Goblin Slayer et Irozuku : deux animes, deux ambiances

Goblin Slayer et Irozuku : deux animes, deux ambiances

A chaque fin de saison, j’essaie de faire une critique sur un anime de la dite saison. En général, j’ai déjà quelques idées d’animes à traiter. Parce que je les ai vus et ils méritent qu’on parle d’eux. Mais cette fois, j’ai décidé de lancer un sondage sur l’anime dont j’allais parler aujourd’hui. Et vous avez choisi un anime dont j’ai déjà abordé : Goblin Slayer.

Ah la la, Goblin Slayer, un anime qui fait beaucoup parler de lui à sa sortie. A cause de la fameuse scène que vous connaissez (NSFW). Mais pourtant, Goblin Slayer c’était loin d’être que ça. On nous promettait beaucoup d’action et surtout des massacres de gobelins. Alors est-ce la promesse est tenue ?

Goblin Slayer

Présentation de l’oeuvre

 

Pour ceux qui aurait raté le train, Goblin Slayer est un anime de 12 épisodes produits par le studio White Fox.  Il s’agit d’une adaptation du LN écrit par Kumo Kagyu et illustré par Kannatsuki Noboru. Un LN qui a été aussi adapté en manga, sorti en France chez Kurokawa.

« L’histoire » se déroule dans un monde fantastique dans lequel les gobelins font des ravages. Pour se débarrasser d’eux, les habitants font appel à des aventuriers. Et parmi eux, un se distingue des autres à cause de son nom : Goblin Slayer (litt. Le trancheur de gobelins). On suivra donc les quêtes et son groupe composé d’une prêtresse, une elfe, un gnome et un homme lézard.    

L’histoire est inexistante

Aucun respect pour les personnages

 

Si vous trouvez le concept du scénario simpliste, c’est tout à fait normal. Puisqu’il est INEXISTANT. Ce n’est pas pour rien que j’ai mis histoire entre parenthèses. Et c’est totalement assumé par l’auteur à travers plusieurs points.

Déjà, cela n’aura échappé à personne mais les personnages n’ont pas de nom. Ils sont nommés en permanence par des surnoms ou leurs fonctions. Alors en soi, ça donne un côté mystérieux pour Goblin Slayer et une dimension conviviale pour son groupe. Cependant quand vous découvrez qu’ils n’ont pas de prénoms, ça surprend et c’est loin d’être une bonne chose.

Parce qu’un nom permet de donner une identité propre au personnage, de le rendre unique pour qu’on souvienne de lui. Mais quand les personnages s’appellent « Prêtresse », « Elfe » ou « Gnome », vous les réduisez à leurs rôles. Du coup, ce sont juste des personnages randoms trouvables dans n’importe quel autre RPG.

Sans compter que ce sont des méga clichés. Avec la prêtresse pure (et vierge de facto), fragile et innocente. L’elfe archère tête brûlée, grande gueule qui ne tient pas l’alcool. Le gnome vieux, beauf et alcoolique. Et l’homme lézard sage mais qui candide sur les bords. On est bien servis car au fond, ils sont assez attachants.

Mais c’est dommage qu’ils n’ont aucun background. Au niveau personnalité, on repassera. Puis, on connaît certes leurs objectifs, mais c’est trop léger. Ils se résument en une ligne et sont réalisés dès les premiers épisodes. On va bien que l’auteur ne compte pas sur le développement des personnages pour faire rester les lecteurs.  

L’univers le moins original du monde

 

De plus, on ne sait rien du tout sur l’univers. En gros, on sait que c’est un monde médiéval fantastique et que des monstres terrorisent la population. ET C’EST TOUT. Rien sur une cartographie de la région, son histoire ou son fonctionnement. OSEF total.

Pareil pour la guilde que l’on voit durant tout l’anime. Pleins d’aventuriers sont présents de manière récurrente mais aucune idée de leurs histoires personnelles. La fille que l’on voit en permanence ne sert à rien, à part nourrir les doujins. En fait, nos héros viennent juste récupérer les quêtes et rien d’autre.

On peut déjà voir qu’avec tout ça, on sent direct que l’intérêt de l’anime ne pas va être les histoires torturées des personnages dans un monde dystopique et ultra violent. Mais des scènes d’actions à la chaîne pour défoncer des gobelins. Mais alors est-ce que c’est réussi ? … Mouais.

Le contenu est fade 

Des combats qui deviennent lassants 

 

Parce qu’au niveau des combats, il faut être honnête : c’est loin d’être dégueu. Tout au long des 12 épisodes, chaque scène de massacre combat sont assez jouissives à regarder. Ils se déroulent principalement dans des endroits sombres, ce qui renforce le côté étouffant. Bien que le suspense tombe assez vite puisque qu’on sait que les gobelins vont se faire déchirer.

