Revue Starlight : place à la revue de cet anime atypique

Anime Review

Dans les premières impressions de l’été 2018 (soit presque six mois auparavant), quelqu’un en commentaire m’avait soufflé le nom d’un anime à voir. Un anime que je n’avais pas regardé à ce moment car dix animes à critiquer, ça faisait déjà beaucoup. Mais je lui avais promis d’y jeter un œil et d’en faire une review. Et ce jour est (finalement) arrivé.

A vrai dire, cet anime intriguait un peu. Dans le sens où certains sites que je suis (sakugablog *tousse tousse*) écrivait des notes de production dessus. Et quand sakugablog aborde une œuvre, ce n’est que si elle a (sans doute) un minimum d’intérêt.

Mais voilà, je ne savais pas vraiment dans quoi j’allais me lancer. A première vue, cela semblait somme toute assez classique. Mais je me suis vite rendu compte qu’il avait beaucoup à offrir. Dans cette review, on va parler de Shoujo Kageki Revue Starlight.    

Présentation de Revue Starlight

 

Shoujo Kageki Revue Starlight (abrégé en Revue Starlight) est un anime original de 12 épisodes produit par le studio Kinema Citrus. Il s’agit à la base d’un projet transmédia, composé d’un anime et de plusieurs live stages. Furukawa Tomohiro est aux commandes de la réalisation. Lui, qui a pas mal bossé avec Ikuhara sur Yuri Kuma Arashi et Mawaru Penguindrum, un détail qui va avoir son importance.

«Starlight», une pièce de théâtre jouée et appréciée par les publics du monde entier. Un spectacle qui inspire une promesse à deux filles, Karen et Hikari, à vouloir monter sur scène. Dix ans plus tard, Karen se retrouve dans une grande école de théâtre dont la représentation maîtresse est Starlight. Loin d’être une tête, elle compte bien se démener pour y figurer.

Cependant, son destin va changer à la suite de deux rencontres. Ses retrouvailles avec son amie d’enfance et sa rencontre avec une étrange girafe. Un animal qui dirige des affrontements entre les filles, qui lutte pour la place de Top Star.     

Le théâtre Takarazuka

 

Avant de parler de l’anime en lui-même, il est nécessaire de parler de ses inspirations. Car Revue Starlight s’y repose beaucoup dessus jusqu’au cœur de son intrigue. Sans ce rappel, l’anime paraît brouillon et nombre d’éléments ne font pas sens. En replaçant l’anime dans ce contexte, il devient plus limpide. Ce qui sera développé plus tard dans l’article. 

Revue Starlight se déroule dans une école qui enseigne le théâtre, certes. Mais pas n’importe quel genre théâtral, car il s’agit du takarazuka. Un style de théâtre apparu en 1914 dans la ville de Takarazuka (d’où le nom), située au nord-ouest d’Osaka. La particularité de ses pièces (appelés revues) est que tous les comédiens sont des femmes célibataires. Autant pour les rôles féminins que masculins. C’est pour cela qu’il est souvent considéré comme le pendant féminin du théâtre kabuki, où seuls des hommes occupent la scène.

Et comme pour le kabuki, le takarazuka est devenu très populaire. Notamment grâce à des revues mythiques comme La Rose de Versailles, adapté du manga éponyme. Ou encore ses actrices dont les plus connues font des apparitions à la télé voire au cinéma.

Forcément, cela attire des adolescentes du Japon entier à l’école de formation de la compagnie Takarazuka (oui, ils ne se sont pas fait chier avec les noms). La seule voie à ce jour pour entrer dans ce milieu très sélectif. Le concours d’entrée est même qualifié comme aussi dur que celui de la Todai, la prestigieuse université de Tokyo. Rien que ça et ce n’est que le début.

Car les 40 élues ayant décroché leur place vont avoir deux années de cours intensifs. Au programme, comédie, musique, chant et danse traditionnelle nippone et occidentale. Une fois leurs études terminées, elles grossiront les rangs des « Takarasiennes », divisées en cinq groupes : Etoile (Hoshi), Lune (Tsuki), Ciel (Sora), Fleur (Hana), Neige (Yuki).

Le Takarazuka dans l’anime

 

Revue Starlight suit donc le quotidien dans un lycée similaire. On y observe le travail des apprenties comédiennes dans les répétitions, les cours de ballet et de danse de salon, la chorale. Des scènes qui occupent le cœur de l’action. Ce qui est une véritable plongée dans le monde du takarazuka, qui nécessite beaucoup plus que de savoir jouer.

Mais aussi dans son monde élitiste. La concurrence est féroce et les places sur scène valent chères. Seules les meilleures pourront y prétendre. Et bien que nos personnages soient amies, la scène prévaut au final. Ce qui sera montré dans l’autre grande partie de l’anime dont on parlera plus tard.

