Hinamatsuri : comment faire un anime drôle et émotionnel ?

Anime Review

En ce mois de février, quoi de mieux que de parler d’anime de l’hiver … 2018. ATTENDEZ, NE PARTEZ PAS TOUT DE SUITE ! On va parler d’un bon anime, je vous le jure. Pour faire UN MEGA ARTICLE sur les animes de 2018 (prévu pour fin mars), j’ai commencé la longue liste de ce je devais rattraper. Un peu comme ce mec qui charbonne avant le BAC.

Ce que je dois rattraper en 3 semaines

Et pour inaugurer cette longue session de rattrapage, j’ai commencé par Hinamatsuri. Un anime qui ne paye vraiment pas de mine au premier abord. Déjà, ce n’est pas joli : on a vu (beaucoup) plus beau et coloré. Ensuite, le semblant de scénario est … déroutant. Des combats contre des moines ? Une capsule avec une tête ? … Mouais. De quoi parle cet anime ? J’en savais pas plus que vous (si vous l’avez pas lu avant).

Mais forcer de croire que ce mélange absurde a réussi à me séduire … en partie.

Présentation de Hinamatsuri

 

Hinamatsuri est un anime de 12 épisodes produits par le studio feel. Il est adapté du manga du même nom qui compte 83 chapitres traduits. L’histoire nous raconte l’apparition d’Hina dans le salon de Nitta Yoshifumi, un yakuza. Hina est une extraterrestre dotée de pouvoirs télékinésiques, ce qui ne manque pas de mettre le bordel dans la vie de Nitta. N’ayant nulle part où aller, Nitta est obligée de s’occuper d’elle. La nourrir, la loger et l’envoyer à l’école.

Alors qu’il ne voit en Hina qu’un boulet (et un gouffre financier), il se rend compte que ses pouvoirs lui permettent de défoncer un clan ennemi. Nitta va alors définitivement adopter Hina et la cohabitation entre nos deux lurons commence pour de bon.

Un anime drôle…

 

Déjà, ce qui frappe avec Hinamatsuri, c’est à quel point tout dans l’anime semble improbable. On a l’impression que l’auteur a balayé du regard sa chambre et à tout mis dans son manga. Ou que c’est un enfant de 10 ans qui a écrit le bouzin. Non mais sans déconner, une esper qui débarque chez un yakuza et qui va devenir son père. TOUT VA BIEN (il n’y a que les animes pour pondre des scénarios pareils).

Et le pire … c’est ça marche bien. Le contexte est aux antipodes des comédies habituelles, qui déroulent avec des lycéens et à l’école. Ici, on se retrouve avec des yakuzas, des SDFs et même des employés plus qu’honorables. Ce qui fait qu’on n’aura pas droit aux traditionnels patsu shots et autres conneries du genre (putain, que celui-là m’énerve).n

Les situations sont imprévisibles et apportent de la nouveauté en permanence. Bien que je ne trouve pas le tout particulièrement hilarant : les gags restent d’une bête simplicité. Genre quand Hina laisse déchaîner ses pouvoirs et fait tout péter. On l’a déjà vu plein de fois.

“A MANGER”

 

LIKE A BOSS

Ben tiens, en parlant d’Hina. Comme dit ci-dessus, il s’agit d’une esper à qui manque une grosse part du cortex cérébral. Puisque sa philosophie de vie se résume en très exactement trois mots : bouffer, s’amuser, dormir. Et le lendemain, c’est reparti pour un tour. Vu le caractère de la jeune fille, on a plus l’impression de faire face à un chien.

Ses réactions se limitent au strict minimum : même pas une once de considération pour son hôte. Et surtout, elle ne sait rien faire par elle-même. Alors, c’est certes une alien qui ne connaît rien de la civilisation humaine. Mais on va voir plus tard que d’autres sont beaucoup plus débrouillards qu’elle. 

Rassurez-vous, ça va s’améliorer avec le temps. Mais il semble clair que le ressort humoristique d’Hina est que sa bêtise fasse réagir les autres. Toujours de manière très subtile. Un rôle qu’elle occupe avec plus ou moins de brio. Puisque chacune de ses bêtises fait mouche, même si c’est pas à pisser de rire. Mais au moins, on lâche un sourire.

Et puis, le personnage en lui-même est assez plat. Ça va dans le sens de son rôle mais l’anime a bien essayé de lui donner un peu de profondeur. En développant sa relation avec Nitta et les autres personnages du cast. C’était de bonnes bases mais c’était assez poussif : Hina ne change pas radicalement entre le début et la fin de l’anime. Et pourtant, elle en vit des aventures. Camper dehors, rencontrer des yakuzas ou aller à l’école entre autres.

