Les premières impressions – Animes du printemps 2017 (partie 2)

Critiques 645

Lien pour la première partie (Renai Boukun, Tsuki ga Kirei, Sakurada Reset, Sakura Quest, Eromanga-sensei)

Rokukara

Preuve (encore une fois) que le combo LN + Fantastique est gage de qualité discutable (mais qui rencontre du succès). Tout l’anime est un repompage violent de tout ce qui a pu se faire. L’univers est lambda : il y a une ville (Alzano) qui est devenue connue grâce à une académie de magie, tout aussi random. En plus, un mystérieux château flotte dans le ciel d’Alzano, qui est le seul intérêt de la série pour le moment.

Puisque les personnages sont … argh. Commençons par les moins pires, Rumia d’abord. Elle a l’air agréable à suivre, souriante et est la seule qui arrive à rendre Glenn agréable (on n’en reparlera). Son seul défaut ? Le fait qu’elle soit la cible des scène de fan-service (inutile mais assez plaisante). L’autre personnage féminin, Sistine, est une magicienne déjà accomplie. Elle appartient à la famille du directeur, elle est douée en magie et a la langue bien pendue. Mais derrière ce caractère fort, elle cache un désir : celui de rejoindre le château dans le ciel. Les personnages féminins sont certes déjà-vu mais elles sont agréables à suivre. Ceci grâce à leurs objectifs qui sont définis rapidement et au mystère qui les entourent.

Et puis, il y a Glenn. OH PUTAIN IL Y A GLENN. Probablement, le personnage le plus crispant qu’il m’ait été donné de voir. Tout est fait pour le rendre détestable. Il est un looser flemmard, insultant et incompétent. Il nous fait comprendre clairement que ce job, il ne le voulait pas et qu’on l’a forcé. Et le pire, c’est qu’on le met vite de côté tant il est insupportable et terriblement pas intéressant. Aucune de ses expressions, de ses punchlines ne marche : c’est pas drôle car on sent que c’est ultraforcé. Le pire, c’est que l’anime le rend aimable et cool l’épisode suivant. Ce qui questionne sur l’utilité de le présenter comme ça, surtout qu’aucun événement fort n’a permis ce chargement. Et le mal est déjà fait.

Enfin, on voit le scénario venir à des kilomètres. Ce que je me suis dit avant de regarder le premier épisode : « Glenn est un flemmard nul mais en fait, il est super fort. Il est tellement fort qu’il va sauver les deux filles (si ce n’est déjà fait), la ville et l’académie. Et bien sûr, les deux filles vont tomber amoureuses de lui. » Et le deuxième épisode confirme que l’anime va dans ce sens.

Clockwork Planet

Un anime aux prémices intéressantes, mais qui ne sont pas exploitées. Après un premier monologue dans lequel on nous dit que la Terre a explosé, on lâche dans une scène d’action. Aucun contexte, aucun personnage présenté : voilà pourquoi je ne suis pas fan de flash-forward. La scène manque d’impact (au point de vue émotionnel). Ok, ils sont pourchassés par la police, mais le placer dès les premières minutes reste discutable. Surtout quand ce déroulement est prévisible.

Pour rappel, les humains vivent dans une planète constitués de rouages faites par Y, un homme mystérieux. Dans Clockwork Planet vit un jeune garçon appelé Naoto, un passionnée d’horlogerie. Passion tellement appuyée par la mise en scène que ça en devient ridicule. On a compris qu’il aime les horloges, pas besoin qu’il leur fasse des déclarations d’amour. Bref, RyuZU, une automate de la gamme Initial-Y, tombe du ciel et va le servir. Certes elle n’a pas d’émotion, mais ses punchlines sont tellement plates. Au final, elle est intéressante mais uniquement parce que l’histoire la rend ainsi. En tant que tel, elle est oubliable. Pareil pour Marie, qui est une grande chercheuse mais pour qui on a rien vu.

Concernant le scénario, le hasard fait quand même bien les choses. La rencontre entre RyuZU et Naoto, le fait qu’il puisse la réparer (alors qu’il ne sait pas le faire) ou qu’il détecte une anormalité de la planète. Ça manque cruellement d’explications : le seul moment où l’anime a pris de temps de poser calmement son scénario, c’est pendant les 3 minutes du début. Le reste, c’est balancé à la volée (les automates, les relations entre les scientifiques et l’armée) et on a 25 minutes pour tout encaisser. Du coup, c’est incompréhensible : on te martèle que la ville va s’effondrer mais jamais comment faire pour pas que ça arrive. A la fin, on sent que Naoto et RyuZU vont tout sauver avec X ou Y manière. 

