Les premières impressions – Animes de l’été 2017 (partie 2)

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Lien vers la première partie (KTR, Apocrypha, Kakegurui, NTR, Isekai Shoukudou, Vatican)

Love and Lies

Koi to Uso (Episodes 1 et 2)

Que je ne vais pas énormément détaillé puisque j’ai déjà donné mon avis dessus. Donc au risque que de me répéter, je suis la parution française de ce manga, qui a ses atouts et ses gros défauts.

L’histoire met en scène Yukari Nejima, un lycéen né dans l’époque de la loi Yukari. En effet, pour lutter contre la dénatalité, le pays décida d’organiser des mariages arrangés dans tout le pays. A l’âge de 16 ans, chaque jeune reçoit un message du gouvernement qui leur révèle leur futur conjoint.  Les mariages sont facultatifs. Cependant, il est démontré que les couples étaient plus heureux et que la jeunesse avaient de meilleurs performances. Il est donc mal vu de refuser l’offre, surtout que des pénalités peuvent tomber. Non pas des amendes mais un rejet social, soit difficultés à trouver une école ou un emploi. Le temps passant, la valeur du mariage a tellement augmenté qu’il est inconcevable d’aimer une personne autre que celle-ci. 

Ce contexte n’arrange pas du tout Yukari, qui est amoureux de Misaki Takasaki. Voyant son 16ème anniversaire arriver, il décide d’aller lui déclarer sa flamme. Et à sa grande surprise, Misaki est elle aussi amoureuse de lui. Malheureusement pour eux, Yukari passe la barre des 16 ans. Et le gouvernement n’attend pas pour lui annoncer le nom de sa future femme : Ririna Sanada.

Avec ce résumé super long (et c’était le strict minimum), l’anime a réussi à planter le décor assez rapidement. Par contre, l’histoire d’amour entre Misaki et Yukari est d’un cliché. On a de la peine à le croire tant ça part d’absolument rien. Du coup, on sent que c’est juste un moyen de dire « ils s’aiment, c’est le principal ». C’est pour ça que Misaki n’est pas un personnage si intéressant que ça. Attention, elle est loin d’être insupportable. Elle a la tête sur les épaules et est entreprenante dans sa relation avec Yukari. Mais elle est moins intéressante que Ririna, dont on suit sa relation avec Yukari depuis le début. Ce qui permet plus d’implication étant donné qu’on suit leur évolution. De plus, même si Ririna est une tsundere, sa candeur la rend à la fois drôle et attachante. 

La suite semble prometteuse. En effet, il ne s’agit pas d’un bête triangle amoureux où A et B aiment C. Mais d’une relation entre deux personnages encouragée par le troisième. Ce qui est une sacrée bouffée d’air frais dans le paysage des romcoms. Mais si la situation semble réglée, cela ne veut pas dire que ça ne va pas changer. De plus, certains personnages présentent des comportements étranges. 

C’est un peu cliché mais ça vaut le coup d’essayer.

Altair A Record of Battles

Shoukoku no Altair (Episodes 1 et 2)

Altair est un anime qui représente la vie de Mahmut, l’un des pachas de Türkiye (qui signifie Turquie en turc). Les pachas sont les militaires qui dirigent le pays et Mahmut est le plus jeune d’entre eux. Et de cette caractéristique en découle le caractère du personnage : conciliant et aspirant à la paix. Car le pays est menacé par l’Empire, qui attend la moindre occasion pour déclarer la guerre. Cette Empire est dépeinte de manière très négative, prêt à tout pour la guerre. Alors que la Turquie est une belle nation pacifiste. Cela fait que l’anime est un peu manichéen. Alors oui, la Turquie est censée être gentille mais un plus de nuance n’aurait pas fait de mal. 

Mahmut est un personnage intéressant parce qu’il possède un passé traumatisant, qui se répercute son comportement. Lui-même victime d’une guerre, il se jura que cela ne devra plus se produire à quiconque. Pour mener à bien cette promesse, il rentre dans l’armée à l’âge de 12 ans pour devenir pacha. Il est déterminé, talentueux et réfléchi. Ce qui fait de lui un personnage classe mais pas parfait. En effet, les autres pachas le prend pour un idéaliste naïf du fait de sa jeunesse. Mais il montre ses qualités de discernement pour leur prouver le contraire. 

Les autres personnages sont également appréciables, car ils ont une réel utilité à l’histoire. Shara est un personnage féminin qui permet de découvrir une autre facette de Mahmut. Derrière son costume de leader, se cache un adolescent presque normal. Zaganos est l’opposé de Mahmut : il n’hésite pas à choisir l’option belliqueuse. Ce qui est parfait pour montrer un autre point de vue et expliquer celui de Mahmut. 

Très bon anime pour le moment : intéressant, intelligent et les personnages sont attachants.