Collégienne le jour, Supergirl Barmaid la nuit

 

Et dans cette école (où elle passe son temps à dormir), Hina rencontre un personnage que j’adore : Hitomi. Hitomi, c’est l’archétype de la fille trop gentille. Toujours prompt à aider son prochain et surtout incapable de lui dire non, elle va se retrouver dans pleins de situations à la limite de la légalité. Au niveau du code du travail, on s’entend bien. En vrac, on a devenir barmaid, bosser sur des chantiers voire des grosses entreprises. Des tâches qui lui épuisent mais qui font gonfler son compte bancaire (dissimulé par ses soins).

Le pire, c’est que malgré le fait que cela soit du travail « forcé », elle le fait bien voire très bien. Quant bien même c’est une collégienne tout ce qui de plus banale (ou presque). Ce qui donne immédiatement du crédit au personnage. Car contrairement à Hina qui est un mollusque, Hitomi s’arrache de fou. D’ailleurs, Hinamatsuri n’a pas hésité à y aller de sa critique de l’entreprise : surcharge, harcèlement, compétition etc. Toujours à la sauce Hinamatsuri, c’est-à-dire de manière absurde.

Ce qui suscite un peu de moquerie, vu que tout ça vient de son incapacité à refuser. Mais surtout beaucoup de respect de la part d’une fille qui fait tout et le fait bien. Hitomi n’est qu’une collégienne, mais un grand avenir lui tend les bras. Un avenir (et un compte bien rempli) qu’elle mérite.

SPOILER

D’ailleurs, dans le manga, elle abandonnera les études pour fonder sa propre entreprise. Une compagnie réputée … que son propre père va rejoindre.

Ok, Hinamatsuri, c’est bien marrant. On y retrouve un cadre non conventionnel et des personnages absurdes. Et c’est tout ? Attendez, mes chers. Parce que faire rire (ou sourire), Hinamatsuri le fait bien. Mais toucher au cœur, c’est quelque chose que Hinamatsuri fait mieux.  

… et touchant…

 

Parce que oui, Hinamatsuri fait aussi dans le drame. Mais on est très loin des You Lie in April et autres Clannad. Ce n’est pas du drame fait pour vider les paquets de mouchoirs mais plus pour nous attacher à certains personnages. Qui sont de très loin les plus appréciés par ceux qui ont déjà regardé l’anime.

Papa et yakuza

 

Premier personnage extrêmement attachant, c’est notre bon vieux yakuza Nitta. Qui est à des années-lumière de l’image que l’on se fait de la mafia japonaise. Alors oui, c’est un gros frimeur : tignasse blonde, costume, grosse voiture et une belle collection de vases (qu’Hina adore casser). Et en voyant pour la première fois, on a cette image de l’homme crapuleux et sans pitié. Un bon yakuza bien badass, quoi.

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Mais on apprend très vite que … c’est un employé presque normal. Respectueux et dévoué envers sa « famille », bienveillant avec ses cadets : rien de très impressionnant. Ce qui casse cette image du yakuza, que l’anime va aussi parodier dans l’un des épisodes.

Avec Hina sous son toit, Nitta se montre assez dur voire parfois cruel. Comme la fois il la jette dehors. Mais à chaque fois, cela se termine de la même manière : Nitta finit par céder à ses caprices. En même temps, Hina peut lui démonter la tête à deux secondes, donc … Elle mange des œufs de saumon à volonté, va à l’école, se fait loger gratuitement. Une situation qui ne semble pas déplaire tant que ça à Nitta. Alors que pour supporter Hina, il doit avoir une grosse dose de patience.

Et pour cause, Hina lui permet d’avoir un point d’accroche. Lui qui a toujours vécu une vie de flambeur, se retrouve désormais avec des responsabilités. Ce qui lui donnera un gros capital sympathie car au fond, il n’est pas si méchant que ça. Même si au fond, il ne l’a jamais été.

LA BEST GIRL

 

Mais si on parle de personnage attachant et que vous avez déjà vu l’anime, vous savez de qui il faut parler. Une jeune fille blonde à la langue bien pendue : c’est bien évidemment Anzu. Personnage qui n’a été créé que pour faire des situations dramatiques. Car elle possède un destin bien différent de celui d’Hina alors que c’est aussi une alien. Contrairement à Hina qui vit dans le luxe, Anzu se retrouve à la rue.

Sans rien ni personne, elle va sympathiser avec des SDFs. Loin d’être flippants, ils vont devenir la famille d’Anzu. Créant une véritable relation touchante entre la jeune fille et les vieux hommes. Pour elle, c’est l’occasion d’apprendre à se démerder tandis que pour eux, c’est une source de réconfort incommensurable. Mais Anzu et ses compagnons finiront par se séparer. Un moment qui déchire le cœur tant l’une et les autres sont importants.

Mais ce qui enfonce le clou, c’est la fille qu’est devenue Anzu. Avec les leçons de ses compagnons de fortune, elle devient travailleuse, responsable et humble. Un personnage exemplaire au milieu de ce cast de taré.