Ce qui l’occasion de montrer le côté impressionnant de Goblin Slayer. Un guerrier masqué athlétique et impitoyable, une sensation qui fait son effet. Renforcée par le travail esthétique autour du personnage. Avec notamment son fameux œil rouge qui s’illumine quand il est en mode berserker. Ou encore à travers son histoire, mais qui (on va se l’avouer) est OSEF.

A côté de son côté barbare, le personnage est également assez fin. Ayant un gros tableau de chasse, il connaît toutes les stratégies pour se défaire des rampants. Ce qui donne une notion stratégique aux combats, qui ne se résument pas à du bourrinage. Chaque épisode mettra en place un plan différent pour varier les plaisirs. Explosions, démembrement, sorts, il y en a pour tous les goûts.

Mais voilà, c’est varié et assez bien réalisé dans l’ensemble. Mais on finit par trouver tout ça lassant. Car en dehors de la méthode, les épisodes finissent par se ressembler. Introduction, blabla, baston, fan service, fin. Et là, on sent vraiment le manque de scénario pour lier tout ça. Pour avoir sa dose d’action hebdomadaire , ça peut le faire. Mais à marathonner, c’est l’enfer.

Le fan service ne fait rien

 

Et ce n’est pas le fan service qui va arranger tout ça. Olala, le fameux fanservice pour lequel Goblin Slayer s’est défoncé pendant 2 semaines. Alors, on va faire court : ce fanservice borderline ne sert à rien à part ” montrer ” du “plot”. Et ce n’est pas les justifications pourries des auteurs qui vont changer cet état de fait. Les gobelins se reproduisent avec des humaines ? J’espère pas vu comme ils traitent leurs victimes.

Surtout que ce fan service a fini par être censuré. Entre le premier et le dernier épisode, on sent un gros coup de frein. En même temps, ce n’était pas comme c’était le quasi-unique intérêt de la série.

CONCLUSION

 

Goblin Slayer est un anime sans prétention, qui s’était fixé un objectif clair : divertir avec des bastons gores et du fan service. Tout a été conçu dans cet unique but. Les personnages qui n’ont pas de nom ni de passé. L’univers généraliste. Les monstres faiblards. Le spectateur n’a pas besoin de faire des efforts mentaux de fou. 

Et en ce sens, la mission est accomplie. Les combats sont bien réalisés et jouissifs. Avec des personnages bien cools, Goblin Slayer en tête. Qui est loin d’être une brute dénouée de cervelle. Bien au contraire, son expertise va sauver son équipe plusieurs fois.

Mais en dehors de ça, c’est bien vide parce qu’il n’y en a pas grand-chose à dire. Goblin Slayer, c’est bien comme pur divertissement, mais pour le reste, c’est trop léger. Comme cette critique, beaucoup trop court comparé à mes standards. Du coup, je vais me permettre d’aborder un autre anime, beaucoup poétique.

Irozuku Sekai no Ashita kara  

Présentation de l’oeuvre

 

Irozuku Sekai no Ashita kara (ou Irozuku) est une anime original de 12 épisodes produit par le studio P.A Works. L’anime est réalisé par Shinohara Toshiya, connu pour son travail sur Nagi no Asukara, un bon anime de 26 sorti en 2013.

L’histoire se passe en 2078 à Nagasaki, où Tsukishiro Hitomi est une mage et fait partie d’une grande lignée. Mais après un tragique accident, elle voit le monde en monochrome et déteste la magie. Sa grand-mère, Kohaku, décide de la téléporter à son époque, soit 60 ans en arrière. Hitomi retrouvera sa jeune grand-mère et ses amis de son lycée. S’en suivra une histoire de découvertes et de magie.

C’EST BEAU BORDEL

 

Bon, la première chose qui frappe avec Irozuku, c’est que c’est putain de beau. Alors, cela ne se voit pas à vue de nez. Le chara design est assez moche et terne. Mais question de goût : j’aurais aimé un peu plus de couleur et de vie. Tandis que les décors sont corrects sans être excellents.

Alors, dans ce cas, qu’est-ce qui rend cet anime magnifique ? Une image (animée) vaut plus que des mots :

review anime automne 2018 irozuku

Et l’anime parsème pleins de scènes de ce genre. Des scènes à l’allure différente, que cela soit leur style graphique ou de leur composition. Pour le premier point, on revient à un style crayonné simpliste aux premiers abords. Mais se retrouve être très riche en couleurs. Ce qui créé un décalage avec le reste de la série, dans lequel on en prend plein les yeux.

Mais cette sensation se retrouve aussi dans des scènes plus normales, où les effets visuels prennent plus d’importance. Quand Hitomi et Kohaku utilisent leur magie, le rendu utilise beaucoup d’effets spéciaux bien dosés. Du coup, on reste dans l’histoire pendant que les yeux profitent.

Le scénario

 

Surtout que ce visuel très léché sert le scénario, qui n’est pas d’une transcendance infinie. On reste sur de la tranche de vie dramatique comme on les connait. Mais Irozuku arrive à se donner un minimum d’ambition dans sa narration.