Isesuma

Isekai wa Smartphone to Tomo ni (Episode 1)

Pour lequel je n’ai pas grand chose à en dire. L’anime suit à fond la dynamique des isekai classiques. Touya est un mec lambda, qui s’est fait tué par foudroiement. Pour se faire pardonner, Dieu lui propose de ressusciter dans un monde parallèle avec l’objet de son choix. Il choisit donc son téléphone. Pourquoi ? Sûrement pour le porno les animes. Bref, il se réveille dans un monde fantastique inconnu. Un mec normal qui se retrouve téléporter dans un autre monde, on a déjà vu ça dans Re:Zero, No Game No Life ou Konosuba. Niveau originalité, on n’y est pas. 

Ensuite, le gros problème de l’anime est qu’il résout tous les problèmes du héros. Par exemple, il a, à peine débarqué, dans le monde parallèle, qu’un marchant lui rachète ses vêtements. Par conséquent, ses problèmes d’argent disparaissent. Pareil à ce qui concerne sa sécurité. Vu qu’il est devenu ami avec Dieu, il a des capacités physiques surhumains. De plus, il peut maîtriser toutes les magies, ce qui est en théorie impossible.

Les personnages féminins sont deux jumelles, Elze et Rinze qui sont des mercenaires. Touya les rencontre alors qu’elles étaient aux prises de clients peu scrupuleux. Grâce à sa force, ils leurs porte secours. A eux trois, il vont former un harem un groupe pour chasser des monstres. Rien de bien différent de ce qui c’est déjà fait.

Dernière chose qui je n’ai pas aimé: les micro-saynètes toutes les 3 minutes. Alors qu’il y en ait une vers la moitié de l’épisode, oui. Cela permet de marquer une pause et de reprendre vers une autre scène. Mais 8, c’est beaucoup trop : ça hache le rythme. 

Isesuma est un anime qui n’est spécialement désagréable à regarder. Mais c’est un isekai qui ne possède rien qui lui permettrait de se démarquer. L’histoire et les personnages sont exactement ceux que l’on peut voir dans les mêmes animes du genre. A ce compte-là, il est fort probable que Touya va sauver le monde à lui tout seul, se constitue un groupe de filles qui vont tomber amoureuses de lui et qu’il soit surpuissant alors qu’il n’a rien fait pour l’être. Les paris sont ouverts.

Pas insupportable mais si vous aimez le genre, why not.

Gamers Amano Keita

Gamers (Episode 1)

Cela a attendu un petit moment, mais voici (enfin) le premier anime de la saison où je me suis vraiment énervé. Parce qu’il avait moyen que cet anime raconte quelque chose de super intéressant. MAIS NON. Tout ça à cause d’une seule et unique raison : KEITA AMANO.

Ce personnage est un énorme crachat à la gueule des gamers. Comme d’habitude, on échappe au gros cliché : il est petit, nul en cours et n’a aucun ami. L’anime essaie de nous le rendre sympathique mais il ne fait rien pour sortir de sa situation. Et quand c’est le cas, c’est Karen Tendou qui le pousse. Karen est aussi un personnage cliché : jolie blonde, intelligente et sportive. Cependant, elle est attachante parce qu’elle a réhabilité le club de jeu vidéo du lycée. Ce qui montre qu’elle est une sacrée passionnée qui a envie de réunir un groupe de passionnés et (pourquoi pas) faire des trucs ambitieux.

Et de l’ambition, la demoiselle en a. Le club possède deux senpais, qui sont des pro-gamers vainqueurs de tournois. D’un côté, Gakuto Kase est un joueur de FPS et de l’autre Nina Oiso est une spécialiste de versus fighting. Ces personnages sont hyper intéressants parce qu’on pourrait découvrir la vie d’un joueur de haut niveau. Ou mieux, voir le club devenir une équipe pour entrer dans des compétitions d’e-sport. Mais ce n’est que des spéculations (un peu trop exagérés) : on est qu’à l’épisode 1.  

Mais revenons à notre fameux Keita. Karen lui propose donc de rejoindre ce club. Il est composé de passionnés de jeux vidéos, qui sont sympathiques et qui seraient ravi de l’accueillir. Keita a tout à gagner en intégrant ce club : des amis, une réputation, l’amour des spectateurs. MAIS EN FAIT NON. Non seulement, ça ruine les efforts de Karen (et il va en rajouter une couche) et aussi l’anime. Car ce rejet montre qu’il n’a pas envie d’évoluer donc que cela ne sert à rien de le suivre.

Et le pire, c’est pourquoi il ne souhaite pas rejoindre le club. Pour lui, il veut continuer de jouer pour le plaisir. SOIT N’IMPORTE QUI JOUANT A UN JEU VIDEO. Certes, on peut un peu le comprendre qu’il ne se sente pas trop à sa place : le club est composé de vrais monstres. Mais cela ne veut pas dire que jouer à haut niveau en retire le plaisir.

