Les premières impressions – Animes du printemps 2017

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Après avoir visionner leur premier épisode (voire le deuxième pour certains), voici mes impressions. Elles seront divisées en deux et je n’aborderai pas les suites (soit SNK, My Hero Academia et Saekano), même si je les ai toutes vues. Pour cette première partie, on va aborder des bons animes (Renai Boukun, Tsuki ga Kirei), des animes qui se cherche (Sakurada Reset, Sakura Quest) et un anime de merde (Eromanga-sensei).

 

Renai Boukun

La série pour laquelle j’ai carrément le plus d’espoir. Et j’ai pas été déçu par ce premier épisode, qui introduit très bien tout le délire de la série. Dès les 5 premières minutes, l’anime va briser le 4ème mur avec une puissance stratosphérique. En faisant des références à Death Note (le Kiss Note) ou en utilisant du jargon méta (yandere, la musique de background).

De plus, Renai Boukun assume totalement le fait que son postulat soit très simpliste. Pour rappel, il s’agit de Seiji qui doit embrasser Akane pour éviter que Guri, une cupidon ne meurt. Objectif rempli en 10 minutes, donc pas de long tournage de pot autour du héros. SAUF QUE Guri fout le gros bordel à cause de son Kiss Note. A la fin, le pauvre Seiji se retrouve avec un harem sur le dos, avec aucune des filles qui ne l’aime « sincèrement ». Car entre l’ange rebelle, la yandere et sa petite soeur qui le déteste, le choix est compliqué. Et comment parler Guri qui décide de squatter chez lui en manipulant ses parents avec un appareil ?  Appareil dont le fonctionnement se limite à « Ta gueule, elle vit avec lui maintenant ».

D’ailleurs, les personnages sont caricaturaux au possible mais c’est tellement exagéré que ça passe. Guri est clairement le moteur de la série : elle est toujours là pour foutre la merde le plus gratuitement possible. Ajouté à ses têtes impayables et on se retrouve avec un personnage déjanté, que le héros prend plaisir à rembarrer. Akane n’est même pas une yandere tant son côté gentil n’a tenu que 1 min après son introduction. Introduction qui se résume à « Elle a des gros seins ».

Le plot se met rapidement en place, peut-être trop vit même. Surtout quand il y a que 8 tomes sortis. Mais je penses que le rythme a été accélérée uniquement pour la mise en place du foutoir que l’on va suivre. 

Bref, j’aime beaucoup cette série qui m’a fait beaucoup rire. Je recommande !

Tsuki ga Kirei

Un anime qui suit la croissance de deux adolescents dans leur dernier année de collège. Si on avait à faire à un rythme très rapide avec l’anime précédent, ici, l’anime est MEGA LENT. A tel point que tout ce qu’on retient, c’est qu’ils se sont enfin parlés. Après 20 minutes d’épisode. Alors que ça peut n’en prendre de 10.

Non, je suis mauvaise langue : on apprend également que nos deux futurs amoureux/protagonistes sont totalement opposés. Akane est une fille intégrée et impliquée dans son club d’athlétisme. Elle n’est pas spécialement populaire, mais elle traîne avec son cercle d’amies ainsi qu’avec les membres de son club. Tandis que Koutarou est un garçon solitaire, qui préfère passer son temps à la bibliothèque que sur les terrains. Lui aussi possède son groupe, ce qui montre qu’il n’est pas totalement associable non plus.

On aura deviné assez facilement qu’ils vont sortir ensemble, mais pas uniquement parce l’ending le spoil. Leur relation est amenée avec pas mal de subtilité et le rythme joue dans ce sens. Car Tsuki ga Kirei nécessite d’être attentif aux détails, car c’est principalement grâce à eux qu’on comprend les sentiments des personnages. Par exemple, dans la scène du café, on voit que Koutarou se rabat sur le café au lieu d’un bon soda quand Akane débarque. Preuve qu’il fait le mec mature (probablement) pour l’impressionner. Pour finir avec leur relation, elle sonne très naturelle et ils vont bien ensemble. Ils sont certes complètement opposés mais ils ont des points communs ainsi que des expériences communes. Leur dévouement pour leur passion, leur « petit secret » du restaurant, la scène du stockage.

Par contre, autant le fond est bien mené, autant l’anime se perd dans des délires visuels. Les longs plans sur les décors avec des persos qui bougent en CGI bien moches ou la vue en première personne quand Koutarou frappe sa lampe. Non seulement c’est inutile et ça fait moins de temps pour notre petit couple.  

Couple qui est la plus grande force de cette série à regarder avec un oeil attentif.

Sakurada Reset

Que je propose de renommer « Dialogue The Animation ». Parce que c’est TRES TRES VERBEUX. Les dialogues sont interminables et bien évidemment, c’est impossible d’avaler autant d’informations en 20 minutes. L’anime n’arrive clairement pas à expliquer son intrigue sans l’aide d’un dialogue. Les personnages, les pouvoirs et comment ils marchent, la ville, tout est expliqué avec un dialogue. MAIS ARRETEZ DE PARLER, MONTREZ NOUS, CE SERA PLUS SIMPLE.

