Comment bien conclure un anime ? (avec 10 exemples)

Comment bien conclure un anime ? (avec 10 exemples)

Dans mon top des éléments les plus importants dans un anime, mon quatrième point était la fin. Parce que la conclusion sera la dernière image que l’on retiendra de la série. De plus, elle témoigne de l’évolution de l’histoire. Est-ce que les personnages ont atteint leurs objectifs et pourquoi ?

Dieu sait qu’une bonne conclusion peut marquer des personnes voire des générations. On pourra penser aux éternels classiques comme Death Note, Angel Beats (et Evangelion ?). Mais plus facile à dire qu’à faire, car bien terminer, c’est un art délicat et subtil. Voici donc une liste non exhaustive des fins qui m’ont marqué, en bien comme en mal.

ALERTE SUBJECTIVITE : Les avis dans cet article n’engagent que moi. Vous pouvez discuter de vos opinions dans les commentaires.

ALERTE SPOILER : Cela voit de soi que cet article va spoiler à mort. Vous êtes prévenus.

Les fins qui te retournent le cerveau

Enormes spoils de The Promised Neverland

Commençons par un anime très récent : The Promised Neverland. Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, la série fut excellente de bout en bout. L’intrigue (bien que pompée sur Chicken Run) vous captive le long de la série. Toutes les guerres psychologiques et les calculs rendent l’anime très intéressant à suivre, avec une ambiance digne des meilleurs thrillers.

Après avoir pris du plaisir à suivre l’avancée du plan d’Emma et de ses compères, vient le moment de la fameuse évasion. Lors d’une nuit banale, l’orphelinat prend feu. Un moment dont les enfants profitent pour s’éclipser. Après avoir escaladé le mur, ils traversent le gouffre avec une ingénieuse tyrolienne. Isabella assistera impuissante au départ de ses « enfants », les voyant s’enfoncer dans la forêt. Les voilà dehors où mille dangers les attendant.

Ce final spectaculaire sort vraiment de nulle part, car tout semblait perdu. Norman partait, Ray tombait en dépression, de même pour Emma… en apparence. Puisque dans l’ombre, elle continuait de mettre en place le plan en impliquant les autres enfants. Une information qui nous surprend et Ray aussi, dont on adopte le point de vue. On se trouve impressionner devant le calme et la maîtrise de ceux qui ignoraient leur destin quelques épisodes avant. Un retournement de situation qui sonne comme un coup final pour Isabella, vaincue.

On aurait alors pu se réjouir de voir Isabella, hagarde et regardant le vide. Mais sans compter une dernière révélation pour nous achever. Après la disparition des enfants, l’anime nous offre un flashback sur le passé d’Isabella. On découvre son passé d’orpheline, d’apprentieet de… mère. Un enfant dont on découvrira l’identité quelques minutes plus tard : Ray.

Par conséquent, on remet le caractère maternel d’Isabella, car avant d’envoyer les enfants à la Mort, elle devait s’en occuper, leur donner de l’amour et des soins. On assiste alors à une femme défaite, mais loin d’être amère : elle prie pour les enfants, leur souhaitant bonne chance. De monstre, elle devient humaine. En plus de changer toute la vision du personnage, l’anime a pitié d’elle.

Une fin qui sort de nulle part et qui a été jouissive à regarder.     

Enormes spoils de Darling in the FranXX

darling in the franxx strelizia apus

Au risque d’enfoncer des portes ouvertes (encore), Darling in the FranXX s’est cassé la gueule (SAO-style). Pourtant, au départ, cela commençait plutôt bien. Le scénario restait simple, mais intéressant, du moment où on passe le fan service omniprésent. Mais pour une fois, ça possédait un semblant de propos sur l’adolescence et la sexualité. En plus, les épisodes s’enchaînaient facilement.

Du moins pour la première partie, parce que DarliFra s’effondre dans sa seconde moitié. L’univers ne prend pas : l’anime ne l’a jamais développé au début et à la fin, ça sent le bâclage honteux. Les personnages deviennent insupportables et prennent des décisions qui n’ont aucun sens. On découvre que les méchants sont des extraterrestres qui ont manipulé les humains (pourquoi ?). Et pour les vaincre, Zero Two se transforme en mécha géant.

Un scénario qui part en roue libre et dont la fin conclut en beauté (quelle ironie). Après une petite ellipse, on découvre que tous les personnages sont des parents, qu’ils sont heureux et qu’ils comptent repeupler la Terre. Quel message progressiste !

