5 clichés sur les mikos (et leurs vérités)

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miko japon

Dans les animes, il existe tout un tas de personnages bien caractéristiques et reconnaissables. Parmi eux, il en existe un, originaire de la culture religieuse nippone : la miko. Les mikos, ce sont ces femmes que l’on croise dans les sanctuaires shintoïstes. Vêtue du chihaya composé du hakama rouge et d’un kimono blanc, elles recèlent bien des mystères. En effet, tout le monde voit ce que c’est sans savoir ce qu’elles sont réellement. Et avec le temps, quelques idées fausses ont fini par circuler. On va corriger une petite sélection d’entre eux. Un par un.

Les mikos ne sont pas des bonnes sœurs

 

Quand on pense à des femmes qui travaillent dans le clergé, on pense naturellement aux bonnes sœurs. En effet, les deux ont pour traits communs de travailler dans un établissement religieux et d’avoir un uniforme. Et la comparaison s’arrête là.

Car en Occident, il existe toute une formation pour devenir nonne. Cela commence par une période d’essai de 6 mois, appelée le postulat. Histoire de voir à quoi ressemble la vie de religieuse. Au bout de cette période et si sa volonté est intacte, la candidate passe par 2 ans d’apprentissage : le noviciat. Et au même moment, l’aspirante bonne sœur prononce des vœux temporaires. Avant de professer ses vœux définitifs à la fin du noviciat.        

Pour les mikos, c’est très loin d’être aussi long. Et pour cause : devenir miko n’a rien d’un engagement religieux. Au contraire, c’est même un travail à part entière, avec un salaire. Il n’est pas rare de voir des étudiantes voire des lycéennes arborer le chihaya, la fameuse tenue rouge et blanche des mikos. Les sanctuaires les recrutent durant les périodes d’affluence pour gérer les flux. Généralement, pendant les festivals et le nouvel an. Les filles n’ont même pas besoin d’avoir de qualifications spécifiques pour postuler. Elles sont formées par les autres mikos plus expérimentées sur le tas avant d’être lâchées dans le sanctuaire. 

Les mikos ne sont pas des prêtresses

 

Autre point de confusion très récurrent : une miko et une prêtresse, ce n’est pas la même chose. Si pour être miko, c’est assez simple : il suffit de demander au sanctuaire du coin. Devenir prêtresse est beaucoup plus complexe. Comme pour les nonnes, les futures prêtresses doivent suivre une formation. Soit directement dans un sanctuaire (ce qui est très rare), soit à l’université. Et les universités qui propose ce cursus sont au nombre astronomique de … deux. L’université Kôkugakuin à Tokyo et l’université Kôkagakkan à Ise.

Selon le rang que l’aspirant prêtre souhaite atteindre, le niveau et les exigences de l’examen varient. Par exemple, pour devenir Meikai (soit prêtre en chef dans la majorité des sanctuaires), le cursus se compose de 26 matières. Dont 12 sur le shintoïsme, 8 transversaux et 6 sur la religion (en général). Une fois les cours terminés, les candidats doivent passer un examen du Jinja Honchou, regroupant (quasiment) tous les sanctuaires du pays. Pour enfin devenir comme membre du clergé.

Les formations pour devenir prêtre(sse) ne sont pas discriminantes : hommes et femmes peuvent suivre ces cours. Mais la proportion de prêtresses est très faible. Selon les derniers chiffres du Honchou (qui date de 2001 quand même), 25 prêtresses ont été recensées pour 404 prêtres à Tokyo. Soit 6 % de ceux qui exercent la profession. Les principales raisons de ce faible taux sont des raisons d’image. En effet, les prêtres sont mieux vus que les prêtresses pour des questions d’habitude. C’est plus répandu donc c’est moins choquant.

Une cérémonie de mariage célébrée au sanctuaire Meiji Jingu

Les mikos ne font pas grand-chose de religieux

 

En rapport avec les deux points précédents, les mikos sont réduites à des tâches sommes toutes assez classiques. Dans les animes, on voit souvent des personnages balayer les sols du sanctuaire. Et bien dans la réalité, c’est loin d’être un mythe. Car les mikos sont responsables de l’entretien du temple. Cela comprend nettoyer les sols et les bâtisses, sans compter le travail administratif. Vu qu’elles sont surtout présentes en extérieur, les visiteurs les interpellent pour demander des informations. Elles doivent donc être un minimum renseignées sur le lieu ou les pratiques. Enfin, elles tiennent les boutiques qui vendent les amulettes et autres charmes.