Clockwork Planet est très mal parti : c’est très bordélique et incompréhensible et les persos sont incohérents (quand ils sont pas ridicules). Pour l’instant, c’est un gros raté et c’est mal parti pour redresser la barre.

Re:Creators

Re:Creators se base sur le fantasme que l’on a tous eu de voir un personnage qu’on aime bien devenir réel. Et le résultat est plutôt bon pour le moment. Le staff nous a livré le meilleur épisode 1 de la saison en envoyant la purée d’entrée de jeu. Les graphismes sont sublimes, notamment à une 3D bien meilleure. On a également le droit à de bonnes scènes d’action, rythmée par la musique de Sawano. 

Et c’est tout. S’il n’y a pas grand chose à reprocher sur la forme, le fond est un peu plus discutable. Pas mal de choses n’ont pas vraiment d’explication claire, notamment vers la première grosse baston (dans l’épisode 2). Les personnages changent de personnalité  un poil trop vite, ce qui rend le déroulement de série confus. D’ailleurs, on ne sait toujours ni comment ni pourquoi ils sont là. Si ce n’est que « la jeune fille à l’uniforme militaire » en sait beaucoup que nos héros.

Héros qui ont la fâcheuse tendance à remplir des clichés. Cela peut passer pour les personnages fictifs, s’il y a une intention derrière ce qui n’a pas l’air d’être le cas (pour l’instant). On repensera à l »héroïne sans peurs ni reproches, la bibliothécaire froide, la magical girl niaise et ainsi de suite. Par contre, c’est inexcusable pour Souta, le mec lambda qui se retrouve dans cette galère. Son seul rôle se résume à « Ce perso vient de tel machin », sinon il est très OSEF.

En bref, pas mauvais mais cherche encore à convaincre.

Zero kara Hajimeru Mahou no Sho

Qui ne ressemble absolument pas du tout à ce que je pouvais imaginer. Pour rappel, on se retrouve un monde médiéval dans lequel la chasse aux sorcières est monnaie courante. Mercenaire (oui, il n’a pas de nom) est un homme-bête qui en a marre de sa condition. Et après une escapade dans la forêt, il rencontre Zero, une sorcière qui cherche un grimoire très puissant. Mercenaire décide donc d’accompagner Zero qui lui donnera une forme humaine une fois son objectif rempli.

L’anime suit les aventures de nos deux héros, qui fonctionnent bien ensemble. Ils sont attachants, drôles et introduits de manière correcte. Bien qu’ils ne soient pas particulièrement développés (pour le moment). Mention spéciale pour Zero, qui est clairement le moteur de la série. Que cela soit pour l’ambiance, clairement axée sur la détente ou pour le scénario.

Cependant ce parti pris pose deux gros problèmes. Le premier : RIEN NE S’OPPOSE A EUX. Mercenaire est censé être rejeté par tous ? Il se fait bien accueillir une fois sur deux. Zero est une sorcière ? Personne n’a le moindre soupçon sur elle. Au final, les seuls antagonistes qu’ils rencontrent sont totalement OSEF et n’apportent rien à l’histoire. Conséquence (et c’est le second souci) : on ne sent pas leur détermination à atteindre leurs objectifs. La bête ne semble pas spécialement mécontente de sa malédiction tandis que la jeune femme n’est pas pressée de récupérer son dû. A la fin, l’intrigue peine à se lancer : ça traîne beaucoup trop en longueur. En 3 épisodes, il n’y a eu aucun événement majeur mis à part leur rencontre.

La série possède une approche relaxante mais elle est plombée par l’univers qu’elle a crée. En effet, comment peut-on suivre des personnages frivoles dans un univers qui leur est complètement hostile ?

Au final, cette saison de printemps n’est pas spécialement mauvaise. La plupart des animes possèdent de bons synopsis mais sont plombés par des grosses failles, notamment au niveau de l’histoire. Après, est-ce qu’on peut dire que la saison est plus mauvaise que les précédentes ? Pas si sûr. Ceux qui ont fait l’unanimité restent ceux qui ont su déjà s’imposer. A savoir les suites. Ces dernières sont, de manière générale, bonnes (bien que décevante pour SNK). Mais ça on en rediscutera quand il sera fini. Pareillement pour les autres.

Database d'anime, de seiyuu et d'opening sous forme humaine. Spécialiste en industrie anime/manga. Joueur de LLSIF à ses heures perdues. Trouvable sur Twitter (@RequiemForFemto) et MAL (xxxPhantom).

Laisser un commentaire