Hitomi, jeune fille perdue du futur 

 

Déjà, le personnage d’Hitomi. Une fille mal dans sa peau, qui voit le monde en noir et blanc. Au début de la série, on la voit une jeune fille très distante et renfermée. Quand sa grand-mère vient la voir pour la première fois, c’est à peine si elle arrache un sourire.

Je pense que je n’ai pas vraiment besoin de vous expliquer la métaphore du daltonisme d’Hitomi. Mais pour les cons autres, notre jeune fille au cheveux blancs n’arrive pas à voir le même monde que les autres. Bien que les événements soient époustouflants, elle ne voit qu’un monde froid et sombre. Une perception personnelle qui affecte son comportement. 

Kohaku, grand-mère qui en a sous le chapeau

 

Un comportement qui tranche avec celui de sa future grand-mère, Kohaku. C’est bien simple : elle explose tout. Mais vraiment …

Kohaku est un personnage très dynamique et plein de vie. A fond dans la magie, elle entraînera ses autres camarades dans ses rituels. Des passages où en prend plein les yeux, comme quoi la réalisation met en avant ces scènes.

Mais derrière ses allures de catastrophe ambulante, Kohaku possède une grande maturité. Son traitement alterne entre les scènes légères avec le club, où elle se trouve plein de ressources. Et les scènes plus posées, propice à des discussions plus sérieuses. Avec plein de bienveillance, elle prendra Hitomi sous son aile et l’accueillera sans se poser de questions. Alors qu’elle vient du futur, quand même. Tout au long de l’anime, son influence sur Hitomi se fera sentir. Avec finesse, Kohaku poussera sa petite fille à s’ouvrir aux autres petit à petit. A commencer par le club photo.

Les membres du club de photo

De gauche à droite : Sho, Yuito, Chigusa, Kurumi, Asagi, Kohaku, Hitomi

Les amis de Kohaku font partis du club de photo, dirigé par Yamabuki Sho. Un lycéen baraqué mais passionné par l’art de la photo. Il organisera les principaux événements de l’anime, comme les shootings.

Il possède une amie d’enfance, Asagi qui est amoureuse de lui (bien sûr). Asagi est un personnage sensible qui peine à s’affirmer. Surtout au moment de promouvoir son travail. Mais aussi quelqu’un qui n’aime pas les conflits. Mais qui devra fatalement arriver à certains moments.

Ensuite, on a Kurumi et Chigusa, qui est le couple marrant de la série. Leurs « disputes » donnent la touche légère de l’anime. Avec Chigusa qui taquine Kurumi, réagissant toujours au premier degré. Dans un registre plus sérieux, Chigusa est un peu plus mis de côté. Alors que Kurumi démontre ses talents de conseillère à ses kouhais, Hitomi et Asagi.

Enfin, il reste Yuito, qui ne fait pas de photo. Mais du dessin, qui font visiblement de l’effet à Hitomi. Puisqu’elle peut voir les couleurs des dessins de Yuito, mais aussi la vie à l’intérieur. En particulier, ce fameux poisson volant doré, qui revient souvent. Cette particularité va rapprocher les personnages, qui forme un couple complémentaire et qui permet aux deux d’évoluer. Yuito va pouvoir prendre du plaisir à dessiner, tandis que Hitomi se réconciliera avec elle-même.

Grâce à ce groupe, Hitomi va progressivement reprendre des couleurs (dis-moi que t’as compris la blague). Elle se remettre à sourire, à profiter des moments avec eux et se lancer dans la magie. Elle qui avait toujours détestée ça. Pour notre plus grand plaisir.

CONCLUSION

 

A l’instar de Goblin Slayer, Irozuku est un anime beaucoup plus calme qui prend le temps de poser son ambiance. Un cadre calme qui incite à la détente, avec une histoire simple à suivre. Mais qui n’est pas dénuée d’intérêt, avec Hitomi qui va se métamorphoser le long de l’anime.

De fille renfermée, elle va devenir une fille souriante, plus sereine et plus heureuse. Son daltonisme va s’effacer pour permettre à la magie de rentrer dans sa vie. Une magie superbement mise en scène avec un style graphique crayonné du plus bel effet. Sans compter les effets visuels parsemés ça et là.

Tout cela pour un message évident : tout est une question de point de vue. Si vous pensez que votre vie est pourrie, soyez attentif autour de vous. Qui sait, peut-être que vous tomberez sur quelque chose qui vous « redonnera vie ». Qui redonnera des couleurs à votre existence et vous en donnera encore plus.

Et c’est tout pour ces deux animes, qui ne sont pas si différents que ça. Les deux animes restent des animes très détente avec des scénarios faciles à comprendre. Mais qui mise sur leur ambiance pour transporter les spectateurs. Pour ma part, Irozuku m’a plus convaincu. Mais peut-être pas pour vous.

Alors, vous avez préféré Goblin Slayer ou Irozuku 

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