Les fins tristes

Enormes spoils de Suka suka

Pour être honnête, Suka suka est loin d’être un excellent anime. L’univers reste creux et se contente du minimum. Les personnages ne marquent pas les esprits, hormis Ctholly et Willem. Et encore, c’est plus leur relation, qui oscille entre l’amour romantique et filial, qui reste en mémoire. Ce qui en fait son argument de visionnage numéro 1.

Le scénario a beau raconter l’histoire de Wilhem qui se retrouve gardien des leprechauns. Ces jeunes filles sont destinées à être des soldats d’élite pour lutter contre des bêtes. Le soldat va donc encadrer sa nouvelle unité dans laquelle Ctholly fait partie. S’en suivra toute une réflexion sur la condition de ces filles, la guerre et l’armée.

Du coup, pourquoi la fin était bien ? C’est un cas un peu particulier parce que la fin, on la connaît dès le début (un flashforward comme on dit). Les premières secondes de l’anime s’ouvrent sur un avion attaqué par une bête. Malheureusement, l’avion se fait ouvrir et Willem retombe sur la Terre infestée de monstres. À ce moment, plus aucun suspense. Ctholly le rejoindra, tranchera quelques ennemis avant de mourir aux côtés de l’homme qu’elle aime.

Si connaître la fin est une chose, la vivre en est une autre. Après avoir suivi 12 épisodes de romance explicite entre Willem et Ctholly, on finit par s’attacher à eux. Par conséquent, quand arrive l’épisode final, le déroulement reste identique. Mais cette fois, on sait toute la cruauté de ce dénouement : on voit arriver la mort avec ce monologue juste bouleversant de Ctholly. Malgré les instants d’émotions entre nos deux soldats, la dure réalité refait surface et elle n’épargne personne.

Accompagnée par le mélancolique et fameux Scarborough Fair, ce final se montre épique et terrible.   

Enormes spoils de Death Parade

EVERYBODY PUT YOUR HANDS UP !!

Désolé, c’était plus fort que moi. Mais oui, Death Parade possède un opening excellent. Dommage que l’histoire ne l’ait pas imité, car elle tombe dans les pièges habituels. Le récit prend trop de temps à se mettre en place. Comme la moitié des épisodes sont des confrontations sans fil rouge, l’anime ne développe son intrigue qu’à partir de l’épisode 5-6.

On découvre alors le passé du personnage féminin principal qui n’avait pas de nom. Elle s’appelle Chiyuki et était bien humaine. Dans ce cas, comment a-t-elle pu rester aux côtés de Decim ? Simplement parce qu’elle savait qu’elle était morte et refusait son jugement. Du coup, Nona lui a effacé la mémoire.

Un raisonnement qui sort de nulle part et ça ne s’arrête pas là. En effet, l’anime nous montre Decim découvrir les sentiments humains comme la tristesse et le désespoir. Lui qui restait impassible craque totalement à la fin. Ce qui n’a pas aucun sens jusqu’au moment où Nona, leadeur des juges,  dit qu’elle veut que Decim ressente des émotions. Une phrase qui sort dans un simple dialogue dans le plus grand des calmes.

Du coup, Chiyuki accepte son jugement et monte au paradis. En réalité, le plus décevant dans tout ça, c’est à tel point l’émotion est absente. Vu que toute l’histoire allait très vite, les développements de Chiyuki et Decim restent très limités.

En dehors des jeux, l’intérêt de Death Parade est limité et la conclusion le montre.    

Les fins romantiques

Enormes spoils de Shuffle

Pas de screenshot : l’anime n’était pas en HD 

On passe sur un anime adapté d’un eroge de 2007. Autant que tout le monde l’a oublié et à raison, car c’était assez mauvais. Les graphismes laissent à désirer : les visages ne ressemblent à rien, de même pour les décors.

L’histoire se montre d’un ridicule très embarrassant. On suit l’histoire de Rin, banal lycéen, qui peut se marier avec Sia, une elfe, ou Nerine, une démone. Bien sûr, tous les garçons, qui sont cringe à mort, le pourchassent par jalousie. Sans compter une bonne de fan service pour agrémenter le tout.

Cependant, la chose dont on ne peut pas reprocher à Shuffle, c’est que notre héros choisit une fille à la fin : Asa, sa sempai. S’en suit un début de romance, mais un jour, Asa s’effondre. On apprend alors que la jeune femme est mi-humaine mi-démone. Par conséquent, son corps contient trop d’énergie qu’elle doit libérer. Et là vous pensez « SCÈNE DE CUL » et ça aurait pu, mais l’anime (et le VN) ont fait plus fort.       