Neuf camarades qui constituent un cast varié. Chaque personnage occupe une place bien précise dans l’écosystème de l’anime. Et toujours placé par couple. On pourrait croire que c’est pour le fanservice (ce qui est en partie vrai), mais cela trouve une certaine forme de logique. Dans le monde du takarazuka, chaque fille se retrouve dans un duo où elle occupe un des deux rôles suivants. L’otokoyaku, le rôle masculin plein de charme. Ou bien la musume-yaku, la féminité dans toute sa splendeur.

En tête, on retrouve Maya et Claudine, les deux majors de la promotion. Pleines d’élégance et de raffinement, elles surclassent les autres filles par leurs talents respectifs, cultivés par la persévérance et le travail acharné. Ce qui force le respect. Le long de l’anime, nous pourrons d’admirer ce qu’il y a de meilleur du Takarazuka. Un mélange de chant, de danse et de jeu qui défonce tout.

Ensuite, on retrouve Nana (surnommée Banana) et Junna, les parents du groupe. La première est la bonne copine, qui prend soin de tout le monde. Un personnage assez discret mais toujours là pour mettre l’ambiance. Tandis que la seconde est la déléguée très carrée. Autant dans la paperasse que dans les entraînements. Ces deux personnages mettent de l’ordre dans le groupe. Et bien qu’elles ne soient pas les plus âgées, les autres filles comptent sur leurs bons conseils.

Futaba et Kaoruko forme le couple le plus représentatif du takarazuka. Futaba est une garçon manqué, qui agit de manière très masculine. Très impulsive, elle s’emporte assez facilement, surtout quand Kaoruko fait sa diva. Même si au final, Futaba finit par se plier aux caprices de la princesse. Et Kaoruko s’en donne à cœur joie. Future héritière d’une compagnie de théâtre, elle se croit née avec tous les talents. Ce qui n’est pas très vrai et l’histoire va s’en charger de lui rappeler. Elle et Futaba apportent la principale source de l’humour avec leurs disputes incessantes. Ainsi que leurs moments de commérages.

Enfin, il ne reste plus que Karen, Hikari et Mahiru. Karen est notre protagoniste principale dans toute sa splendeur. Elle n’a ni le talent de Claudine et Maya, ni la maturité de Nana et Junna, ni la proximité de Futaba et Kaoruko. Mais elle est déterminée à réaliser son rêve : jouer Starlight, bien que ses performances restent limitées. Karen peut compter sur sa camarade de chambre, Mahiru, pour l’encourager. Un personnage très discret qui possède des sentiments amoureux très forts pour Karen. Mais son idylle va être chamboulé par Hikari, l’amie d’enfance de Karen qui refait surface. Hikari qui, contrairement à l’enjouée Karen, se montre assez froide. Mais aussi déterminée qu’elle pour atteindre les sommets. Bien qu’elle ne montre pas ouvertement son affection envers son amie d’enfance, elle se montre prévenante envers elle. Surtout pour ce qui arrive par la suite.       

De gauche à droite : Kaoruko, Futaba, Claudine, Hikari, Maya, Karen, Mahiru, Junna, Nana

Nos neuf personnages travaillent sur une revue : Starlight. Une pièce bien mystérieuse dont le scénario n’est révélé que très tard dans l’anime. Alors qu’il occupe tous les esprits. Dans un premier temps, on se pose la question du contenu de cette pièce. Les indices sont donnés au compte-goutte. On y parle de déesses dont la promesse ne peut pas se réaliser. Ce qui est un bon début mais pas suffisant pour y avoir une idée claire.

On revient à se demander si cette pièce ne montre pas une métaphore de l’intrigue. Au fur et à mesure de l’anime, les éléments de pièce se dévoile. On pourra y noter une certaine forme de symbolisme. Ce qui montre la subtilité de l’anime mais qui rend confus la plupart du temps. Dû à sa nature mystérieuse, Starlight intrigue et nous perd. Tout comme le reste de l’anime.

Les auditions : moments principaux de l’anime

 

Tiens, parlons de l’autre élément central de l’anime : ses auditions. Et accrochez-vous parce que cela va sembler être tiré par les cheveux mais ne vous inquiétez pas.

Donc … à la fin du premier épisode, Karen découvre un théâtre secret dans les sous-sols de l’école. Elle découvre alors que ses camarades de classe combattent sur scène pour décrocher la place de Top Star. Un rang qui n’est pas expliqué et qui est octroyé par une mystérieuse girafe. Voyant Hikari dans une bataille, Karen s’y jette et devient une prétendante pour cette fameuse place de top star.

