Tout savoir sur les seiyuus

L'industrie des animes

Quel est le point commun entre Gray/Juvia de Fairy Tail et Tomoya/Nagisa de Clannad ? Si vous êtes connaisseurs , vous aurez deviné qu’ils ont les mêmes seiyuus (à savoir, Yuuichi Nakamura et Mai Nakahara).

Les seiyuus sont des acteurs spécialisés dans le doublage. Ils sont souvent sollicités pour doubler un anime ou un jeu vidéo mais aussi une pub, une voix-off ou des annonces. Ils sont tous (ou presque) affiliés à des agences spécialisées dont les plus connus sont l’Office Osawa et I’m Enterprise.

Certains et surtout certaines seiyuus sont reconnu(e)s internationalement et ont même des fans clubs. Mais malgré leur popularité, c’est très loin d’être un métier de rêve.

I/ Comment devenir seiyuu ?

Il existe plusieurs moyens de devenir seiyuu au Japon.

Le moyen le plus simple et le plus connu est d’entrer dans une école proposant la formation dédiée. Accessible directement après le lycée, les cursus proposent d’apprendre les bases du jeu d’acteur, les techniques vocales élémentaires (prononciation, diction, respiration) et le chant. Des sessions d’enregistrement dans des studios pros et des cours de danse complètent ces cours. Au bout des 2 ans de formation, le diplômé pourra rejoindre une agence.  La plupart des seiyuus actuels sont passés par là.

Nana Mizuki (Sigma Seven)

Le deuxième moyen est d’avoir rejoint des troupes de théâtre comme la Himawari Company. Ils acquièrent suffisamment d’expérience pour pouvoir se lancer directement dans le milieu.

Namikawa Daisuke (Stay Luck)

Enfin, des concours peuvent être organisés par des magazines ou des maisons de productions. Comme le Seiyuu Damashii : un concours qui a pour particularité d’être ouvert aux jeunes du monde entier (même si la maîtrise du japonais reste un impératif). Ce qui permet déceler de nouveaux talents, qui passent souvent par la case école.

Même si avoir une formation ou de l’expérience aide grandement à entrer dans une agence, cela n’est pas obligatoire. Certains seiyuus peuvent venir d’un domaine différent de celui du doublage. Comme par exemple, Yuu Kobayashi qui était mannequin (photo en bas), Suzuko Mimori danseuse ou encore Yurina Hase actice porno (et oui, c’est possible).

Comme vous l’avez vu, les moyens de rejoindre les milliers de seiyuus sont multiples et assez variés. Cependant, cela n’empêche pas les étrangers de tenter leur chance dans ce métier très « japonais ». Tel que Jenya Davidyuk originaire de Russie ou Ryu Seira de Chine. Les deux ont appris le japonais et ont déménagé là-bas pour devenir doubleuse. De bons exemples pour celles et ceux qui veulent un jour se lancer dans cette aventure.

II/ Le rôle des agences

Les agences dirigent les seiyuus. Elles servent d’intermédiaires entre les talents et les staffs d’animes. Les dates des castings leurs sont communiquées et proposé aux managers, qui ont sous leur tutelle plusieurs seiyuus. De plus, les managers doivent fournir les scripts, faire les plannings, apporter le matériel. Un travail chargé en somme.

Un manager au travail (Sore ga Seiyuu/Gonzo)

Libre aux managers de privilégier qui ils veulent. De ce fait, il vaut mieux avoir des relations cordiales avec ces derniers. Mais les seiyuus ont le droit de séparer de leur manager ou même de leur agence. Cependant, ces cas sont rares car les agences permettent d’avoir de la visibilité dans ce milieu ultra-concurrentiel. La preuve, leurs sites internet proposent des extraits vocaux de leurs talents : simple, rapide et économique en temps. 

Etre affilié à une agence est bien pratique mais il est tout à fait possible pour un seiyuu d’être freelance mais seuls ceux qui ont un bon carnet d’adresses peuvent se le permettre. Ou encore mieux, créer leur propre agence (cf l’homme ci dessus).