Vu qu’Asa refuse de libérer son pouvoir, Rin compte bien lui forcer la main. Et dans l’univers de Shuffle, la magie sert un peu à tout : tuer, déplacer des trucs, soigner. Du coup, Rin a la bonne idée de se … trancher les veines. Avec une musique dramatique, on assiste à la lente agonie du jeune homme. Il se vide de son sang jusqu’à en perdre connaissance. Mais Asa, résolue à ne pas le voir mourir, finit par utiliser la magie pour cicatriser la plaie.

On voyait de très loin cette fin, mais rien que pour le geste, respect à ce monsieur.

Enormes spoils d'Oreimo

Qu’on se mette d’accord sur un point : je n’ai rien contre l’inceste. Si les deux sont heureux et que c’est bien amené, ça allait. Mais dans Oreimo, la seconde condition ne tient pas.

Pendant deux saisons, on a suivi la relation entre Kyousuke et Kirino, sa petite sœur. Une relation remplie de disputes et de moments très gênants. En réalité, ce sont les personnages secondaires qui tirent l’anime vers le haut. Kuroneko, Ayase, Saori restent les personnages les plus plaisants à suivre. Parce que

1/elles sont très agréables

2/elles possèdent des moments intéressants

Notamment Kuroneko, qui va sortir avec Kyousuke. On aurait pu croire que cette guerre de waifus s’arrêterait là, mais… non. Le couple se brise, Kuroneko déménage et Kyousuke se rend compte qu’il est amoureux de sa petite sœur. Malgré l’interdit, ils se mettent ensemble et organisent un mariage symbolique pour célébrer leur amour. Et si l’anime s’arrêtait à ce moment, la controverse serait présente, mais l’anime nous dit de respecter ce choix.

Cependant, quelques minutes avant la fin, Kirino déclare cette réplique ultime

« … donc, on devrait arrêter là, comme promis ? »

Ce qui signifie que Kirino et Kyousuke mettent fin à leur relation. Et en guise de dernière scène, on voit le groupe entier à Akihabara comme si rien n’était arrivé. Et là est tout le problème, car cette fin est une insulte totale envers les autres personnages. Kuroneko est partie et d’un coup, elle revient comme ça ? Ayase s’est prise un râteau et elle a tout oublié ? Juste non.

En bref, l’auteur n’a pas du tout assumé la fin et a reculé pour éviter le scandale. Heureusement que dans Eromanga-sensei, il tue le suspense dès le début. 

“Achète le manga !”

Enormes spoils d'Après la Pluie

La « romance » entre une adolescente de 17 ans et un homme de 40 ans. Dit comme ça, le synopsis sonne très glauque, mais ne vous inquiétez pas, c’est tellement bien écrit que ça ne choque pas (et je vous le montre là). Pour rester bref, la relation entre Akira et Masami possède une véritable profondeur. Chacun d’entre eux est important pour l’autre et l’anime nous le montre bien. D’un côté, Akira est à deux doigts de renoncer à sa passion de l’athlétisme, mais Masami arrive à lui redonner la flamme. Et de l’autre, Masami se remet à écrire grâce à Akira.

Tout le long de l’anime, on suit l’évolution de cette relation atypique entre Akira et Masami. Leur rencontre, les moments de doute, les sublimes regards d’Akira se suivent jusqu’au final. Akira rattrape une énième boulette de son patron en lui ramenant un dossier. Les deux se séparent avant que la jeune fille fonce enlacer son patron. Juste après, les deux se font la promesse de réaliser leurs rêves avant de se mettre ensemble.

Alors oui, ce n’est pas une vraie fin dans le sens où l’histoire continuera après. Cependant, cette conclusion n’est pas du tout frustrante. Elle marque un point final dans l’intrigue de l’anime, à savoir présenter la relation et son influence sur les personnages. Bien sûr qu’elle se poursuit, mais ceux qui veulent se contenter de ça peuvent le faire. Pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus, le manga est disponible.

Enormes spoils de King's Game

kings game to be continued

Incontestablement l’un des animes les plus mauvais que j’ai pu voir : rien ne va dans King’s Game (dont j’ai déjà parlé ici). Les dessins accablent tant ils ne ressemblent pas à des humains. La violence gratuite et le fanservice essaient de donner à un anime dont le scénario enchaîne les non-sens. Les explications n’arrivent pas à convaincre. En même temps, qui peut croire qu’un virus a contaminé les élèves avec leur téléphone ? Et que ce dernier les tue si les ordres ne sont pas appliqués ?

Après une vague de morts aussi impressionnantes qu’antipathiques, nous voici au dernier épisode où il ne reste que trois survivants. Nobuaki (le perso principal) arrive à tuer Natsuko (la méchante), mais elle arrive à le descendre avec lui. Tout le monde est mort, ce qui dans les règles du King’s Game met un terme définitif au jeu.