De manière exceptionnelle, les mikos prennent part des cérémonies en tant qu’assistantes pour les prêtres. Cela inclut les purifications, les mariages, les funérailles, les miyamari (la bénédiction faite aux nouveaux nés). Mais dans ce cas, la miko possède un minimum d’expérience. D’autres événements auxquelles peuvent participer les mikos sont les danses rituelles. La plus connue étant le kagura, une danse théâtrale pour honorer Amaterasu, la déesse de la lumière.

Le kagura dansé par les mikos au sanctuaire de Nezu

Les mikos ne sont pas pures et innocentes

 

Dans les mangas et avec notre rapport à la religion, on nous présente les mikos comme des personnages chastes et sacrées. Ils nous seraient extrêmement mal vus de critiquer une bonne sœur ou son engagement religieux. Et historiquement, les mikos devaient être vierges pour pouvoir prétendre à ce statut, qui se transmettait de génération en génération.

Aujourd’hui vu qu’être miko est surtout un job, ces restrictions sont d’un autre temps. Les femmes exerçant ce métier ont des vies civiles normales et sont libres de faire ce qu’elles veulent. Elles font des études, sortent en boîtes, ont des petits copains, etc. Loin de l’image de fille coincé, donc. De plus, comme dans n’importe quel travail, elles peuvent le quitter. Chose impossible pour les clercs d’autres religions.

Les mikos n’ont pas de pouvoirs magiques

 

Personnages presque incontournables dans les harems, les mikos endossent le rôle de mage. Vu qu’elles sont en contact avec les dieux, elles possèdent des pouvoirs magiques pour tuer les démons. L’exemple populaire le plus connu étant Touhou et l’iconique Reimu Hakurei.

Bien évidemment, les mikos (dans la vraie vie) n’ont pas de pouvoirs. Mais c’était très loin d’être le cas dans le passé. Avant l’avènement de Confucius,  miko était le rang le plus élevé dans la religion shintoïste. Parce que les mikos étaient considérées comme des chamanes, qui entraient en transe avec les dieux. Etant donné qu’elles étaient les messagères des divinités, elles avaient une haute estime.

La plus grande d’entre toutes était la reine Himiko. Qui est considérée comme la première dirigeante de l’Histoire du Japon. Ayant pris le pouvoir à 14 ans, elle était reconnue pour pratiquer de la sorcellerie sur la population. Pendant son règne, elle vivait recluse dans son palais dans lequel elle avait un millier de servantes. Même si peu de personnes l’aient vu, les preuves de son existence remontent à des textes chinois du 3ème siècle. Son existence est avérée mais ses exploits de chamane restent du domaine de la légende.

Réprésentation d’Himiko dans le jeu Ico


 

Et voilà pour ces 5 points. Au final, ces idées fausses ne viennent pas de nulle part. Parce que le terme est difficile à traduire. Miko a pour traduction anglaise shrine maiden soit fille du sanctuaire. Mais en français, on sait pas la traduction exacte. Chamane, prêtresse, assistante ? D’où les nombreuses confusions.

Pour la plupart, elles viennent de la comparaison avec nos références occidentales. Histoire de simplifier les choses, on assimile les mikos japonaises avec les religieuses occidentales. Ce qui est faux et assez réducteur. Elles sont très différentes que cela soit au niveau de leurs rôles, de leur rapport à la religion.

Cependant, on peut aussi dire que le Japon exporte cette fausse image de la miko. Les animes (harems notamment) colportent le cliché de la jeune fille pure et dévouée à son sanctuaire. Ce qui très loin d’être le cas en vrai. Mais cette image bien que fausse crée une fascination et de la curiosité autour de ces filles appelées miko.

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Database d'anime, de seiyuu et d'opening sous forme humaine. Joueur de LLSIF à ses heures perdues. Trouvable sur Twitter (@RequiemForFemto) et MAL (xxxPhantom).

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