Après avoir trouvé une agence, notre nouvelle recrue peut commencer à arpenter les auditions. Ces dernières sont organisées par les sound directors et ils dirigeront les seiyuus désignés. En revanche, ce ne sont pas eux qui les choisissent. Enfin, pas tout seuls : les seiyuus représentant une dépense assez conséquente, les producteurs ont leur mot à dire. Comme tous les animes n’ont pas le budget de One Piece, il faut bien faire un compromis entre les envies de tout le monde : il y a souvent conflit entre la rentabilité et la popularité.

III/ Combien gagne un seiyuu ?

Tant qu’on parle d’argent, les débutants gagnent environ 27 000 ¥, soit environ 200 €, par épisode quelque soit le nombre de lignes. Cette somme se décompose en 2 : 55 % (15 000 ¥) constitue le salaire initial du seiyuu. Les 45% restants sont des honoraires versés par les chaînes de TV (usuellement 80% du salaire initial). Ce salaire augmentera au fur et à mesure que le seiyuu acquiert de l’expérience : les plus connus peuvent avoir un salaire final de 81 000 ¥ (600 €) par épisode.

Au final, un seiyuu ayant un rôle récurrent dans un anime gagne entre 800 € (108 000 ¥) et 2400 € (324 000 ¥) par mois AVEC CET ANIME. Pour avoir une vague idée du salaire mensuel d’un seiyuu, il faudrait cumuler tous ses contrats effectués. Car comme vous l’aurez deviné, leur paye dépend énormément de leur sollicitation. Par conséquent, les salaires peuvent beaucoup fluctuer selon les années.

Ce graphe maison de qualité

Par exemple, Nana Mizuki a eu 6 rôles principaux sur les 14 obtenus en 2007. En cumulant le nombre total d’épisodes, on peut dire qu’elle a gagné entre 2100 € et 6300 € par mois en première approximation. En 2014, elle n’a eu que 2 rôles majeurs sur les 3, soit un salaire compris entre 580 € et 1740 €. Cependant, même si ses revenus grâce au doublage ont fortement diminués, elle reste une chanteuse très prolifique.

Selon les seiyuus eux-mêmes, environ 300 arrivent à vivre exclusivement grâce à cette activité. Les autres arrondissent leurs fins de mois avec des jobs à mi-temps ou en doublant des hentais, derrière un pseudo.

“Ben, c’est pas la joie en fait” (Sore ga Seiyuu/Gonzo)

Alors, c’est bon d’être seiyuu ?

Au final, les seiyuus (du moins, les plus connus) génèrent beaucoup de public et beaucoup de revenus. Mais dont ils ne touchent qu’une infime partie. Pour vous donner un exemple, la licence Love Live (oui, encore) a généré un total d’environ 57 MILLIONS de dollars (anime + film), sans compter les albums. Pour autant, les 9 seiyuus qui incarnent les héroïnes ne roulent pas sur l’or, très très loin de là. Ce ne sont pas des stars et contrairement aux animes, on ne peut les soutenir de manière directe. Le métier arrive à saturation : de plus en plus de talents entre dans le milieu pour être oubliés ensuite.  Au moins, on peut dire que l’industrie ne manque pas de bras de ce secteur, contrairement à d’autres.

Sources : 

Wikipédia: « Voice Acting in Japan »
Tokyo School of Anime: “Voice Actor and Vocalist World”
Nihon Kogakuin College: “Voice Actor and Actress Department”
Sigma Seven: “Mizuki Nana’s Profile”
ANN: “Japanese Voice-Acting Contest Accepts InternationaI Entrants”
Danny Choo (Youtube) : “Discover Otaroad with Mimori Suzuko”
Sankaku Complex: “Idolm@ster Seiyuu’s Porn Past”
Asiaone : “Foreign Voice Actors realise Anime Dreams”
Seiyuu+: “Seiyuu agencies, earnings & everything in-beetween “
Intention-k
Riuva: “People Focus: Seiyuu and Animators are Slaves, not Stars”
ANN: “Love Live! Film earn 2.60 Billion Yen after 107 Days”

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Database d'anime, de seiyuu et d'opening sous forme humaine. Joueur de LLSIF à ses heures perdues. Trouvable sur Twitter (@RequiemForFemto) et MAL (xxxPhantom).

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