Mais que voit-on dans une scène postcrédit ? Une lycéenne qui reçoit les ordres d’un roi et qu’elle devra exécuter suivi d’un carton « To be continued ».

Tout est mensonger dans cette fin, qui ne respecte pas les règles. Le jeu est terminé pour de bon, mais en réalité non. Pourquoi ? On ne le saura jamais. De plus, le message de fin indique une potentielle suite. Ce qui est un énorme mensonge puisque rien n’a annoncé une saison 2. Et de toute manière, elle n’aurait jamais vu le jour tant l’anime a été une catastrophe de bout en bout.

Les foutages de gueule

Enormes spoils de Kuzu no Honkai

Kuzu no Honkai (la critique complète) se place en bonne position dans la lignée des animes qui mettent dans le mal. Tout le long de l’anime, on assiste à la longue descente aux enfers d’Hanabi et de Mugi. Les deux qui sont amoureux de leurs professeurs, mais qui se mettent ensemble. Pour compenser, les lycéens décident de se caser alors qu’ils ne s’aiment pas. Ce qui n’est pas très propre, mais quand d’autres personnages s’ajoutent, ça devient le bordel.

Malgré ce scénario ultra pessimiste, l’histoire arrive à nous faire ressentir de l’empathie pour ses personnages. Hanabi et Mugi s’enfoncent dans la dépression et dans le sexe : une chute qui traduit leur douleur. Une chute pour mieux remonter par la suite en faisant respectivement le deuil de leur amour respectif.

Une fois cela réalisé, on pourrait penser que les deux allaient se mettre ensemble. Après tout, ils vont vécu tellement de choses ensemble, sans compter des sentiments commençaient à naître. Les voici dans une classe vide, seuls tous les deux. Ils s’enlacent et s’échangent des mots d’affection. On se dit que c’est gagné… eh bien non. Les deux se séparent pour de bon sous la musique de l’ending.

Sur le coup, cette fin se montre très frustrante. Hanabi et Mugi ont touché le fond et sont revenus de l’enfer, en exorcisant leurs démons. Ils méritent bien d’être heureux, non ? Oui, mais ont-ils besoin d’être ensemble pour le devenir ?

Les deux ont traversé des moments très douloureux et leur promesse se reposait dessus. Une fois réalisé, le faux couple n’avait plus raison d’être. Une symbolique dont le contexte amplifie : le dernier épisode se passe à la fin de l’année. Et comme ils étaient en terminal, c’est également la fin de leur cursus lycéen. Avec leurs anciens professeurs, ils y donc laissent leurs souffrances, leurs passés leurs démons. Le tout pour prendre un nouveau départ qui, on l’espère, sera plus radieux.

Enormes spoils de Mayoiga

5.63/10 sur MAL, ce qui n’est pas du tout bien. En effet, Mayoiga fait partie des purges des animes avec Conception et School Days. Pourtant sur le papier, l’histoire tenait la route. Un groupe de gens qui vont dans un village abandonné pour repartir d’un bon pied. Mais bien sûr, ça tourne mal. Pleins de phénomènes étranges arrivent et évidemment, certains décéderont. Par conséquent, les survivants vont tout faire pour sortir de cet enfer.  

Mais dans les fans, c’était… argh. Le nombre de personnages frôle l’explosion. Ce qui est très loin d’être de bon augure, car cela signifie que beaucoup passeront à la trappe. Cela n’a pas manqué puisque pour la grosse majorité d’entre eux, on mentionne à peine leurs noms. Et même quand c’est le cas, leur développement reste inexistant. De plus, ils sont gavants et détestables à l’extrême. Leurs choix n’ont aucun sens : on sait qu’ils sont fous, mais quand même.

Du coup, on ne sait jamais comment prendre cet anime : soit comme une comédie ou un vrai anime d’horreur. Tout approchait le néant que la plupart l’ont pris comme un nanar. Et ce n’est pas la fin qui allait arranger tout ça. Après qu’un énorme monstre poursuit le groupe, chaque membre se trouve confronté à un dilemme : rester dans le village ou partir. Le collectif se sépare et ça aurait pu s’arrêter là.

MAIS

Mitsumune se réveille avant que le bus démarre avec une magnifique chanson chantée par le groupe. Oui, tout l’anime n’a servi strictement à rien.

La fin de l’article

 

Comme vous avez pu le voir, exécuter une bonne fin, c’est loin d’être simple. Bien souvent, le manque de temps ou de développement oblige les conclusions à sauver les meubles. Ce qui est bien dommage parce qu’une bonne fin, elle se retient. Tout comme leurs animes, en bien.

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