Comment faire un épisode d’anime ?

L'industrie des animes

Lorsqu’un projet d’anime est annoncé, il est très rare (voire impossible) que le processus de production n’ait pas démarré en amont.  Et même en s’y prenant à l’avance, cela reste très serré, ne laissant peu d’espace aux erreurs.

Pourquoi cela ? Parce que la chaîne est longue contient de multiples étapes dont je vous propose le détail. La production d’anime se déroule en 3 phases : la pré-production, la production et la post production. Les deux dernières seront répétées autant de fois qu’il y a d’épisodes.

(Pour la compréhension, les étapes de production seront indiqués en gras tandis que les postes impliqués seront en italique)

I/La pré-production

La phase de pré-production se déroule lorsque la mise en place de l’anime s’effectue. Pour rappel : lors du planning, le comité de production détermine la trame à suivre. Le réalisateur aura pour rôle de diriger les équipes pour s’assurer que le projet se déroule correctement. Il devra notamment assister aux réunions, prendre des décisions dont découleront le planning de production, la répartition du budget et la qualité de la série. Une fois choisi, le réalisateur sélectionne les designers : un qui s’occupera des personnages (Chara Designer) et un qui se chargera des décors (Art Director ou Directeur Artistique).

 

 Designs de Rem de Re/Zero (White Fox)

Le Chara Designer dessine chaque personnage sous différents angles, pour que le trait de l’auteur convienne à un format animé si l’anime est une adaptation. Si l’anime est un projet original, les personnages seront crées en fonction des envies du réalisateur et des producteurs.

Nagi no Asukara épisode 22 (P.A Works)

L’Art Director travaille souvent hors des studios (ou dans des départements spécifiques) avec des employés spécialisés. En s’inspirant souvent de paysages réels, ils dessinent les principaux lieux de l’anime. Une fois validé par le comité, les dessins du Chara designer serviront de modèle aux autres animateurs et les décors de l’Art Director seront intégrés à l’épisode au montage final.

Pour rédiger la trame scénaristique, véritable conducteur de l’anime, les producteurs et/ou le réalisateur recrute un scénariste principal. Il déterminera les éléments à inclure dans l’anime, en collaboration avec les producteurs et le réalisateur.

Enfin, niveau sonore, trois personnes se partagent la tâche :

  • le sound director ou Directeur Artistique (à ne pas confondre celui d’en haut) se chargera du choix des seiyuus et leur supervision durant les enregistrements.
  • le compositeur des musiques : ils travaillent en amont de la production (partie 2). Leurs compositions seront intégrées en post-production.
  • le directeur des effets sonores, tout est dans son nom.

La pré-production achevé, on peut commencer à faire les épisodes.

II/La production

La première étape est d’écrire le script de l’épisode, qui en définit son contenu. Il est intégralement écrit par des scénaristes, le tout en étant supervisé par un scénariste en chef appelé (dans les crédits) Series Composition. Leur travail sera ensuite contrôlé par le réalisateur et les producteurs qui pointeront les éléments à modifier. En général, il est très rare qu’un script soit accepté du premier coup. Une fois le script approuvé, le réalisateur, assisté de plusieurs personnes, attaque l’écriture du storyboard (Storyboarding). Il s’agit de dessiner ce que le téléspectateur verra à l’écran sur une feuille A4.

Storyboard de l’épisode 12 d’Hyperdimension Neptunia (david production)

Généralement, cette feuille est séparée en 5 colonnes (de gauche à droite) :
 
  • Le numéro de la scène
  • Le layout (l’image que l’on voit à l’écran)
  • L’action
  • Le dialogue (s’il y en a)
  • La durée de la scène et le nombre d’images nécessaires

Après contrôles, les layouts seront retranscrits séparément. Cela permet de fixer tous les éléments qu’il y aura sur la scène : décor, angle de vue, position des personnages et des objets. Ce travail est donné aux animateurs les plus expérimentés (parfois nommés Layout Designers).

La transformation de Gohan en SSJ2 (DBZ épisode 185/Toei)

A la fin, les copies de ce layout seront données aux animateurs clé et l’original ira dans les mains de l’Art Director.

Ensuite, place aux mouvement. Les animateurs clé dessineront les images qui forment les dessins clés (key animations), c’est-à-dire les principales étapes de l’animation. Les animateurs clé doivent souvent composés avec les contraintes de budget et de temps, c’est pour cela qu’un nombre d’images maximum leur est indiqué. Cependant, si on en reste là, notre animation sera saccadée. Pour la rendre fluide, il faut dessiner des images qui s’insèrent entre les images clés. Ce travail est délégué aux intervallistes, qui dessine donc les inbetweens. Ce sont très souvent des personnes qui débutent dans l’animation avant de monter en grade.

Les images clés et les inbetweens seront harmonisés pour avoir une animation fluide (clean-up). Chaque image sera ensuite scannée pour y être colorisé par ordinateur, ce qui marque leur finalisation. Les images pourront ainsi être montées avec les décors avant d’être capturée : on l’appelle le filming. Lors de cette étape, on y inclut les effets spéciaux (lumière, explosion) et les éléments en 3D via le montage. En compilant chaque capture, l’épisode prend vie.

 

Dans le gif de Gurren Lagann (ci-dessus), on peut voir les animations clés (en haut), le clean-up et les inbetweens (au milieu) et le rendu final avec la colorisation et le décor. 

L’épisode final subit une ultime étape de contrôle appelé le rush. Dans une salle équipée de plusieurs moniteurs, le staff se réunit pour épingler les erreurs qu’il pourrait y avoir. S’il y en a, les passages incriminés seront retouchés ou (dans le pire des cas) refaits.

III/ La post-production

Une fois qu’on a l’image, il manque le son. Tous les seiyuus se réunissent et enregistrent leurs textes lors des sessions d’enregistrement (appelé afurekos), le tout sous la supervision du sound director. La plupart du temps, les dessins ne sont pas encore terminés. Ils doivent donc se contenter des animations clés comme support visuel.

 

Afureko de l’épisode 2 d’Akame ga Kill (White Fox)

Les effets sonores, les musiques et les espaces publicitaires sont ensuite ajoutés. Une fois cela fait, l’épisode est concrètement fini, prêt à être diffusé.

Vous avez vu que le processus qui amène à la création d’une œuvre animé est assez simple mais long, qui nécessite plusieurs semaines. Mais parfois les retards ou les fautes d’inattentions par rapport font baisser la qualité de l’épisode. Si c’est le cas, ne leur jetez pas la pierre tout de suite car dites vous bien que tout ce processus doit fonctionner en continu, en simultané (car plusieurs épisodes sont crées en même temps) et avec, souvent, peu de moyens financiers et/ou humains. 

Et maintenant Goku, tu m’en dois une pour avoir expliquer pourquoi t’avais une sale tronche dans DBS

Sources :
 
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Database d'anime, de seiyuu et d'opening sous forme humaine. Joueur de LLSIF à ses heures perdues. Trouvable sur Twitter (@RequiemForFemto) et MAL (xxxPhantom).

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