Otaku A vs Otaku B : la vraie signification

Fandom

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Quelques mois auparavant, j’avais fait un top 5 de mes critères d’appréciation d’un anime. Dans ce top, j’avais dit que les personnages avaient plus d’importance que les reste. C’est peut-être la même chose pour vous…ou pas. Chacun a ses propres préférences en termes d’anime et il convient de les respecter. Que soit les vôtres ou celles des autres.

Cependant, la communauté adore mettre des choses dans des cases. Et nous, fans d’animes, n’échappons pas à la règle. Pour notre cas, le sacro-saint forum 2chan a établi en 2010, 2 types d’otakus. Une classification qui a été relayée par Adala News.

Les otakus de type A seraient ceux qui préfèrent les animes avec du scénario, du vrai. Ils détesteraient pas dessus les animes sans réel contenu. Donc exit les tranches de vie moe. Enfin, ils seraient fiers de la japanime en tant qu’art. Ce qui fait qu’ils détestent les œuvres « commerciales ».

De l’autre côté, les otakus de type B apprécient les animes à travers les personnages. Tant que leurs relations restent intéressantes, le scénario passe au second plan. En conséquence, ils seraient plus réceptifs au moe et allergiques aux animes trop complexes.

Comme prévu, ce genre de classement a entraîné la réaction escomptée. La communauté s’est déchirée en deux clans, qui se caillassent en toute cordialité. Les otakus A se prétendant être des véritables connaisseurs de la japanime, les B n’étant que des weebs. Tandis que les otakus B reprochent aux A d’être des snobs hautains. Une situation très sympathique pour ceux qui voulaient une communauté unie.

La question de cet article ne sera pas de déterminer dans quel type vous êtes. Vous êtes capables de le faire tout seul … si vous y arrivez. Car vous allez vite vous rendre compte que vos goûts vous feront rentrer dans les deux catégories. Nous aimons les animes pour des raisons très variées. Comment résumer nos diverses préférences en une seule catégorie stricte et arbitrairement définie ?

Néanmoins, si j’ai décidé d’écrire sur ce meme, c’est parce qu’il n’est pas aussi stupide qu’il le laisse à penser. En effet, cette dualité permet d’expliquer un phénomène important dans le fandom :

COMMENT APPRECIONS-NOUS LES ANIMES ?

Cette idée m’est parvenue après ma lecture de Génération Otaku de l’essayiste Hiroki Azuma. Cet ouvrage, disponible en français, analyse le fonctionnement de fandom otaku et ses spécificités. Azuma en conclut que la culture otaku se repose sur les codes d’Internet, média où elle règne en maîtresse. Ces codes se ressentent dans le processus de création, ainsi que dans les modes de consommation.

En mêlant cet ouvrage et ce meme, 2 modes d’appréciation des animes se dégagent. C’est parti pour la vraie différence entre les otakus de type A et B.

Otaku A : celui qui privilégie l’histoire (Modèle de l’arbre)

 

Selon le classification, les otakus A porteraient plus d’importance à l’histoire. Ou pour être plus précis, ce n’est pas les péripéties qui intéressent le plus les otakus A. Mais quels messages cette histoire transmet. Qu’il agisse d’une conception du monde, de vérités philosophiques ou morales. Pour que ces valeurs aient un minimum de sens, l’anime doit se passer dans un univers très fourni. Car les personnages ne sont que des éléments de cet univers, qu’ils vont chercher à comprendre.

Ce fonctionnement narratif a été théorisé par le mangaka Eiji Ôtsuka comme le modèle de l’arbre. Le récit de l’anime n’est qu’une mise en scène d’un Grand Récit, une histoire qui possède un message d’une portée universelle. On peut penser à la Bible pour la religion catholique ou le mythe de la création de Rome par exemple.

Vous voulez un exemple dans le domaine animé ? Les shonens nekketsu. Dans chacun d’entre eux, l’histoire raconte les aventures d’un jeune garçon vers sa quête. Accompagné par des camarades, il va devoir se surpasser pour atteindre son objectif final. Ce scénario du parcours initiatique existait déjà bien avant. On pourra citer des œuvres comme l’Odyssée ou Star Wars dans une époque plus récente. One Piece, Naruto et autres Dragon Ball ne sont que des répétitions de ce mythe.

Dans cette optique, un anime est considéré comme bon si le message que l’auteur souhaite transmettre est grandiose. En ce sens, tout l’anime sera jugé autour, de l’univers aux personnages. Le scénario le long de l’anime servant à étayer le propos de l’artiste.

Comme exemple de récits, on pourra citer Gundam et son univers très fourni, Psycho-Pass avec ses réflexions philosophiques ou encore Death Note.