Cela pourrait sortir de nulle part tant rien n’indiquait cette évolution du scénario. On partait tranquillement dans une tranche de vie dans une école de théâtre. Puis, tout d’un coup, on se retrouve avec des combats dans un lieu secret avec une girafe en observateur. Cela rend confus mais en vous rappelant du rappel sur le takarazuka au dessus, les choses deviennent plus claires.

Dans le monde du takarazuka, les places coûtent chères et la concurrence est rude. Le travail acharné est de rigueur pour obtenir la place de top star. Car vos camarades sont à la fois des soutiens moraux mais aussi des rivales. Un aspect véhiculé par les combats de Revue Starlight, où les filles se battent en duel. La victoire permet de monter au classement tandis que la défaite mine le moral.

Karen et les autres sont amies mais veulent être au centre de la scène avant tout. Ce qui donne de la tension aux combats, qui sont loin d’être des luttes à mort. Après tout, l’anime reste assez léger : elles restent amies en dehors de la scène, pas de mort ni même de sang, les tenues rappellent la noblesse française. On évite donc le cliché de la battle royale cruelle et sadique,  ce qui met en avant le côté artistique de la chose.

Comme vous l’aurez peut-être deviné, chaque épisode va mettre en scène un combat entre deux personnages différents. Mais avant la confrontation, les épisodes se focalisent sur les futures combattantes et leurs raisons de se battre. On nous explique leurs passés, leurs motivations et leurs craintes.

Revue Starlight développe tous ses personnages de cette manière et à la fin, on s’attache à chacune d’entre elles. Car ce développement est amené avec une certaine subtilité. Adieu les interminables flash-backs ! A la place, on se concentre sur les événements de la vie quotidienne. Des événements bien spécifiques truffés de détails pour nous amener à réfléchir sur le personnage et nous impliquer émotionnellement.

Deux exemples. Mahiru qui cherche à devenir une star mais qui est toujours au second plan. Dépassé par le talent des autres, elle se fait voler sa place et aussi Karen. Ou encore Kaoruko, qui se croit très douée avant qu’une non-sélection dans une pièce lui mette un poing de réalité dans la gueule.

Mais ce qui fait la plus grande force de Revue Starlight, ce sont ces combats. Pour être plus précis, leur mise en scène.

Dans l’anime, chaque combat est une revue nommée par un sentiment, celui représentatif de l’épisode. Exemple au hasard : le spectacle de la nostalgie. Et si c’est nommé comme ça, c’est que chaque combat est littéralement un spectacle. Des vrais décors en cartons se mettent en place pendant les affrontements. Ce qui renforce l’aspect théâtre au tout mais aussi la symbolique de l’affrontement.

Une symbolique accentuée par les musiques, qui sont d’une très grande qualité. Que cela l’opening très bien écrit et bien rythmé ou l’ending très calme volontairement inspiré de Fly Me to the Moon. Mais le OSTs sont d’un niveau incomparable. Variées en style (de la pop, du jazz, de l’orchestre), elles démontrent l’immense talent de chaque seiyuu du casting. En même temps, elles vont devoir rejouer l’anime sur scène. Et comme pour les génériques, les paroles nous permettent de mieux saisir les émotions des personnages durant les combats. 

 


 

Shoujo Kageki Revue Starlight est un anime qui ressemble à beaucoup d’autres dans son scénario. On suit le quotidien d’un groupe de jeune fille dans une école. Dit comme ça, on est loin de s’être éloigné des tranches de vie moe que l’on connaît.

Et pourtant, ce serait une très grosse erreur de cantonner l’anime à ça. Car Revue Starlight se distingue par son thème abordé. Le théâtre takarazuka tient une place centrale de l’anime. On peut le voir à son traitement fait dans l’œuvre. Des cours en passant par les rivalités, on peut se figurer la réalité dans ce genre d’établissement.

Une réalité mise en scène dans les auditions. Même s’ils apparaissent de manière très brusque, Des duels qui remplissent parfaitement leurs fonctions. D’abord, cela met en avant le côté théâtral de l’anime avec une mise en scène des plus impactantes. Les décors varient en style et en nombre tandis que les musiques rajoutent plus bien qu’une ambiance sonore.

Ce qui n’est que bénéfique pour les personnages, auxquels on s’attache sans difficulté. Elles possèdent toutes une personnalité ainsi que des objectifs. Des buts mis en avant grâce aux couples qu’elles forment. Mais aussi (et surtout) dans les combats intenses et foutrement bien chorégraphiés.

Alors même si vous allez être dérouté au départ, je vous conseille vivement Revue Starlight. Car plus qu’un anime, c’est une véritable pièce de théâtre. Une revue, en somme.  

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Database d'anime, de seiyuu et d'opening sous forme humaine. Joueur de LLSIF à ses heures perdues. Trouvable sur Twitter (@RequiemForFemto) et MAL (xxxPhantom).

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