C’est ce que montre le personnage d’Eichi, le dernier membre du club. Lui aussi, il n’est pas spécialement fort aux JVs mais sa sincérité le rend attachant. Il arrive même à impressionner Gakuto alors qu’il n’a jamais joué à COS (vous aurez compris la référence). Preuve que c’est loin d’être impossible de s’amuser même si on est pas des joueurs haut niveau. 

Tout ça met en avant autre chose : KEITA N’EST PAS UN PASSIONNE DES JEUX VIDEOS. En voyant les autres personnages, on peut voir que ce sont des personnes qui s’investissent corps et âme pour leur passion. Le métier de Gakuto et Nina parle pour eux et Karen a tenté de battre un record du monde. Ce qui nécessite beaucoup d’énergie, qu’ils possèdent. Et Keita, alors ? Il s’épuise au bout de 2 heures. Et le seul auquel on le voit jouer, c’est un jeu mobile. UN PUTAIN DE JEU MOBILE. Alors oui, il est possible de déchirer à un jeu mobile. Mais on a l’impression que c’est un juste pour passer le temps pour lui.

Gamers aurait pu être un bon anime mais son personnage principal plombe absolument tout l’anime. Refusant de changer, Keita tue tous les enjeux de l’anime. Alors qu’il est le protagoniste, on a juste envie de le tarter. Parce qu’il est puéril, insensible, incohérent et incroyablement con. C’est à se demander pourquoi vouloir le suivre alors que les autres persos sont géniaux. Karen et Eichi sont des anges tandis que Nina et Gakuto sont impressionnants (derrière leur froideur apparente). C’est quatre-là ont le potentiel pour rendre l’anime bon, Keita certainement pas.

My First Girlfriend is a Gal

Hajime no Gal (Episode 1)

Un bon ecchi de merde comme l’industrie a l’habitude d’en pondre. Junichi Hashiba est un garçon lambda et célibataire. Et ça le travaille beaucoup : en effet, il fait des mecs qui n’ont pas de copines et qui sont toujours puceaux. D’ailleurs, ses « amis » sont des clichés de mecs dalleux, qui ne pensent qu’au cul. Un jour, ces derniers forcent Junichi à déclarer sa flamme à Yukana Yame, une fille de sa classe. Et à sa grande surprise, elle accepte.

Les personnages sont des énormes clichés. Junichi est le personnage masculin de base : aucune personnalité à part être gentil. Comme dans les autres animes du genre, il a un harem composé des filles, que se résume à leur physique. Shizune, son amie d’enfance qui a des seins tellement énormes qu’elle doit avoir une colonne vertébrale en titane. Yui, la fille aux cheveux noirs classe et qui est plate. Et Yukana, qui est une gyaru … mais en ultra-sexualisée. Pour ce qui ne saurait qu’est-ce qu’une gyaru, il s’agit de filles à la peau bronzée, cheveux teints et sur-maquillées. Mais dans cet anime, Yukana n’hésite pas à bien montrer sa poitrine ainsi que sa culotte. L’intérêt de tout ça ? Je cherche encore.

Surtout que cela ne se limite pas qu’à elle. (Presque) tous les étudiants de ce putain de lycée ne pensent qu’au cul. Il suffit de voir les couples qui sont toujours à deux doigts de faire l’amour dans la classe. Junichi veut sortir avec Yukana uniquement pour pouvoir se la taper, et pareil pour elle. Au final, leur relation n’a aucun intérêt. Et il est fort probable qu’ils ne fassent rien de l’anime. Déjà que les créateurs censurent les parties de Yukana (alors que l’anime tournent autour de l’envie de baiser des personnages).

C’est cliché, c’est vulgaire, ce n’est pas drôle. Ne perdez pas 20 minutes de votre vie avec cet anime, ça n’en vaut pas la peine.

Que peut-on en retirer de cette saison ? Ce que l’on voit, c’est les gros studios ont laissés leur place à des plus petits. En effet, seuls deux animes (Vatican et Apocrypha) ont été par des studios réputés (J.C Staff et A-1 Pictures). Pour les autres, ils se partagent entre des studios fondés très récents. Comme le studio MAPPA (fondé en 2011) qui ne cesse de monter avec Kakegurui ou Altair, deux des meilleurs animes de cette saison. Preuve que même si certains studios sombres, le réservoir est encore très large.

Database d'anime, de seiyuu et d'opening sous forme humaine. Spécialiste en industrie anime/manga. Joueur de LLSIF à ses heures perdues. Trouvable sur Twitter (@RequiemForFemto) et MAL (xxxPhantom).