Otaku B : celui qui privilégie les personnages (Modèle de la base de données)

 

Contrairement aux otakus A, les otakus B portent plus d’importance aux personnages. Sans forcément être réaliste, ils doivent susciter un certain attachement de la part du spectateur. De ce fait, le reste passe au second plan tant que ces personnages présentent un développement, des relations ou un caractère intéressant. Les personnages se créent d’abord, puis l’histoire suit après.

Ce raisonnement s’exprime à son plein potentiel dans les tranches de vie moe. Des animes qui présentent le quotidien de filles mignonnes qui font des activités diverses. L’aspect narratif se limite au strict minimum, quand il n’est pas inexistant. Ces animes abordent des thèmes qui sortent de l’ordinaire. Mais l’intérêt de ce genre d’œuvres se trouve dans les personnages et leurs relations.

Bien qu’il ne raconte rien, pourquoi ils sont aussi populaires ? Eh bien, c’est grâce aux éléments d’attraction. Ces éléments d’attraction sont des choses mises en place pour émouvoir le spectateur. Ils peuvent être des éléments graphiques (comme l’ahoge), scénaristiques (un milieu exclusivement féminin) ou de caractères (les tsunderes). Dit comme ça, on pense instinctivement au moe, qui n’est qu’au final qu’une somme de ces éléments.

Ces éléments d’attraction reviennent régulièrement dans ces animes. Et ils ne débarquent pas de l’imagination débordante des auteurs. Mais d’une base de données géante et invisible, réunissant tous ces clichés. D’où son nom : le modèle en base de données. Les auteurs n’ont plus qu’à choisir ces éléments et à les assembler pour créer les personnages. Comme je vous l’ai dit dans un précédent article, le plus important, c’est le physique, la personnalité et les relations.

Oui mais voilà, il ne suffit pas de prendre ces éléments tels quels. Tout le succès de ces séries repose sur le meilleur équilibre entre ces divers éléments. Ils doivent respecter les éléments utilisés pour émouvoir le spectateur. Mais également jouer avec pour se distinguer des autres et marquer les esprits.

CONCLUSION

 

Au début de cet article, j’avais démonté la stupide classification des otakus A et B. Des catégories qui ne font que diviser les fans. Quelque chose dont on aurait très bien pour se passer. Mais avec cet article, on se rend compte que cette séparation ne vient pas de nulle part.

Elle correspond à deux schémas de pensée très différents. Le premier met en avant le message de l’œuvre. Un message qui correspond à un grand récit universel. Tel un arbre, le Grand Récit donnent naissance à pleins de branches. Chacun d’entre eux correspondent à un anime.

Alors que le second privilégie les personnages. Personnage construit grâce à des éléments graphiques qui ont fait leurs preuves. Comme un empilement de données que l’on sort d’une base. Le scénario reste très basique, ce sont les personnages et les thèmes qui font la différence.

Pour finir, on pourrait se demander quelle mode de pensée est prédomine aujourd’hui. Au Japon, il est clair que la base de données règne. Il suffit de voir les tranches de vie ou les isekais qui rencontrent de plus en plus de succès. Ceci aux dépens d’autres séries certes très intéressantes mais qui se débarrasse des éléments d’attraction. On se retrouve avec les archétypes de série que nous connaissons tous. Les isekais, le moe, les ecchis, etc etc.

Par contre en France, aucun modèle ne distingue réellement car notre pays présente un cas particulier. Car d’un côté, notre éducation nous fait pencher vers le modèle de l’arbre. Avec les commentaires de texte et les dissertations, nous avons appris à décrypter un texte pour en dégager son propos. Un propos qui a sens avec le contexte historique. Du coup, quand on regarde une œuvre, on essaie d’en dégager le message.

De l’autre côté, Internet a totalement changé notre méthode de penser. Parce que les informations apparaissent en masse et il devient vital d’en faire le tri. Dès lors, nous sommes mis à ranger les informations pour éviter que notre cerveau explose. On simplifie celles qui se ressemblent et éliminons celles qui prennent trop de temps à analyser. Ce que l’on appelle le système d’étiquettes (ou tags). Ce qui nous importe, c’est l’originalité et la maîtrise de la combinaison d’éléments connus de tous.

Et vous, vous êtes Otaku A, qui pense comme un artiste ? Ou un otaku B, qui réfléchit comme un chimiste ? 

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Database d'anime, de seiyuu et d'opening sous forme humaine. Joueur de LLSIF à ses heures perdues. Trouvable sur Twitter (@RequiemForFemto) et MAL (xxxPhantom).

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