En plus, les personnages sont très inexpressifs. Quand il parle, ils le font de manière monotone et c’est le rythme qui en prend un coup. Et les 20 minutes, on les sent passé tant il ne se passe rien. Mais c’est pas comme dans Tsuki ga Kirei où on peut s’occuper les yeux, ici il ne se passe vraiment pas grand chose.

Pour résumer, Misora et Kei sont deux lycéens qui possède des pouvoirs. Elle possède le don de remonter le temps tandis qu’il peut se souvenir de tout ce qui lui arrive. A eux deux, ils vont faire équipe sous la houlette de Sumire, présidente du conseil des élèves. L’épisode se focalise sur les pouvoirs de Misora : ses possibilités ainsi que ses limites. Cela permet d’instaurer les règles que l’anime va suivre et (peut-être) jouer avec. Mais c’est dit de manière tellement anecdotique que c’est noyé dans la masse.

Alors que l’anime possède beaucoup de points en suspens (cf la preview ici). C’est juste qu’on a tellement peu vu dans ce premier épisode qu’on a l’impression que l’anime se cherche encore un peu. Et pour l’instant, Sakurada Reset s’est mis en difficulté avec un premier épisode assez poussif.

Sakura Quest

Yoshino Koharu est une jeune femme au chômage. Elle se fait recaler toutes ses demandes d’emplois, vit aux crochets de ses parents (qui finissent par lui couper les vivres) dans un petit appart, s’alimente comme elle peut. On peut dire qu’elle a UNE BONNE VIE DE MERDE.

Mais un beau jour, une agence la contacte pour servir de « reine ». Pas franchement emballée mais à court d’argent, elle se rend dans le village de Matoyama, où elle reçoit un accueil des plus mitigé. La jeune femme décide donc de rentrer à Tokyo, un peu soulagée vu son manque d’enthousiasme. SAUF QUE son contrat a une durée d’un an. Bien malgré elle, Yoshino devient l’ambassadrice de Matoyama, petit village vieillissant et en quête de touriste. 

Yoshino est donc une reine, dans tous les sens du terme. Elle se considère comme spéciale, prend tout le monde de haut (surtout sa mère) et possède le syndrome anti-campargnard. Et même au bord du précipice, pas de changement dans sa ligne de conduite. Mais pourtant, revenir dans la compagne l’a un peu calmée. Notamment grâce à la dévotion de ses habitants : le maire Kadota est très drôle malgré lui et on sent qu’il fait tout pour son village.

Malgré tout, ça ne laisse un peu sur notre faim : c’est certes rafraîchissant mais sans vraiment plus. Les autres personnages ne sont pas spécialement mis en avant et on voit assez facilement venir l’intrigue. Intrigue qui s’apparente à celui de Shirobalo (encore une fois). 

Eromanga-sensei

C’est pas bon. Il s’agit de l’adaptation du nouveau LN des créateurs d’Oreimo, un anime que je porte pas dans mon coeur. Et pour Eromanga, c’est très mal parti pour.

Le synopsis ressemble à celui d’Oreimo à quelques nuances près. Pour rappel dans Oreimo, on suit Kyousuke qui vit avec sa petite soeur Kirino (qui le traite comme une merde). Sauf qu’un jour, il découvre que Kirino est une otaku passionnée par les jeux érotiques : elle possède une floppée de jeux et de merchandising. Afin de tisser leurs liens, Kirino va initier Kyousuke dans le merveilleux monde de l’otakisme.

Eromanga suit Izumi, un écrivain de LN, qui vit avec sa petite soeur Sagiri, une hikikomori qui le traite comme un esclave. Sauf qu’un jour, il découvre qu’Eromanga-sensei (l’illustrateur de ses LN) n’est autre que sa soeur. Recluse dans son antre, elle dessinait ses images (à forte consonance érotique) pour son frère. Pour leur collaboration, il vont devoir retisser leurs liens ensemble.

Franchement, ils ont pas prouvé grand chose pour le moment tant Eromanga brille pour sa non-originalité. Et c’est pas les diverses références à son prédécesseur qui vont aider. Parce que là où dans n’importe quel autre contexte, ça aurait été des simples clins d’oeil. Ici, on sent un cruel manque d’imagination (et on est qu’à l’épisode 1).

Les personnages sont insupportables. Entre Izumi dont le seul gimmick est de gueuler (pauvre Yoshitsugu Matsuoka, il va se péter la voix avec Tomoya en plus) et Sagiri qui se résume à sa mignonnerie (ce mot existe), la platitude est présente. Leurs passés est très mal expliqués : ils étaient clairement trop jeunes pour pouvoir prétendre être écrivain et illustratrice professionnels. Et enfin, leur contenu n’a pas l’air de voler très haut : Izumi propose des scénarios vu et revu avec des illustrations dignes des jaquettes de mangas érotiques. Mais on s’en fout car l’important c’est leur relation.

L’un des animes qui sera l’un des plus populaires mais pas l’un des plus original (surtout si on a vu Oreimo).

Partie 2 : Rokukara, Clockwork Planet, Re:Creators, Zero kara 

Database d'anime, de seiyuu et d'opening sous forme humaine. Spécialiste en industrie anime/manga. Joueur de LLSIF à ses heures perdues. Trouvable sur Twitter (@RequiemForFemto) et MAL (xxxPhantom).