Avec Nitta et Anzu, Hinamatsuri a montré qu’il pouvait fonctionner dans un autre registre que l’humour : le drame (ou du moins, poser quelques enjeux). Ce qui, au milieu des gags, donne une pause bienvenue et une réelle évolution pour les personnages. Rendant à l’anime un semblant de profondeur.

 …mais très inégal

 

Oui, Hinamatsuri est drôle et touche mais l’anime pêche sur un point (et pas qu’un peu), son scénario. Qui est … TRES MAL GERE. Certes c’est un point assez secondaire de l’anime, mais le peu qu’il y en a, l’anime a pas été fichu de les résoudre.

C’est qui ce personnage ?

 

Dès le début, on sait que Hina devra à un moment ou à un autre rentrer chez elle. Ce qui arrive vers le milieu de l’anime, avec l’apparition d’Ikaruga. Une personne chargée de voir si Hina s’est enfin socialisée. Parce que ce n’est pas le cas avant ?

De manière générale, l’apparition d’Ikaruga soulève tout un tas de question concernant Hina. Sa vie précédente, son bannissement de son ancienne planète, la surveillance à son égard. Pleins d’éléments qui restent en suspens et ce n’est pas le fait qu’Hina ne change presque pas de la série qui va arranger tout ça.

Un autre exemple de ce manque d’attention, c’est le cas de Mao. Une autre esper qui débarque sur Terre pour raccompagner Hina. Mais le voyage se passe mal et elle débarque sur une île déserte. Ce qui la laisse livrée à elle-même. Et même si la survie est un jeu d’enfant, c’est la solitude qui la mine.

Etant donné que c’est une esper, on était en droit de s’attendre à quelque chose de lourd. Comme en apprendre plus sur les espers, justement. Mais déjà, le personnage fait son apparition à l’épisode 10. Ce qui est mauvais niveau timing puisque c’est la fin donc elle va passer inaperçue. Et surtout, son histoire est expédiée en un demi-épisode. Impossible donc de pouvoir s’intéresser ou de s’attacher à elle tant elle passe vite devant l’écran. Et c’est dommage vu qu’on semblait tenir là un personnage important. Ou en tout cas, plus sérieux dans le traitement.

ELLE EST OU LA FIN ?

 

Tiens en parlant de Mao, parlons de la fin de l’anime qui n’en ai pas une. DU TOUT ! Sincèrement, le dernier épisode n’a juste aucun sens. Car dans la première partie, on nous présente la fin de l’anime. Qui au passage est d’un plat absolu : aucune émotion ni même un gag. Et puis, il y a la seconde partie qui n’a aucun de rapport avec la série. Ça ressemble plus à ce l’on peut voir dans un OAV tellement ça ne raconte rien.

Et c’est dommage parce que l’anime se termine sur une note très moyenne. Alors que la série avait offert un bon moment, elle se prend les pieds dans le tapis. Ne sachant pas comment finir. 

Conclusion

 

Hinamatsuri est un anime déroutant à bien des égards. Son scénario est à peine croyable tellement il sort de nulle part. On parle quand même d’esper, de yakuzas et de tranche de vie. Un mélange loin d’être commun. Rajoutez-y encore plus d’espers et vous obtenez du n’importe quoi.

Un bordel généralisé qui se trouve être drôle. Avec un mélange aussi particulier, impossible de ne pas sourire à certaines situations, qui se trouvent être assez variés. Même si, encore une fois, ce n’est pas l’explosion de rire : les gags étant un poil trop simpliste.

En dehors de l’aspect humoristique, Hinamatsuri possède aussi un aspect touchant. Symbolisé par les deux meilleurs personnages de l’anime, à savoir Nitta et Anzu. Pour le premier, cela dénote avec son côté yakuza, ce qui le rend attachant. Tandis que pour la seconde, son histoire tragique et son comportement exemplaire suscite une énorme sympathie.

Cette touche de dramaturgie est bienvenue, mais elle s’intègre mal l’anime. Car l’anime, étant un bordel, n’a pas de direction précise pour le scénario. Une intrigue qui avance de manière aléatoire et surtout tardivement. Ce qui empêche l’anime d’avoir un propos (s’il y en a un). De plus, certains éléments ne sont pas du tout exploités comme le personnage de Mao ou le passé des espers. Ou plutôt, ils ne sont traités qu’en partie.

Au final, est-ce que je regarde Hinamatsuri ? Allez y, vous y trouverez de l’humour, quel 9ques moments touchants et un beau bordel.

Pour finir la critique, une image de LA BEST GIRL

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Database d'anime, de seiyuu et d'opening sous forme humaine. Joueur de LLSIF à ses heures perdues. Trouvable sur Twitter (@Shima_Vinh) et MAL (xxxPhantom).

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