Pourquoi faire des animes et qui les font ?

How to Anime
 
Alala, déjà la troisième fois que je reposte cette article (mais cette fois, c’est sûr que c’est la dernière). Il s’agit de mon article fondateur de ma série que je poursuis encore : les plongées dans l’industrie de l’animation (pour lesquels je n’ai jamais trouvé de nom en 1 an). Cela reste un thème très cher à mon coeur et très important également. En effet, on entend de plus en plus que les animes perdent en qualité, que cela soit au niveau scénaristique ou technique. Pourtant, elle a fait un bond phénoménal depuis les années 90 et sa croissance n’a jamais été discontinue. Entrer dans le système permet de comprendre cela mais aussi les difficultés que l’industrie fréquente au quotidien. Bref, répondons aux questions du jour. 
 
L’animation japonaise (plus connu sous le nom d’anime) est devenu un des piliers de la culture populaire du Japon voire d’Internet. Son style graphique particulier en est devenu sa signature : les grands yeux, les cheveux multicolores touçaça. Malheureusement, les coulisses restent assez obscures : beaucoup de personnes pensent que les animes sont des œuvres d’art (ce qui est vrai mais pas seulement) et qu’ils sont faits dans cette optique. Mais ce serait oublier que les animes fait partis d’un circuit industriel qui doit répondre à une demande. 

I/Pourquoi produire un anime ?

Question conne pour certains, mais elle mérite d’être posée : pourquoi adapter quelque chose en anime ? Et bien, la réponse est assez simple en fait :

ANIME = PUBLICITÉ

Une adaptation animée a pour but de faire décoller les ventes d’un produit. Intuitivement, on pense aux jouets mais le plus souvent, une œuvre, que cela soit un manga, un LN, un VN ou un jeu vidéo. De plus, cela permet de se distinguer des œuvres du même genre car il a le luxe d’avoir un support animé. Par exemple, comment faire la distinction entre des centaines de LN scolaire/comédie romantique sur le marché ? Avec un anime, pardi. Ces derniers se vendent mieux car l’anime permet de faire office d’échantillon gratuit qui vous incitera à acheter le support original (n’est-ce pas, Haganai S2 ?).
 
D’ailleurs, pour les saisons 2, tout dépend des chiffres de ventes et du contexte. Si l’anime fait beaucoup de ventes, les prémices d’une suite sont plus que favorables. Mais s’il est daté ou si l’oeuvre originale est arrêté, il y aura plus de réserve car il est fort probable que l’attente autour soit retombée. Relancer une franchise relève d’une grosse prise de risque et il y a autant d’échecs (Durarara, Kiseijuu, Rozen Maiden 2013) que de réussite (Jojo, Railgun S, Fate/Zero).
 
Pourtant, si ce n’est que pour un but promotionnel, un spot publicitaire suffirait largement. Et bien en fait, créer plusieurs sources de revenus est beaucoup plus intéressant pour les éditeurs : après la diffusion à la télé, tous les animes s’assurent une source de revenus que cela soit en DVDs ou en merchandising (la plupart du temps), en dehors des revenus publicitaires étant donné que la plupart des animes sont diffusés la nuit. En parlant d’argent, savez-vous combien il en faut pour produire un seul épisode ? Entre 100 000 et 300 000 $. Vous pensez que c’est beaucoup ?
 
Pour comparaison (par épisode):
 
cg
Code Geass: Lelouch of the Rebellion (Sunrise) : 100 000 – 300 000 $
 
sp
South Park (Comedy Central): 1 400 000 $
 

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Les Simpsons (FOX) : 2 000 000 $
 
Quand on dit que l’animation japonaise est cheap, elle ne faillit pas à sa réputation.

II/ Qui font naître les anime ?

Dès que l’annonce d’un anime est publiée, il se crée un comité de production.
 
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To aru Majutsu no Index II (J.C Staff)
 
Apparaissant dans les openings sous des noms comme « Project XXX » ou « XXX Commitee », ce comité est un groupe de compagnies qui apporte chacun quelque chose pour que l’anime soit réalisé. Notez que n’importe quelle entreprise peut entrer dans le comité: par exemple, Mitsubishi qui finance le monde secret d’Arrietty. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce ne sont pas les studios d’animation qui choisissent les œuvres à adapter. Ils jouent très souvent le rôle de sous-traitant qui reçoit les commandes de diverses maisons d’éditions, qui leur fourniront un budget et un cahier des charges plus ou moins souples.
 
Pour voir comment il se met en place et fonctionne, prenons un exemple. Imaginons un manga fictif « Japan Vrac » écrit par shu et dessiné par Void. Les ventes sont assez conséquentes mais moi, leur chef éditorial, trouve qu’on peut aller plus loin. Ni une ni deux, j’appelle bichette, un producteur qui va réunir des fonds et m’aider à constituer le comité de production. Ce comité réunit plusieurs représentants dont : moi-même (détenteur de la licence) et bichette (production) mais aussi shami (studio d’animation). Lors de la première réunion, nous allons déterminer la stratégie commerciale de la série (nombre d’épisodes, public visé, heure de diffusion, merchandising) ainsi que l’équipe qui réalisera le projet. Dans le jargon, on appelle cela le Planning.
 
Dans cette réunion, si les auteurs ont des requêtes, le comité devra impérativement les prendre en compte. Par exemple, s’ils veulent des seiyuus connus dans le cast, nous n’avons pas d’autre choix que d’accepter mais cela ne nous interdit pas d’en discuter. Cependant, shu et Void sont très occupés car ils doivent fournir leur chapitre hebdomadaire. Comme ils ne peuvent pas venir, je deviens leur agent et m’assure que tout se déroule comme ils le souhaitent. Il s’agit que d’un exemple fictif, mais il représente bien comment se met en place les comités de production et les rapports hiérarchiques entre chaque participant.
 
Exemple de comité (réel cette fois-ci) d’un anime pas très connu :
 

Shingeki no Kyojin (WIT Studio)
 
  • Production : Dentsu, Pony Canyon Enterprises
  • Studio d’animation : Wit Studio (filiale de Production I.G)
  • Musique : Pony Canyon
  • Editeur : Kodansha
Une fois le comité mis en place, la production des épisodes peuvent commencer. Comme vous l’avez vu, la création d’anime est loin de se faire par la seule volonté des studios. La plus plupart se contentant des ordres des éditeurs. Et vous, quel manga/LN/ VN aimeriez vous voir être adapté ?
 
Sources :
Bannière :
  • Shirobako Episode 16 (P.A Works)

Database d'anime, de seiyuu et d'opening sous forme humaine. Joueur de LLSIF à ses heures perdues. Trouvable sur Twitter (@RequiemForFemto) et MAL (xxxPhantom).

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