à laisser traîner leurs Servants en liberté (ils n’ont vraiment peur de rien). Vu que la faction n’a aucune cohésion,  on n’a pas vraiment envie de les encourager (alors qu’en face, les méchants n’ont pas l’air si méchants).   

Dernière chose : le déroulement de la Guerre, On nous dit qu’une fois qu’une des factions sera éliminée, les membres de la faction restante devront s’entretuer pour avoir le Graal. Donc, à quoi ça sert de se battre en équipe si à la fin, il faut tuer tout le monde ? Si chacun sert son intérêt propre, ça ne change rien d’une Guerre classique, à part le fait qu’il y ait plus d’ennemis. Cela rend tout ce qui est mis en place inutile. Une alternative aurait été que chacun invoque un servant dans son coin et que des alliances se forment après pour combattre ensemble. Soit ce qui se passe dans tous les autres Fate sauf celui-ci.

On est qu’à l’épisode 2 et les trous de scénarios qui sont déjà énormes. Inquiétant pour la suite.

 

Restaurant to Another World

Isekai Shoukudou (Episode 1 et 2)

Ou « qu’est-ce qui se passerait si des créatures fantastiques goûtait notre cuisine ? ». Le bestiaire est classique mais cela permet de voir que le restaurant attire un public varié. Mage, dragon, reptile, tous sont unanimes sur la cuisine du chef. L’introduction de l’anime est également très bien vue et intelligente.

Sinon, on est sur un anime feel good sans prise de tête. Le décor du restaurant est assez austère mais ça permet d’instaurer une ambiance feutrée, toute en retenue. Le chef est un personnage charismatique : il sait se faire respecter mais il a un côté attachant. Il possède un côté paternel qu’il manifeste devant Aletta, une démone qui vit dans la rue. Son passé fait que c’est difficile de ne pas s’attacher à elle. Le chef (par pitié) décide de l’engager et de lui faire découvrir le monde humain. 

Avec ce grand nombre de personnes, l’anime arrive à développer son univers fantastique où le restaurant constitue le paradis. Le passé des personnages est expliqué à travers les plats qu’ils goûtent. Plats qu’ils trouvent délicieux (et on n’en doute pas une seconde). Leurs réactions sont très mesurés : elles ne sont pas dans l’exagération (comme dans Food Wars).

Cependant, c’est un anime « détente » mais il y a certains points d’ombre. Déjà, les portes menant au restaurant sont nombreuses et parfois, dans des coins perdus. C’est d’ailleurs grâce à ce point qu’Aletta rencontre le chef. Et le pire, c’est que les portes restent ouvertes : pratique quand des intrus veulent entrer. Mais en général, ce sont des personnes bienveillantes qui découvre le lieu par hasard.

Un animé qui détend mais qui entretien le mystère. 

NTR

Netsuzou TRap (Episode 1)

Dans la preview, j’avais souligné le faible nombre de chapitres que comptait le manga. Pour palier à ce manque, l’anime a opté pour la solution suivante : faire des épisodes de 10 mins. Et ça marche plutôt bien. Le mise en place est faite de manière rapide et claire: on comprend immédiatement ce qu’il se passe. Yuma et Hotaru sont deux amies qui sortent ensemble alors qu’elles ont chacune un copain. Plus simple, tu meurs. D’ailleurs, le studio ne s’est pas cassé la tête : un épisode = un chapitre. Ce qui permet à l’anime de savoir où il va sans que le rythme en pâtisse.

Parce qu’avec des épisodes de 25 mins, on se serait ennuyé rapidement. En dehors du fait que les deux filles « sortent ensemble », c’est d’un déjà-vu atomique. Ce qui fait que les scènes vraiment intéressantes sont celles où elles sont toutes les deux. Les scènes de fan service sont amené de manière brutale, mais font preuve d’une certaine retenue : ça en fait un peu, mais pas trop.

Niveau réalisation, on sent que ça était fait avec un petit budget. L’exemple le plus flagrant est l’opening. On peut y voir certains plans originaux et un peu travaillé avec d’autres qui sont des images fixes. L’anime contient beaucoup de gros plans, ce qui permet de montrer les émotions des persos mais c’est aussi de l’animation moins compliqué à faire. 

Après, l’anime marche beaucoup sur le fantasme. Si le yuri ou le NTR n’est pas votre truc, vous allez certainement détesté cet anime. Mais à défaut d’avoir fait preuve d’originalité, l’anime a misé sur l’efficacité … avec succès.    

Vatican Miracle Examiner

Vatican Kiseki Choukasan (Episode 1)

Qui est dans la logique du « plus, plus, plus ». Beaucoup trop de personnages sont introduits dès le premier épisode. Entre les prêtres, les soeurs, les étudiants et les auxillaires, pas moins de 20 personnages sont présentés. Comme on est dans un anime d’enquêtes, ça brouille les pistes mais pas sûr qu’on se rappelle d’eux à l’épisode suivant.

Pour rappel, on suit Nicholas et Ko, deux enquêteurs du Vatican, qui étudie les miracles et autres malédictions. Pour cette première mission, ils sont envoyé au Mexique pour enquêter sur Anna Dolores, une soeur qui serait tombée enceinte d’un enfant divin (comme Marie). En parallèle, ils en profitent pour enquêter sur l’école, en proie des rituels satanistes. Même si certaines pistes concrètes sont évoqués, on n’a jamais le fin mot de l’enquête alors que les personnages semblent l’avoir. On sent qu’ils savent quelque chose mais ne le disent jamais : ce qui frustrant. Ce qui ne serait pas dérangeant si c’était le seul truc bizarre qui se passe. D’autres événements tout aussi étranges s’accumulent, sans qu’on soit plus avancés. L’anime est assez confus : il veut tout nous présenter mais de manière très rapide. La quantité d’information et (surtout) le manque de lien entre elles génère beaucoup de confusion.

Les personnages restent dans une dynamique classique : collaborateurs mais opposés dans leur spécialité. Nicholas est le prêtre archiviste tandis que Ko est le prêtre scientifique. C’est d’ailleurs surtout grâce à lui que l’enquête avance : Nicholas occupe donc une rôle plus en retrait. Qui se prouve en comparant les histoires des deux personnages. Celui de Ko est bien plus fourni que celui de Nicholas, dont on ne sait rien au final. Petite facétie des créateurs : le fan service parce que … reasons.

Graphiquement, c’est pas trop mal même s’il fait toujours sombre. Ce qui accentue le malaise des situation. Par contre, le 3D est très moche. Elle se voit à des kilomètres, ce qui gâche certaines scènes, notamment la dernière de l’épisode.   

Lien vers la seconde partie (Koi to Uso, Altair, Isesuma, Gamers, Hajime no Gal) à venir

Database d'anime, de seiyuu et d'opening sous forme humaine. Spécialiste en industrie anime/manga. Joueur de LLSIF à ses heures perdues. Trouvable sur Twitter (@RequiemForFemto) et MAL (xxxPhantom).